Accueil Critiques de films Critique Express : Histoires de la nuit

Critique Express : Histoires de la nuit

0
104

Histoires de la nuit 

France, Belgique : 2026
Titre original : –
Réalisation : Léa Mysius
Scénario : Léa Mysius, d’après le roman de Laurent Mauvignier
Interprètes : Hafsia Herzi, Benoît Magimel, Bastien Bouillon, Monica Bellucci
Distribution : Le Pacte
Durée : 1h54
Genre : Drame, Thriller
Date de sortie : 16 septembre 2026

3.5/5

Synopsis : Nora, Thomas et leur fille Ida vivent dans une ferme isolée avec pour seule voisine, Cristina, une peintre italienne. Alors que tout le monde prépare une soirée d’anniversaire surprise pour Nora, trois hommes rôdent autour de la maison et s’invitent à la fête, faisant surgir des secrets bien gardés…

En 2017, Ava, le premier long métrage de Léa Mysius, diplômée en scénario de la Fémis, faisait partie de la sélection de la Semaine de la Critique du Festival de Cannes. En 2022,  Les cinq diables, son deuxième long métrage, faisait partie de la sélection de la Quinzaine des Cinéastes. Cette année, Histoires de la nuit, son troisième long métrage, a eu les honneurs de la compétition officielle du Festival de Cannes. Contrairement à Ava et à Les cinq diables, aux scénarios originaux écrits par Léa Mysius avec son compagnon et Directeur de la Photographie Paul Guilhaume, Histoires de la nuit est l’adaptation d’un roman, au titre identique, écrit par Laurent Mauvignier et paru en 2020. Cela n’empêche pas la réalisatrice de rester fidèle aux thèmes qui lui sont chers : le passé qui resurgit ; la famille, avec, en particulier, les rapports entre enfants et adultes ; le cinéma de genre, le fantastique « léger » de Ava et de Les cinq diables étant ici remplacé par un sous-genre du thriller appelé « Home invasion ». Servant de cadre à Histoires de la nuit, un édifice que le cinéma français a redécouvert récemment : une ferme. Située en Haute-Vienne, c’est une exploitation agricole d’élevage de bovins dont Thomas a hérité. Il y vit auprès de Nora, son épouse, et de Ida, leur fille, âgée d’une dizaine d’années. La vie d’un paysan n’est pas toujours facile, mais le couple semble très solide et Thomas, Nora et Ida ont la chance d’avoir pour voisine Cristina, une artiste peintre d’origine italienne avec qui l’entente est parfaite. Pour fêter l’anniversaire de Nora, Thomas a préparé une surprise et une soirée de bonheur calme et détendu devrait clôturer la journée. Sauf que trois individus font interruption et ce qui devait être une sympathique soirée va tourner au cauchemar. Menant cet inquiétant trio, un homme, Franck, dont on va s’apercevoir qu’il connait très bien Nora et qu’il poursuit le but de raconter tout ce qu’il sait sur elle. Franck, est accompagné de 2 frères, tout aussi inquiétants que lui, Flo et Le Bègue.

C’est avec beaucoup de talent que Léa Mysius amène progressivement dans son film le caractère particulièrement oppressant qui est la marque de fabrique des films appartenant au genre « Home invasion ». Elle est bien aidée par Paul Guilhaume qui, film après film, prouve qu’il est une des meilleurs Directeurs de la Photographie de l’époque et qui, ici, excelle particulièrement dans la création des effets de lumière et d’ombre qui contribuent à renforcer la sensation de menace qui pèse sur le hameau. Bien aidée, aussi par un casting très convaincant. C’est ainsi que Marion, blonde dans le roman de Laurent Mauvignier, s’est transformée en Nora dans le film et est devenue brune sous les traits de l’excellente  Hafsia Herzi. Un changement qui, mine de rien, renforce l’impression de mystère qui émane du personnage : comment cette jeune femme, dont l’accent montre qu’elle vient du sud et a le comportement d’une citadine est-elle devenue l’épouse d’un paysan de la Haute-Vienne ? Thomas est (très bien) interprété par Bastien Bouillon, toujours à l’aise quel que soit le rôle. Benoît Magimel n’est jamais aussi bon que dans les rôles de personnage trouble et malfaisant : le rôle de Franck lui va comme un gant. C’est avec beaucoup d’intensité que Monica Bellucci incarne Cristina, une artiste peintre sur le déclin. Les scènes qu’elle partage avec Bègue, chargé de la surveiller lorsqu’elle est prise en otage, un personnage aussi attachant qu’inquiétant, interprété par Alane Delhaye, P’tit Quinquin dans la série du même nom, sont parmi les plus belles et les plus prenantes du film. Quant à Ida, c’est une débutante devant la caméra, Tawba El Gharchi, qui, du haut de ses 11 ans, l’interprète avec un étonnant naturel.  Dans ses films, Léa Mysius montre toujours de l’intérêt pour la notion de famille. La famille est également très présente dans la création de ses films : son Directeur de la Photographie, Paul Guilhaume, n’est autre que son compagnon. La cheffe décorateur du film s’appelle Esther Mysius et elle est la sœur jumelle de la réalisatrice.  Quant au tableau que peint Cristina, il est l’œuvre de Corinne Mercadier, la maman de Paul Guilhaume.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici