À (re)voir en VOD : L’homme aux poings de fer

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L’homme aux poings de fer
États-Unis, Hong Kong : 2012
Titre original :
Réalisateur :
Scénario : RZA,
Acteurs : RZA, ,
Distributeur :
Durée : 1h47
Genre : Action
Date de sortie cinéma : 2 janvier 2013

Note : 4/5

Dans la Chine féodale. Une cargaison d’or de l’empereur a été volée et cachée. Tous les guerriers kung-fu, les tueurs et autres mercenaires de Chine vont s’entretuer dans les rues de Jungle Village pour récupérer le trésor…

Un amoureux du genre

Tourner une bande d’exploitation à la mode Hong-Kongaise, avec des équipes techniques locales, sans ironie outrancière ni clins d’yeux incessants, tel était à l’origine le projet de RZA avec L’homme aux poings de fer. Bercé aux films de la Shaw Brothers depuis sa plus tendre enfance, au point de devenir littéralement obsédé par ce genre cinématographique (avec ses potes rappeurs au sein du Wu-Tang Clan, ils étaient tous fans de films d’arts martiaux Hong-Kongais), RZA est l’amoureux du wu xia pian – et du film d’arts martiaux en général – le plus sincère qui soit.

En 2003, dix ans après le chef d’œuvre musical du Wu-Tang Clan intitulé Enter the Wu-Tang (36 Chambers), RZA accepte de composer la musique originale de Kill Bill volume 1. Reconnaissant, Quentin Tarantino saurait lui rendre la politesse – presque dix ans plus tard – en « appuyant » de son nom vénéré de tous la mise en chantier de L’homme aux poings de fer, hommage déférent au film d’arts martiaux des années 70 – genre séminal s’il en est puisqu’il alimentait également largement la saga Kill Bill.

Cependant, si Quentin Tarantino prônait la réflexion, l’élévation par rapport au genre avec son diptyque Kill Bill, RZA reste quant à lui plus terre à terre, privilégiant le pragmatisme à l’intellect, et décide de conserver dans son film le premier degré de ces bandes populaires ayant bercé son enfance. Ainsi, il ne cherche ni à « anoblir » ni à réhabiliter ces petits films d’arts martiaux cheapos et pas toujours très bien torchés : l’idée est d’avantage d’en retrouver l’essence, par pure nostalgie de ces films d’exploitation qu’il dévorait dans sa jeunesse.

Remanié par Eli Roth

Cependant, le premier degré n’a pas toujours que des partisans, et le script du film sera finalement remanié, avec l’aide de la plume référentielle en diable d’Eli Roth. L’homme aux poings de fer en prendra dès lors, et en quelques occasions, des allures de pastiche, mais réussira globalement son difficile exercice d’équilibriste entre la distance rigolarde et le premier degré pur et dur, et ce malgré quelques fautes de goût ou autres concessions à la « coolitude » chère au clan Tarantino.

Qu’à cela ne tienne : en l’état, l’effort de RZA s’avère un film de stomb’ old school, frontal, linéaire, spectaculaire, nous proposant un récit enchaînant sans temps mort des bastons aux chorégraphies assez sublimes (comme d’habitude, chapeau bas à Corey Yuen). En deux mots, cet Homme aux poings de fer-là remplit pleinement son contrat de film d’action de série bien burné, ce qui a toujours été, ni plus ni moins, sa raison d’être.

Une suite inattendue

Trois ans après sa sortie dans les salles, Blacksmith, le forgeron du film interprété par RZA, nous ferait la surprise de revenir sur le devant de la scène, en tant que héros de L’homme aux poings de fer 2, qui sortirait directement en vidéo. Dôté d’un budget très inférieur au premier film, celui-ci n’est plus réalisé par RZA mais par Roel Reiné.

Roel Reiné a un parcours de cinéaste vraiment atypique. Après avoir oeuvré aux Pays-Bas en tant que réalisateur de TV pendant presque 15 ans, le bonhomme s’expatrie et signe à son arrivée aux États-Unis en 2009 le très intéressant Primal, resucée de Predator plutôt bien foutue et techniquement assez bluffante. Depuis, le lascar s’est fait une renommée en signant de nombreuses suites pour le marché du « direct to video » d’action, tendance bourrin : The marine 2, Death race 2 et 3, 12 rounds 2, Le roi scorpion 3, En territoire ennemi 4

Reiné tourne vite et bien, il livre des produits carrés, pile formatés pour un marché de la vidéo friand de sensations fortes. Souvent assez secs et brutaux, s’autorisant même quelques dérives dans le gore, ses films composent habilement avec leurs budgets étriqués, et proposent juste la petite touche de personnalité et d’inspiration nécessaire pour satisfaire les amateurs, en se démarquant du tout venant des « yes man » aux noms interchangeables.

L’homme de la situation

Il n’est donc point étonnant que RZA se soit tourné vers lui : L’homme aux poings de fer 2 suit une intrigue linéaire et relativement « cliché », dans le plus pur style des films d’exploitation des années 70. Roel Reiné était donc bien l’homme de la situation. Contre toute attente, L’homme aux poings de fer 2 est donc le parfait petit film d’exploitation, pensé et réalisé pour passer du bon temps entre amis devant une pizza. Un peu lent à démarrer peut-être, le film se rattrape aisément dans son dernier tiers, riche en outrances volontiers débiloïdes et fun.

Cinq ans plus tard, il semblerait que la franchise L’homme aux poings de fer ait été enterrée par Universal Pictures. Cela serait pourtant avec grand plaisir que l’on suivrait la suite des aventures du forgeron aux poings de fer, en espérant que la franchise conserve cet esprit old school.

L’homme aux poings de fer et L’homme aux poings de fer 2 sont disponibles en VOD à l’acte et en téléchargement définitif sur la majorité des plate-formes de Vidéo à la demande : MyTF1, Orange, Canal VOD.

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