Critique Express : My name is Gulpilil

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My name is Gulpilil

Australie : 2021
Titre original : –
Réalisation : Molly Reynolds
Interprète : David Gulpilil
Distribution : Nour Films
Durée : 1h45
Genre : Documentaire
Date de sortie : 31 août 2022

3.5/5

Synopsis : Arraché au bush australien alors qu’il n’était qu’un jeune garçon, David Gulpilil va devenir la première icône aborigène sur grand écran. Partagé entre les traditions de son peuple et les excès hollywoodiens, l’acteur et danseur aux multiples talents nous raconte le voyage extraordinaire qu’a été sa vie.


Une existence exceptionnelle

Le cinéma australien produit une quantité de films beaucoup plus importante que ce que peut laisser penser le nombre réduit de ceux arrivant sur les écrans hexagonaux : chaque année, ils sont peu nombreux et, malheureusement, ce ne sont pas toujours les meilleurs ! Dans ces films australiens, la présence de personnages aborigènes est fréquente et, parmi les comédiens qui les interprètent, il en est un qui est devenu une star, présent dans 40 films ou séries. Son nom complet : David Gulpilil Ridjimiraril Dalaithngu. Nom usuellement utilisé : David Gulpilil. Parmi les films dans lesquels il a joué : Walkabout (La randonnée) de Nicolas Roeg, La dernière vague de Peter Weir, Crocodile Dundee de Peter Faiman, The tracker de Rolf de Heer, 10 canoés, 150 lances et 3 épouses de Rolf de Heer, Australia de Baz Luhrmann, Charlie’s country de Rolf de Heer. Dans Charlie’s country, film qui a permis à David Gulpilil d’obtenir le prix d’interprétation masculine de la sélection Un Certain Regard à Cannes 2013 et que Rolf de Heer avait décidé de tourner pour venir en aide à son ami David Gulpilil alors que ce dernier était dans une très mauvaise passe, l’histoire racontée était celle que David aurait pu avoir en tant qu’aborigène s’il n’avait pas rencontré le monde du cinéma. On retrouve Rolf de Heer comme producteur de My name is Gulpilil, un documentaire consacré au comédien. Un documentaire tourné durant la fin de la vie de ce dernier par Molly Reynolds, depuis longtemps proche de Rolf et de David, et dans lequel David prend un plaisir évident à raconter « l’histoire de son histoire », selon ses propres mots.

Il faut dire que l’existence de David Gulpilil a été tout sauf banale. Né en 1953 et élevé dans le Bush australien, « aborigène sans mélange », il s’est retrouvé à 16 ans propulsé vedette du cinéma, avec sa prestation dans Walkabout (La randonnée) de Nicolas Roeg, tourné en 1969 et présenté en compétition au Festival de Cannes 1971. Il a diné avec la reine Élisabeth II, il a foulé les tapis rouges de nombreux festivals dont celui de Cannes, il a rencontré une ribambelle de personnes connues dans le monde entier, certaines d’entre elles, tel Dennis Hopper, ayant d’ailleurs eu une très mauvaise influence sur lui, il a vécu un temps dans des jardins publics, il a fait de la prison, il a beaucoup bu d’alcool, il a beaucoup fumé de « ganja », il a développé de grands talents de danseur, de chanteur, de peintre et, bien sûr, d’acteur, il a développé un cancer des poumons qui fut diagnostiqué en 2017 et 7  enfants lui ont survécu.

David Gulpilil s’est éteint le 29 novembre 2021. Tourné sur une période de 4 ans, période s’étendant entre le diagnostic du cancer et son décès, My name is Gulpilil est à la fois émouvant et drôle. Entrecoupé d’extraits de films dans lesquels il a tourné et d’extraits d’un « One man show » donné à Sidney, on entend David se raconter de façon tout à la fois sincère et juste ce qu’il faut cabotine. Il sait qu’il ne lui reste que peu de temps à vivre mais il n’a pas peur de la mort, il est seulement désolé de mourir. Auprès de lui, il y a Mary, son aide à domicile. Le 29 novembre 2021, un grand Monsieur du cinéma nous a quittés mais dire que l’information à ce sujet dans notre pays a été faible est un euphémisme. Heureusement, il y a ce film !

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