À voir sur Netflix : Reality Z – Y’a le mec à MillaAAAaaArhhRRHhhGg

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Brésil : 2020
Titre original : –
Créé par :
Acteurs : , ,
Distributeur : France
Durée : 2h20 environ
Genre : Série TV, Horreur
Date de sortie : 10 juin 2020

Note : 4/5

Les participants à une émission de téléréalité brésilienne se réfugient dans un studio de télé pour fuir les zombies, mais le danger n’est pas là où ils le croient…

Un remake de

On l’a évoqué il y a deux jours à peine : Reality Z, la nouvelle série « zombie » de Netflix, dont la première saison (10 épisodes) est disponible depuis le 10 juin 2020, est un remake de la série Dead Set, créée en 2008 par (Black mirror). Il s’agit d’une production en provenance du Brésil, créée par Cláudio Torres.

Comme on pouvait s’y attendre, les premières critiques de la série-événement n’ont pas tardé à apparaître sur le Net : Reality Z n’était pas en ligne depuis deux heures que les putaclics y allaient déjà de leurs bilans de la saison, hâtivement rédigés à partir du visionnage d’un ou deux épisodes, afin d’être le premier repris sur Google. Le revers de la médaille, c’est qu’en moins de 36 heures, on a donc déjà pu lire pas mal de conneries, d’approximations ou d’erreurs totales au sujet de la série de Cláudio Torres. « Moins percutant que Dead Set » par ci, « il manque le talent de Charlie Brooker » par là… Mais les gars, sérieusement, fermez-la à tout jamais.

Techniquement très supérieur à l’original

Parce que déjà, comme on l’a abordé il y a deux jours a peine, Dead Set ne constituait pas non plus un monument de la TV. Il s’agissait certes d’une série sympathique, mais force est d’avouer qu’elle était blindée de défauts : un déroulement trop balisé et sans surprise, une photo absolument dégueulasse, le tout étant doublé d’un manque de subtilité certain dans la façon dont il amenait son message. Reality Z va s’efforcer de corriger certains de ces défauts : les dix années d’écart tendent à atténuer la charge concernant la télé-réalité, qui a beaucoup changé durant cette période – les shows de confinement n’existent d’ailleurs quasiment plus de par le monde, aujourd’hui c’est le monde entier qui a joué à Big Brother avec deux mois de confinement généralisé. La série de Cláudio Torres va donc plutôt aborder l’ère des réseaux et de l’individualisme forcené ; la modification majeure qu’il va opérer à l’intrigue imaginée par Charlie Brooker va d’ailleurs en ce sens.

L’autre amélioration majeure se situe bien sûr dans le production design et la photographie de Reality Z, assurée par Rodrigo Monte, également à la tête de la réalisation de presque tous les épisodes. Le budget alloué au show par Netflix et les brésiliens de chez Conspiração Filmes semble extrêmement supérieur à celui dont bénéficiait Charlie Brooker et Yann Demange sur Dead Set, et ces moyens confortables permettent littéralement de faire des merveilles : techniquement et visuellement, si l’on excepte un recours fréquent à des ralentis saccadés plutôt malheureux et moches, c’est une véritable réussite, l’ensemble est formellement très supérieur à la série d’origine. Le format choisi par les auteurs du show est à par ailleurs l’image de l’ambition de l’ensemble : un 2.00:1 ample et spectaculaire, rompant avec le 1.78:1 traditionnel des séries TV.

Une première partie quasiment reprise au plan près…

Si l’on met de côté le fait qu’elle soit tournée en portugais brésilien (une langue dont certaines phrases sonnent exactement pareil en français) avec une sélection d’acteurs locaux absolument solides et convaincants, Reality Z reprend, durant ses cinq premiers épisodes, exactement la même trame que la série d’origine. Certains personnages subissent quelques modifications (exit les bimbos blondes trop connotées 2000’s), de même qu’une poignée de petits détails diffèrent dans les interactions qui se créent entre eux, mais pour l’essentiel, on est vraiment en présence d’un remake d’une fidélité assez troublante, tenant parfois de la reprise plan par plan / phrase par phrase. Les échelles de plan sont les mêmes, les rebondissements sont les mêmes, certains des dialogues sont repris exactement à l’identique, de même que les gags et les punchlines, que l’on parle des scènes au supermarché, des déconvenues gastriques du personnage du producteur, etc, etc.

En deux mots comme en cent, durant la première moitié de la série, tout est pareil à Dead Set, à l’exception d’une chose : le personnage du petit ami de l’héroïne, qui traversait la ville afin de la sauver, disparaît complètement des écrans radar. A sa place, on trouvera deux autres personnages : la conceptrice du studio d’enregistrement de l’émission de télé-réalité, écartée par la production, qui sera accompagnée de son fils. Ces deux-là souhaitent donc non pas quitter le « loft » mais s’y rendre ; leur idée n’est pas de sauver qui que ce soit mais au contraire de sauver leur peau. Sur leur route, ils intégreront un autre groupe de survivants, composé de deux flics de la brigade anti-émeute, d’une jeune délinquante en état d’arrestation, d’un député véreux et de son assistante. Ces personnages, dont on suivra l’évolution vers le studio au fil des cinq premiers épisodes, prendront de l’importance dans la deuxième partie de la saison, à partir du moment où l’intrigue calquée sur celle de la série originale Dead Set se termine.

Mais une deuxième partie à 100% originale

Le sixième épisode de Reality Z marque en effet une rupture nette et définitive avec la série imaginée par Charlie Brooker, et permet à Cláudio Torres de se libérer de l’ombre envahissante du créateur de Black mirror. Libéré, délivré, il ne mentira plus jamais au spectateur concernant ses intentions, qui s’avèrent bel et bien de prendre le concept de base du show et de se l’approprier, de le triturer, d’en faire ce qu’il veut. On n’en dévoilera volontairement pas trop sur la deuxième partie de la saison, histoire d’éviter les Spoilers, mais sachez simplement qu’à partir de ce moment-là, rien ne sera plus pareil. Malicieux, Cláudio Torres retourne complètement les forces en puissance à mi-chemin, faisant par moments croire au spectateur qu’il va repartir dans une autre direction – par exemple avec le sort réservé au personnage d’Ana Hartmann – avant de bifurquer brutalement.

Parallèlement à la tonalité de la série, qui semble lors du sixième épisode se libérer de l’emprise du carcan constitué par la série d’origine, la facture formelle et le dynamisme du show semblent également se dégager de la relative stabilité du début, avec des plans plus innovants, des idées de mise en scène plus folles, et une vraie originalité qui s’avère sans le moindre problème une nette valeur ajoutée à la série de Charlie Brooker.

On ne peut donc au final que saluer le travail de Cláudio Torres sur Reality Z, dans le sens où celui-ci parvient à la fois à se montrer extrêmement respectueux de son matériau d’origine – il en garde à la fois les qualités et les défauts – et à l’emmener beaucoup plus loin, en exploitant de façon plus approfondie les multiples possibilités offertes par le décor. Une jolie réussite donc, par ailleurs portée par un rythme trépidant et un format d’épisodes courts (30 minutes), donnant vraiment l’impression que la série se déroule à une vitesse folle.

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