À voir en VOD : Crush

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Crush


États-Unis : 2022
Titre original : Shattered
Réalisation : Luis Prieto
Scénario : David Loughery
Acteurs : Cameron Monaghan, Lilly Krug, John Malkovich
Durée : 1h31
Genre : Thriller
Date de sortie VOD : 24 mars 2022

Note : 3,5/5

Chris, millionnaire tout juste divorcé, tombe sous le charme de la très sexy Sky et lui propose d’emménager dans son chalet. La romance tourne au cauchemar quand Sky dévoile ses véritables intentions. Prisonnier dans sa propre maison, Chris va devoir tout faire pour sauver sa peau…

Récemment séparé, rêvant en secret de reconquérir sa femme, Chris (Cameron Monaghan) vit seul dans un immense manoir isolé et rempli de gadgets domotiques high-tech à la Batman. En faisant ses courses au beau milieu de la nuit, il rencontre Sky (Lilly Krug), avec qui il aura rapidement une liaison torride. Quand, quelques jours plus tard, Chris se retrouve avec une jambe cassée après une violente aggression, il demande à Sky d’emménager avec lui. Celle-ci accepte, mais le lendemain, aux infos, Chris apprend que la colocataire de Sky est morte dans des circonstances mystérieuses, et commence à se demander s’il n’aurait pas fait entrer dans sa vie une cinglée maboule.

Vous l’aurez compris à la lecture de ce résumé lapidaire des vingt premières minutes du film : durant son premier acte, Crush prend des airs de thriller s’inscrivant au cœur d’un genre très en vogue dans les années 90, le thriller érotique. Initié par le succès de Liaison fatale en 1987, ce sous-genre du thriller avait fait les beaux jours des filmographies de Sharon Stone ou Linda Fiorentino, mais était par la suite assez vite retombé en désuétude. Peut-être ce désintérêt des spectateurs était-il lié au fait que le thriller érotique était en réalité bien plus puritain qu’il n’en avait l’air à priori : derrière les scènes d’amour débridées, le spectateur s’était rapidement rendu compte que dans ce genre de films, les personnages ayant fait le choix de rompre les liens sacrés du mariage en prenant une maîtresse finissaient toujours par payer leurs écarts dans le sang.

On aurait bien tenté de préserver une partie des surprises du film, mais comme le résumé et la bande-annonce choisis par le distributeur français choisissent de déflorer un des premiers revirements de l’intrigue ainsi que plusieurs rebondissements, il ne vous aura probablement pas échappé qu’en réalité, le récit de Crush ne s’enfermera pas réellement dans le ghetto du thriller érotique, et prendra finalement une autre direction : celle du « Home invasion ». Car une fois les véritables motivations de Sky mises à jour, les choses passeront en un éclair du sexo-mélo teinté de mystère au thriller le plus exubérant, enchaînant sans complexe les scènes de torture et de violence. Thanatos succédant à Eros. Et bonjour la cinglée maboule ! Figure-toi mon pote qu’avec sa perceuse tout juste achetée « au rayon torture de la quincaillerie », elle commence à faire des trous dans le plâtre de Chris, broyant quelques os à l’occasion…

Les intrusions de type home-jacking et les psychopathes venant perturber l’existence de l’américain moyen, on peut dire que c’est la spécialité du scénariste David Loughery, vétéran du thriller US étant passé du film d’action de studios dans les années 90 (Passager 57, Money Train…) à des thrillers à petit budget, souvent situés en un seul lieu, et mettant en scène des cinglé(e)s maboul(e)s. Loughery a donc décliné à plusieurs reprises sa formule avec des scripts tels que ceux de Harcelés, Obsessed, Penthouse North, The Intruder… Indéniablement, Crush porte la marque de son expérience et de son professionnalisme dans le genre : l’intrigue est carrée, solide, d’une parfaite efficacité, explicitant à mi-chemin les motivations de ses personnages par un certain ressentiment de classe, un peu comme si les bad guys du film étaient des radicaux de gauche genre France Insoumise qui auraient décidé de prendre le taureau par les couilles.

Cependant, Crush n’en est pas pour autant tout à fait ce qu’on pourrait appeler un thriller « routinier » : le film de Luis Prieto nous réserve même à l’occasion quelques petites surprises, quelques petits revirements que l’on avait pas forcément vus venir, et qui contribuent à en faire un film constituant plutôt le haut du panier en termes de Direct To Video du samedi soir. Parmi les bonnes idées de Crush, on pense par exemple au personnage de John Malkovich, délicieusement décalé, qui apporte au film une vraie valeur ajoutée, le faisant un temps basculer du polar de pieds nickelés, typique de la filmographie 90’s des frères Coen.

On pense aussi plus largement à la cruauté assez gratinée développée à l’écran par Luis Prieto et son équipe : Crush a en effet bénéficié d’une classification « R Rated » aux États-Unis, ce qui permet au réalisateur de se lâcher assez allégrement sur les scènes de meurtres et de torture, qui versent régulièrement dans le « gore » et vous feront parfois grincer des dents. La scène finale du film, qu’on ne vous détaillera évidemment pas, nous réserve également un rebondissement assez cruel et inattendu, nous donnant à voir un événement plutôt rare – et presque tabou – dans le cinéma Hollywoodien contemporain.

Pour le reste, bien sûr, Crush demeure relativement classique, mais assez enthousiasmant dans son créneau de DTV, conservant plus qu’il n’en faut de bourrinage badass et de sadisme décontracté pour maintenir l’intérêt du spectateur en éveil et dérouler son intrigue sans le moindre ennui pendant une heure et demie. Les acteurs sont plutôt bons dans l’ensemble : Cameron Monaghan, découvert dans le rôle du Joker dans la série Gotham, est convaincant dans le rôle du héros torturé aussi bien psychologiquement (il est décrit comme un paranoïaque de premier ordre) que physiquement. La nouvelle venue Lilly Krug développe une présence assez inquiétante dans son rôle de cinglée maboule, John Malkovich cachetonne mais le fait avec un certain talent, et l’excellent Frank Grillo brûle comme toujours l’écran de son charisme impeccable. Un bon moment !

Crush est disponible à partir du 24 mars en VOD sur les plate-formes de Vidéo à la demande iTunes, Orange VOD, Canal VOD, Amazon, Univers Ciné, Microsoft…

Un mot sur le distributeur : Originals Factory est un distributeur cinéma d’un genre nouveau, dédié aux films inédits, exclusifs et ayant vocation à rayonner en premières exploitations e-Cinema, SvoD, VOD ou Pay TV. Originals Factory se veut l’éditeur-distributeur cinéma indépendant de la nouvelle donne digitale. Les films privilégiés sont les œuvres distinctives, à l’identité ou aux messages forts, ou uniques. Dans ce monde nouveau, Originals Factory déploie ainsi un modèle alternatif aux fenêtres d’exploitation repensées, préservant toute la valeur patrimoniale des œuvres produites. Originals Factory est un studio de cinéma à l’ADN totalement numérique, cofondé par d’anciens dirigeants des Groupes Canal+ et TF1, alliant de solides expériences dans les grands groupes de médias, la VOD et le streaming et la création d’entreprises entertainment.


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