Cannes 2016 : L’Oeil d’or, jury et films en lice

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Depuis l’an dernier, un nouveau trophée est remis au Festival de Cannes : L’Oeil d’or, créé par la Scam et porté par la réalisatrice Julie Bertuccelli à qui l’on doit les fictions Depuis qu’Otar est parti et L’Arbre mais aussi plusieurs documentaires dont Otar Iosseliani, le merle siffleur et La Cour de Babel. Le prix est soutenu par le Festival et l’an dernier le trophée fut remis au Salon des Ambassadeurs en présence du délégué général Thierry Frémaux.

OEIL D'OR LOGO

Gianfranco Rosi est le président du jury de cette deuxième édition, succédant à ce poste à qui avait primé Allende mi abuelo Allende de Marcia Tambutti Allende et est lui-même en lice cette année. Le réalisateur italien a remporté l’Ours d’or à Berlin en février dernier (critique) pour son long-métrage documentaire Fuocoammare sur les réfugiés naufragés sur la petite île de Lampedusa et avait déjà reçu le Lion d’or à Venise pour Sacro Gra en 2013. il sera accompagné de la comédienne belge Natacha Régnier, de la réalisatrice franco-américaine (le documentaire Mon voisin, mon tueur), du conseiller artistique français Thierry Garrel et de Amir Labaki, critique et directeur de festival brésilien.

Comme la Caméra d’or, le lauréat sera choisi parmi l’ensemble des sélections officielles et parallèles, à l’exception de celle de l’ACID, à 100% non compétitive, qui a dans sa sélection, deux documentaires : Swagger d’Olivier Babinet et Madame B, histoire d’une Nord-Coréenne de Jero Yun. Ce type de cinéma est le parent pauvre de la compétition cannoise, avec deux Palmes d’or seulement : Le Monde du Silence de Jacques-Yves Cousteau et Louis Malle en 1956 et de Michael Moore en 2004, Bowling for Columbine du même Moore ayant reçu le Prix du 55ème anniversaire en 2002, Le Mystère Picasso de Henri-Georges Clouzot le Prix spécial du jury en 1956 également. Peu d’autres longs-métrages en compétition depuis la création du festival dont L’Amérique insolite de François Reichenbach en 1960, Mondo cane de Gualtiero Jacopetti, Paolo Cavara et Franco Prosperi en 1962, de Pierre Perrault et Michel Brault en 1963, Calcutta de Louis Malle en 1969, de Gérard Vienne et François Bel en 1976 ou plus récemment d’Ari Folman.

Gianfranco Rosi, Ours d'or pour Fuocoammare
Gianfranco Rosi, Ours d’or pour Fuocoammare et photo du lauréat 2015, Allende mi Allende

Allende 3

La liste des 17 longs-métrages inédits en lice

Sélection officielle
Séance spéciale

  • (L’Ultima Spiaggia) de Thanos Anastopoulos et Davide del Degan (Italie)
  • L’Exil de Rithy Panh (Cambodge)
  • , une tragédie tchadienne de Mahamat-Sgaleh Haroun (Tchad)
  • Wrong elements de Jonathan Littell (France)

Séance de minuit

Cannes Classics

  • Bernadette Lafont et Dieu créa la femme libre de Esther Hoffenberg (France)
  • Bright Lights: Starring Carrie Fisher and Debbie Reynolds de Alexis Bloom et Fisher Stevens (Etats-Unis)
  • Cinema Novo de Eryk Rocha (Brésil)
  • de Shirley Abraham et Amit Madheshiya (Inde)
  • Close encounters with Vilmos Zsigmond de Pierre Filmon (France)
  • Et La femme créa Hollywood de Clara et Julia Kuperberg (France)
  • The Family Whistle de Michele Russo (Italie)
  • de Benoît Jacquot, Pascal Mérigeau et Guy Seligmann (France)
  • Midnight Return: The Story of Billy Hayes and Turkey de Sally Sussman (Etats-Unis)
  • Voyage à travers le cinéma français de (France)

Quinzaine des Réalisateurs

À la lecture de cette sélection, l’on constate la prédominance du format dans la sélection officielle (Cannes Classics surtout) et l’absence de la Semaine de la Critique qui traite le documentaire à peine mieux que le cinéma d’animation. Parmi les longs-métrages documentaires présentés hors-compétition cette année à Cannes, signalons encore la présentation au Cinéma de la plage de The Endless Summer de Bruce Brown consacré au surf et datant de 1966 ainsi que Reporters de Raymond Depardon et Hospital de Frederick Wiseman projetés dans le cadre de Cannes Classics en versions restaurées.

Dans son communiqué officiel, la Scam affiche son soutien au cinéaste iranien Keywan Karimi, «condamné en dernière instance à un an de prison, 223 coups de fouet et une amende de 20 millions de rials en février 2016, suite à la réalisation de son dernier documentaire Writing on the City, sur les graffitis et messages inscrits sur les murs de Téhéran depuis la révolution de 1979 jusqu’au mouvement de 2009. Il est accusé « d’insulte envers le sacré » à propos d’une scène de baiser qu’il nie avoir tournée, et de « propagande » contre le gouvernement. La mobilisation internationale doit continuer pour obtenir l’annulation de sa peine et exiger la levée de toutes les sanctions et la liberté de création pour les artistes du monde entier.»

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