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Test Blu-ray 4K Ultra HD : Barbare

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Test Blu-ray 4K Ultra HD : Barbare

Titre original : Barbarian
Réalisateur et scénariste : Zach Cregger
Casting principal : Georgina Campbell, Bill Skarsgård, Justin Long
Genre : Horreur Date de sortie France : 26 octobre 2022 (Disney+) Date de sortie BR/4K : 9 septembre 2026
Durée : 1h43
Pays : États-Unis (2022)
Editeur : 20th Century Studios

Se rendant à Détroit pour un entretien d’embauche, Tess se retrouve à louer un « Airbnb » le temps de son séjour. Mais lorsqu’elle arrive tard dans la nuit, elle découvre que la demeure est déjà occupée et qu’un homme étrange du nom de Keith y séjourne déjà… Malgré la gêne, elle décide résignée d’y passer la nuit, les hôtels des environs étant complets. Mais réveillée dans son sommeil par des sons mystérieux, Tess va s’embarquer malgré elle dans une série de découvertes terrifiantes…

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Le film

[3,5/5]

Avec Barbare, Zach Cregger transforme une banale galère de location Airbnb en cauchemar domestique, avant de pousser les murs du film d’horreur jusqu’à faire apparaître des choses qu’il aurait mieux valu laisser enterrées. Tess (Georgina Campbell), venue passer un entretien d’embauche à Détroit, découvre que son logement a été réservé deux fois. Un inconnu, Keith (Bill Skarsgård), occupe déjà les lieux. La situation est gênante, certes, mais pas encore de quoi appeler les pompiers, le SAMU et trois exorcistes en même temps. Sauf que les apparences ont ici la solidité d’une porte de cave vermoulue. Réalisé en 2022, Barbare part d’une angoisse très actuelle : celle de confier sa sécurité à une application, à des évaluations cinq étoiles et à la promesse qu’un logement sera aussi accueillant que sur les photos. Le confort moderne a parfois de drôles de dessous, et ceux de cette maison sont particulièrement gratinés.

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L’intelligence de Barbare tient surtout à sa manière de faire de l’isolement une expérience à plusieurs étages. Il y a d’abord celui, social, d’un quartier déshérité de Détroit, où les maisons abandonnées racontent déjà une histoire de déclassement et d’indifférence collective. Puis celui, plus intime, d’une femme contrainte de jauger le danger en permanence, sans pouvoir compter sur une autorité extérieure pour la rassurer. Il y a l’isolement social et technologique également, impliqué par les applis de type Airbnb, qui coupent souvent leurs utilisateurs de tout contact humain. Et enfin, il y a le sous-sol, véritable trou noir narratif où l’horreur enfouie prend une dimension presque historique. Ce que la société préfère ne pas voir finit par occuper toute la place. Zach Cregger ne se contente donc pas de jouer avec la peur des inconnus : il interroge les violences masculines, les mécanismes du déni et cette tendance bien commode à considérer les problèmes comme inexistants tant qu’ils restent derrière une porte fermée. La maison devient un organisme malade, dont les couloirs semblent prolonger les secrets et dont chaque recoin dément un peu plus la rassurante banalité des lieux.

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Mais Barbare ne serait pas aussi réjouissant s’il se contentait de cocher les cases du thriller horrifique socialement conscient. Zach Cregger aime déplacer les meubles du récit, changer brutalement de perspective et désorienter le spectateur au moment même où celui-ci croit avoir compris le mode d’emploi. Les ruptures de rythme, les changements de ton et les plongées dans des espaces mal éclairés entretiennent une incertitude particulièrement efficace. La photographie de Zach Kuperstein exploite les ténèbres sans transformer systématiquement l’image en bouillie noire, tandis que le travail sonore fait de chaque bruit l’annonce possible d’une catastrophe. Le cinéaste ose aussi un humour noir qui ne désamorce pas l’horreur, mais révèle parfois l’absurdité des comportements humains. Quelques décisions des personnages paraissent forcées, et les révélations successives finissent par privilégier la surenchère au détriment d’une mécanique parfaitement huilée. Cela n’empêche nullement Barbare de conserver une sacrée personnalité. Georgina Campbell donne à Tess une présence vulnérable mais jamais passive, Bill Skarsgård entretient un malaise savamment dosé et Justin Long apporte une autre forme de monstruosité, plus quotidienne et presque tristement familière. Voilà un film d’horreur généreux, retors et suffisamment malin pour rappeler que les pires secrets ne sont pas toujours ceux qui se cachent sous terre : certains se promènent tranquillement à la lumière du jour.

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Le Blu-ray 4K Ultra HD

[4/5]

Avec Barbare, édité par 20th Century Studios, le passage au Blu-ray 4K Ultra HD permet de retrouver dans d’excellentes conditions le cauchemar imaginé par Zach Cregger. Les amateurs de cinéma horrifique seront aux anges : la galette Katka nous propose une image précise, aux textures naturelles, qui restitue avec soin les détails des décors, les visages et les surfaces décrépites de cette maison aux secrets bien enfouis. Le HDR10 et le Dolby Vision font particulièrement merveille dans la gestion des contrastes : les zones lumineuses conservent leur éclat tandis que les noirs profonds renforcent l’opacité des couloirs souterrains. Surtout, les scènes les plus sombres préservent suffisamment de détails pour que l’obscurité demeure inquiétante sans engloutir systématiquement les informations visuelles. Quelques plans présentent néanmoins un rendu numérique un peu plus perceptible, sans que cela nuise sérieusement à l’ensemble. Côté son, la VO anglaise en DTS-HD Master Audio 5.1 bénéficie d’une spatialisation efficace, avec des ambiances discrètes, des bruits surgissant dans les enceintes arrière et des basses qui accompagnent les manifestations les plus brutales. La VF en DTS-HD High Resolution Audio 5.1 assure elle aussi une restitution solide, avec des dialogues bien intelligibles et une immersion convaincante. Les deux versions permettent ainsi de profiter pleinement du travail sonore, essentiel à l’installation de la peur. Entre silences pesants, craquements suspects et déflagrations soudaines, cette piste multicanale sait faire travailler les nerfs sans se contenter de leur tirer dessus à bout portant.

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Côté bonus, les suppléments se montrent assez concis, mais réservent quelques éclairages intéressants sur la fabrication du film. On commencera par le commentaire audio de Zach Cregger et Roy Lee, qui accompagne le long métrage et constitue le complément le plus consistant. Le scénariste / réalisateur et son producteur reviennent sur la genèse du projet, les choix de casting et les conditions du tournage, tout en détaillant certains partis pris narratifs. Une piste instructive pour comprendre comment Barbare organise ses fausses pistes et entretient volontairement le doute. On continuera avec un making of (12 minutes), qui rassemble des interventions de l’équipe, des anecdotes de tournage et quelques images prises en coulisses. Zach Cregger et ses collaborateurs y évoquent notamment les ingrédients familiers du cinéma d’horreur qu’ils ont souhaité détourner pour donner au film sa personnalité singulière. On terminera enfin avec une petite sélection de quatre scènes coupées (8 minutes). Si ces séquences n’apportent pas de révélations majeures et ne bouleversent pas la compréhension de l’intrigue, elles permettent de jeter un œil supplémentaire aux étapes de construction du récit. L’ensemble demeure donc modeste, sans atteindre les profondeurs de la cave du film, mais le commentaire audio et le making of constituent des compléments appréciables pour prolonger cette expérience horrifique.

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