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Bergamo Film Meeting 2026 : rétrospectives Louis De Funès et Abbas Kiarostami

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Oscar © 1967 Gaumont Tous droits réservés

Cela fait longtemps, trop longtemps même, que nous ne nous sommes plus rendus au Festival de Bergame. Aussi à cause de difficultés de circulation ferroviaire du côté des Alpes, qui auraient rendu le déplacement dans le nord de l’Italie encore plus long, mais qui paraissent à présent résolus. Puisqu’il est à présent trop tard pour organiser notre escapade de début du printemps en Lombardie, nous nous faisons au moins un plaisir de relayer ici le programme des rétrospectives du Bergamo Film Meeting, annoncé la semaine dernière, le jeudi 22 janvier. La 44ème édition du festival se tiendra du samedi 7 au dimanche 15 mars prochains.

Elle effectuera un grand écart entre deux univers cinématographiques diamétralement opposés, en rendant hommage à la fois au comique français de légende Louis De Funès et au vénérable réalisateur iranien Abbas Kiarostami. Avec l’humour burlesque des années 1960 et ‘70 d’un côté et l’humanisme austère du tournant du siècle de l’autre, les spectateurs en grande majorité locaux auront l’embarras du choix entre une vingtaine de films. Espérons que les organisateurs du festival ont maintenu la belle tradition d’éditer à l’occasion de ces hommages des fascicules consistants, certes plus facile à lire si l’on maîtrise l’italien.

La Folie des grandeurs © 1971 Coral Films / Mars Film / Orion Filmproduktion / Gaumont Tous droits réservés

Est-ce qu’il faut un prétexte pour célébrer l’un des plus grands comiques du cinéma français ? Bien sûr que non ! C’est donc avec un certain retard et encore plus de liberté que le Festival de Bergame reprend la rétrospective organisée par celui de La Rochelle en 2019 sous le titre « Mimiques en folie ». Au lieu de dix films en France, il n’y en aura que sept longs-métrages en Italie, avec de surcroît quelques titres échangés. Néanmoins, l’essentiel est sauf : le génie des grimaces et des paroles malmenées par Louis De Funès (1914-1983) tout au long du cœur de sa carrière, entre le milieu des années ‘50 et celui des années ‘70. Une œuvre exceptionnelle qui avait déjà eu les honneurs d’une grande exposition à la Cinémathèque Française en 2020. Au Bergamo Film Meeting, ce sont quelques uns des rôles les plus mythiques de Louis De Funès qui feront rire le public à coup sûr.

A commencer par Ni vu ni connu de Yves Robert, le premier film où l’acteur avait pu réellement imposer son talent, après avoir bourlingué pendant une dizaine d’années et dans une centaine de films avec des rôles mineurs. Puis, ce sont six comédies mythiques qui rappelleront les prouesses comiques de Louis De Funès. Dans la peau du commissaire Juve face au Fantômas campé par Jean Marais dans Fantômas se déchaîne de André Hunebelle. En dirigeant du Grand restaurant de Jacques Besnard ou en père et hommes d’affaires névrotique dont la réputation et la patience sont mis à rude épreuve dans Oscar de Édouard Molinaro. Puis en notable aussi cupide qu’avare dans La Folie des grandeurs de Gérard Oury aux côtés d’Yves Montand, en rabbin improvisé dans Les Aventures de Rabbi Jacob du même réalisateur et pour finir en critique gastronomique mis au défi par Coluche dans L’Aile ou la cuisse de Claude Zidi.

