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Critique Express : Quelques mots d’amour

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Critique Express : Quelques mots d’amour

Titre original : Quelques mots d’amour
Réalisateur : Rudi Rosenberg
Scénario : Rudi Rosenberg, Bruno Tracq
Casting principal : Hafsia Herzi, Nour Salam, Ella Bedoucha
Genre : Comédie dramatique
Durée : 1h37
Pays : France (2026)
Distributeur : Ad Vitam
Date de sortie : 28 octobre 2026

Note de la rédaction★★★★★★★★★★4 / 5

Synopsis : Sarcelles, 1995. Erika élève seule ses deux enfants. Sa fille Abigaëlle se persuade que son père, qu’elle n’a jamais connu, l’aime en silence quelque part. Lorsqu’elle se met en tête de le retrouver, Erika se sent obligée de l’aider, tout en cherchant à la protéger. En grandissant, la quête d’Abigaëlle se transforme en obsession, entraînant avec elle sa mère, sa meilleure amie, et tous ceux qui comptent.

Critique Express : Quelques mots d’amour

Une mère qui élève seule ses 2 enfants nés de pères différents, une fille, un garçon, c’est une situation qui n’est en rien inhabituelle. Un père biologique qui refuse résolument d’accorder ne serait-ce qu’une rencontre à sa fille, c’est déjà moins fréquent. C’est dans ce contexte que se déroule, sur plusieurs années, l’action de Quelques mots d’amour, présenté dans la sélection Un Certain Regard lors du dernier Festival de Cannes et deuxième long métrage réalisé par Rudi Rosenberg. Cette chronique familiale d’une grande délicatesse, toujours sensible et souvent drôle, commence en 1995, à Sarcelles. On y rencontre Erika, la maman, et Abigaëlle, sa fille de 7 ans, au pied d’un immeuble, interpellant Antoine, le père d’Abigaëlle. « On va rien te demander, on veut juste te voir », lance Erika lorsque Antoine apparait à la fenêtre. Une fenêtre qu’Antoine referme aussitôt ! Malgré tout, Abigaëlle est intimement persuadée que son père l’aime et que c’est seulement par peur qu’il ne veut pas la voir. Sa mère a beau lui dire qu’Antoine ne voulait pas d’enfant, rien n’y fait et, pour Abigaëlle, ce besoin viscéral de nouer une relation avec cet homme qui la rejette tourne à l’obsession.

Sur un tel sujet, les chausse-trappes dans lesquelles Rudi Rosenberg pouvait tomber étaient nombreuses. A l’exception d’une seule, le fait qu’aucun détail, même infime, ne soit fourni aux spectateurs sur l’activité professionnelle d’Erika, qui, pourtant, a bien besoin de revenus pour élever seule ses 2 enfants, le réalisateur a su les éviter avec talent. Le film aurait pu être larmoyant et/ou tomber dans le pathos. Il est lumineux et d’une grande justesse, aussi bien dans sa peinture des rapports entre Abigaëlle et sa mère, Erika, une mère aimante, attentionnée, courageuse, qui fait tout pour aider sa fille, mais qui, heureusement pour les spectateurs, n’est pas parfaite, se montrant souvent dépassée et maladroite ; dans sa peinture des rapports entre Abigaëlle et Chloé, sa meilleure amie, à qui elle ne cache rien de ce qu’elle vit, de ce qu’elle ressent ; dans sa peinture des rapports entre Abigaëlle et Yoni, son petit frère, plutôt maladroit dans ses rapports d’affection avec sa sœur mais qu’elle va défendre lorsqu’il va être l’objet de harcèlement à l’école ; dans sa peinture des rapports entre Abigaëlle et Clarisse, une demi-sœur qu’Abigaëlle aimerait bien rencontrer. Pour étoffer son film, Rudi Rosenberg a très intelligemment fait appel à l’adoption par Abigaëlle d’un chien trouvé dans la rue et qu’elle appelle Vanille. Un chien, un de ces animaux de compagnie qui, trop souvent, sont abandonnés par des maitres peu scrupuleux, ce qui, bien sûr, fait penser à Abigaëlle abandonnée par son père biologique. Une différence de taille, toutefois : les anciens maitres ayant été retrouvés, c’est un peu à qui gardera l’animal !! Apportant une pincée de comique dans le film, les scènes avec le psy qui s’occupe d’Abigaëlle s’avèrent très drôles. Dans la distribution de Quelques mots d’amour ne se trouve qu’un seul nom connu, celui de Hafsia  Herzi, qui interprète le rôle d’Erika avec la sensibilité et la justesse qu’on lui connait. Le reste de la distribution, ce sont pour la plupart des habitants de Sarcelles qui se retrouvaient pour la première fois devant une caméra et qui sont toutes et tous remarquables, avec une mention particulière pour les 2 interprètes de Abigaëlle, Ella Bedoucha et Nour Salam. La ville de Sarcelles est également une interprète du film, avec, à de nombreuses reprises, de très belles images du ciel surplombant des immeubles de la ville. Un ciel comme ceux que Jacob van Ruisdael excellait à peindre, à la fois chargé de nuages et lumineux, à l’image de l’état d’esprit d’Abigaëlle.

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