Critique Express : Emily

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Emily

Grande-Bretagne : 2022
Titre original : –
Réalisation : Frances O’Connor
Scénario : Frances O’Connor
Interprètes : Emma Mackey, Alexandra Dowling, Fionn Whitehead
Distribution : Wild Bunch Distribution
Durée : 2h10
Genre : Biopic
Date de sortie : 15 mars 2023

2.5/5

Synopsis : Aussi énigmatique que provocatrice, Emily Brontë demeure l’une des autrices les plus célèbres au monde. EMILY imagine le parcours initiatique de cette jeune femme rebelle et marginale, qui la mènera à écrire son chef-d’œuvre Les Hauts de Hurlevent. Une ode à l’exaltation, à la différence et à la féminité.

Pour sa première réalisation cinématographique, la comédienne Frances O’Connor, de nationalité australienne mais née en Angleterre, a choisi de poser son regard sur la famille Brontë, et, plus particulièrement, sur Emily, l’autrice de « Les hauts de Hurlevent », la 5ème des 6 enfants de Patrick et Maria Brontoë. 6 enfants nés en l’espace de 6 ans dans une famille très pieuse, le père pasteur se montrant particulièrement strict tout comme sa fille Charlotte, l’autrice de « Jane Eyre », très vite devenue l’ainée des 4 enfants restant en vie après les décès prématurés de Maria et d’Elisabeth. Tourné dans le Yorkshire, dans les magnifiques, mais austères paysages où Emily est née et a passé la plus grande partie de sa vie, Emily est un biopic qui prend pas mal de libertés avec la vérité historique. Certes, le caractère timide et solitaire d’Emily fait qu’on ne sait pas grand chose sur son existence mais il y a au minimum deux écarts importants et avérés par rapport à la vérité historique.

L’un de ces écarts peut sembler anecdotique : contrairement à ce que montre le film, lorsque « Les hauts de Hurlevent » a été publié en 1847, ce roman n’était pas attribué à Emily Brontë, celle-ci, consciente du peu de considération qu’avaient à l’époque les autrices, ayant fait le choix d’utiliser un pseudonyme masculin, Ellis Bell. Ce n’est qu’en 1850, après la mort d’Emily, que le roman lui a été véritablement attribué. Le second écart est plus important car il joue un rôle majeur dans le film de Frances O’Connor : sans doute dans le but de faire plus ou moins coïncider la vie d’Emily avec celle des personnages de son roman, Catherine Earnshaw et Heathcliff, voire même de faire accroire que Emily Brontë s’est inspirée de sa propre vie lors de l’écriture de « Les hauts de Hurlevent », la scénariste et réalisatrice a inventé une romance entre Emily et William Weightman, le vicaire venu travailler avec le pasteur Patrick Brontë. En fait, il semble acquis qu’Emily n’a jamais eu de relation sentimentale avec un homme et ce serait plutôt avec Anne, la plus jeune sœur d’Emily, que ce vicaire se serait retrouvé partagé entre la religion et un sentiment amoureux. Mais qu’importent, après tout, ces écarts par rapport à la vérité historique ! Plus fâcheux dans l’appréciation de ce film par ailleurs bien interprété, tout particulièrement par Emma Mackey dans le rôle d’Emily, ce sont, en vrac, la trop grande longueur du film, le côté « je me regarde filmer » de la réalisatrice et le côté envahissant de la musique d’accompagnement.


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