En somme, il s’agit d’une rétrospective partielle des plus respectables. Même si elle fait plus ou moins volontairement l’impasse sur d’autres comédies majeures ayant ponctué la carrière de l’acteur. A ce titre, on pense par exemple à Le Gendarme de Saint-Tropez de Jean Girault et ses cinq suites, Le Corniaud et La Grande vadrouille de Gérard Oury ou encore Jo, toujours de Jean Girault. Ce qui peut être considéré en tant que preuve irréfutable de l’étendu du génie comique de ce comédien hors normes …

Ni vu ni connu (1958) de Yves Robert, avec Louis De Funès et Noëlle Adam
Fantômas se déchaîne (1965) de André Hunebelle, avec Jean Marais et Louis De Funès
Le Grand restaurant (1966) de Jacques Besnard, avec Louis De Funès et Bernard Blier
Oscar (1967) de Édouard Molinaro, avec Louis De Funès et Claude Rich
La Folie des grandeurs (1971) de Gérard Oury, avec Louis De Funès et Yves Montand
Les Aventures de Rabbi Jacob (1973) de Gérard Oury, avec Louis De Funès et Suzy Delair
L’Aile ou la cuisse (1976) de Claude Zidi, avec Louis De Funès et Coluche

Le Goût de la cerise © 1997 Abbas Kiarostami Productions / Kanoon / CiBy 2000 / MK2 Films Tous droits réservés

Il existe hélas une raison plus spécifique pour revenir sur l’œuvre cinématographique immense de Abbas Kiarostami : la disparition du cinéaste iranien il y a bientôt dix ans, le 4 juillet 2016 à l’âge de 76 ans. Jusqu’au bout, Kiarostami avait exploré les spécificités à la fois du cinéma et de son pays d’origine. Ce qui fait de lui une figure incontournable du cinéma mondial en général et de la cinématographie iranienne en particulier. Sans lui et ses films au style épuré, il est fort probable que la génération suivante de réalisateurs, les Jafar Panahi, Asghar Farhadi et Mohammad Rasoulof, n’ait jamais vu le jour. Alors que les conditions de production, de tournage et de distribution en Iran étaient d’ores et déjà fort difficiles du temps de Abbas Kiarostami, ce dernier s’est employé avec une virtuosité formelle et une humanité universelle à façonner la culture filmique de son pays.

Le Festival de Bergame permet de revenir largement sur cette filmographie d’exception. Sa rétrospective riche de douze titres englobe à peu près les films qui avaient déjà fait l’objet d’une ressortie en France par Carlotta Films en 2021, en parallèle d’une exposition de ses œuvres graphiques et de ses photographies au Centre Pompidou. Depuis les débuts de sa reconnaissance internationale par le biais de Où est la maison de mon ami ? à la fin des années ‘80, en passant par son sacre suprême à Cannes et la Palme d’or du jury présidé par Isabelle Adjani attribué au Goût de la cerise, jusqu’à ses ultimes recherches plus expérimentales. Une création filmique sublime qui suffira à elle seule pour remplir l’emploi du temps des festivaliers pendant les neuf jours que durera la 44ème édition du Bergamo Film Meeting !

Où est la maison de mon ami ? (1987) de Abbas Kiarostami, avec Babek Ahmedpoor et Ahmed Ahmedpoor
Close-Up (1990) de Abbas Kiarostami, avec Hossain Sabzian et Mohsen Makhmalbaf
Et la vie continue (1992) de Abbas Kiarostami, avec Farhad Kheradmand et Pouya Payvar
Au travers des oliviers (1994) de Abbas Kiarostami, avec Mohamad Ali Keshavarz et Farhad Kheradmand
Le Goût de la cerise (1997) de Abbas Kiarostami, avec Homayoun Ershadi et Abdolhosein Bagheri – Palme d’or au Festival de Cannes en 1997
Le Vent nous emportera (1999) de Abbas Kiarostami, avec Noghre Asadi et Roushan Karam Elmi – Grand Prix au Festival de Venise en 1999
Ten (2002) de Abbas Kiarostami, avec Mania Akbari et Amin Maher
Five (2003) de Abbas Kiarostami
10 on Ten (2004) de Abbas Kiarostami
Copie conforme (2010) de Abbas Kiarostami, avec Juliette Binoche et William Shimell – Prix d’interprétation féminine à Juliette Binoche au Festival de Cannes en 2010
Like Someone in Love (2012) de Abbas Kiarostami, avec Tadashi Okuno et Rin Takanashi
24 Frames (2017) de Abbas Kiarostami

Copie conforme © 2009 Laurent Thurin Nal / Bibi Film / France 3 Cinéma / MK2 Films Tous droits réservés

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