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L’acteur américain Tom Skerritt est décédé avant-hier à Seattle. Il était âgé de 93 ans. Pendant un demi-siècle l’un des acteurs de seconds rôles les plus fiables des États-Unis à la fois au cinéma et à la télévision, Skerritt avait admirablement su façonner un type de personnage toujours fascinant, quoique pas nécessairement sympathique. Celui de la figure d’autorité, peu importe qu’il s’agit d’un supérieur hiérarchique, d’un mari ou d’un flic, presque terne à première vue dans son conformisme béat et pourtant souvent investi d’une fourberie suspecte.
Parmi ses rôles les plus mémorables, on peut citer ceux qu’il tenait dans M*A*S*H de Robert Altman, Le Tournant de la vie et Potins de femmes de Herbert Ross, Alien Le Huitième passager de Ridley Scott, Dead Zone de David Cronenberg, Top Gun de Tony Scott, Et au milieu coule une rivière de Robert Redford et Contact de Robert Zemeckis.

Au tout début de sa carrière, Tom Skerritt aurait voulu être un réalisateur. C’est un peu par défaut qu’il était devenu comédien en 1962 avec le film de guerre de série B Le Mal de tuer de Denis Sanders. De nombreux rôles à la télévision avaient suivi, quoique d’abord un seul autre film, la production Disney Calloway le trappeur de Norman Tokar. Il aura fallu presque dix ans à Skerritt pour s’imposer au cinéma, grâce à M*A*S*H de Robert Altman, Palme d’or au Festival de Cannes en 1970. Même si son principal gagne-pain restait le petit écran, il participait de plus en plus aux films, dont ceux de Blake Edwards (Deux hommes dans l’ouest), Hal Ashby (Harold et Maude), Robert Altman – encore lui – (Nous sommes tous des voleurs), Robert Fuest (La Pluie du diable) et Herbert Ross (Le Tournant de la vie).
En 1979, après avoir refusé une première fois le rôle, Tom Skerritt allait interpréter le personnage probablement le plus célèbre de sa carrière : celui du commandant Dallas dans le chef-d’œuvre de la science-fiction Alien Le Huitième passager de Ridley Scott. Il était d’ailleurs le dernier des cinq acteurs et membres masculins de l’équipage encore en vie, après les disparitions successives entre 2017 et 2021 de John Hurt, Harry Dean Stanton, Ian Holm et Yaphet Kotto. Dès lors et au moins pendant la première moitié des années ‘80, Skerritt avait tourné dans à peu près autant de longs-métrages de cinéma que de téléfilms et de séries. Entre autres dans Philadelphia Security de Lewis Teague, Dead Zone de David Cronenberg, Top Gun de Tony Scott, Cap sur les étoiles de Harry Winer, Le Camp de l’enfer de Eric Karson et Engrenage fatal de Emilio Estevez.

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Après un léger passage à vide côté cinéma, ponctué par exemple de Poltergeist III de Gary Sherman, mais largement compensé par sa participation à la série à succès « Cheers », il avait vécu une belle renaissance de carrière cinématographique par le biais de ses collaborations avec Herbert Ross (Potins de femmes), Clint Eastwood (La Relève), Carl Schenkel (Face à face), Cameron Crowe (Singles), Robert Redford (Et au milieu coule une rivière), Robert Zemeckis (Contact), Chris Eyre (Phoenix Arizona) et Garry Marshall (L’Autre sœur). Depuis le tournant du siècle, Tom Skerritt avait essentiellement travaillé pour la télévision, aux seules exceptions notables de Les Larmes du soleil de Antoine Fuqua, Whiteout de Dominic Sena, Middleton de Adam Rogers, Un hologramme pour un roi de Tom Tykwer et Lucky de John Carroll Lynch.
Tom Skerritt a gagné le prix du National Board of Review du Meilleur acteur dans un second rôle en 1977 pour Le Tournant de la vie. Pour son rôle du shérif Jimmy Brock dans la série à succès « Un drôle de shérif » créée par David E. Kelley, il avait reçu trois nominations aux Screen Actors Guild Awards et il avait gagné l’Emmy du Meilleur acteur dans une série dramatique en 1993.















