Critique Express : Hit the road

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Hit the road

Iran : 2021
Titre original : Jaddeh Khaki
Réalisation : Panah Panahi
Scénario : Panah Panahi
Interprètes : Hassan Madjooni, Pantea Panahiha, Rayan Sarlak, Amin Simiar
Distribution : Pyramide Distribution
Durée : 1h33
Genre : Drame
Date de sortie : 27 avril 2022

1.5/5

Synopsis : Iran, de nos jours. Une famille est en route vers une destination secrète. A l’arrière de la voiture, le père arbore un plâtre, mais s’est-il vraiment cassé la jambe ? La mère rit de tout mais ne se retient-elle pas de pleurer ? Leur petit garçon ne cesse de blaguer, de chanter et danser. Tous s’inquiètent du chien malade. Seul le grand frère reste silencieux.


Le démenti cinglant à un dicton

« Tel père, tel fils » fait partie des dictons les plus connus. Le film Hit the road, présenté à la Quinzaine des Réalisateurs de juillet dernier vient lui apporter un démenti cinglant. En effet, Panah Panahi, son réalisateur n’est autre que le fils de Jafar Panahi, l’un des plus grands réalisateurs iraniens, celui à qui on doit, entre autres, Le ballon blanc, Le cercle, Taxi Téhéran et Trois visages, et c’est un euphémisme d’affirmer que le Hit the road de Panah est loin, très loin d’avoir les qualités des films de Jafar. Pour raconter une histoire a priori intéressante, celle d’un couple qui accompagne leur fils ainé dans le nord-ouest de l’Iran afin de lui dire au revoir au moment où il quittera clandestinement le pays pour une raison précise qu’on ne connaitra pas (refus de faire son service militaire ?) et pour une destination finale qu’on ne connaitra pas, Panah Panahi a repris un dispositif très souvent utilisé dans le cinéma iranien, ne serait ce que par son père dans Taxi Téhéran : le film qui se déroule en grande partie dans une voiture. Pour le spectateur, le problème vient du fait que, à côté des beaux paysages traversés par cette voiture, il est mis en contact pendant de très longs moments avec un père, une mère et leurs deux enfants qui passent leur temps à se quereller, à s’invectiver, voire à s’insulter sans que l’intrigue progresse pour autant. Quant au petit frère, 6 ans environ, qui sans arrêt, tient le crachoir comme un grand, un seul mot suffit pour le qualifier : horripilant ! Autant dire que malgré la situation difficile dans laquelle cette famille est plongée, il est difficile de ressentir la moindre empathie pour l’un quelconque de ses membres. Non, ce qui finit par gagner le spectateur, c’est l’ennui : vivement que cela se finisse !

Que dire de la qualité de la distribution quand la façon de jouer (voire de surjouer !) des interprètes a, de toute évidence, été imposée par le metteur en scène : Hassan Madjooni, l’interprète du père, et Pantea Panahiha, l’interprète de la mère, viennent tous les deux du théâtre et ils font très bien ce qu’on leur a demandé de faire … et qui, très vite, fatigue les spectateurs. Rayan Sarlak, l’interprète du petit frère, a acquis l’expérience du jeu dans une série à succès et, manifestement, il se régale à cabotiner de façon indécente. Quant à Amin Simiar, le grand frère, au rôle plus discret dans le film, il est étudiant en art dramatique. Par ailleurs, le film a quand même une qualité, une très belle photographie, qu’on doit à Amin Jafari, un Directeur de la photographie présent sur des films comme Trois visages de Jafar Panahi et Le pardon de Maryam Moghadam et Behtash Sanaeeha.

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