Adieu monde cruel
France, Belgique : 2026
Titre original : –
Réalisation : Félix de Givry
Scénario : Félix de Givry, Marie-Stéphane Imbert
Interprètes : Milo Machado-Graner, Jane Beever, Emmanuelle Destremau
Distribution : Diaphana Distribution
Durée : 1h33
Genre : Drame
Date de sortie : 9 septembre 2026
3.5/5
Synopsis : Otto Vidal, 14 ans, a disparu après avoir adressé une lettre d’adieu aux élèves de sa classe. Alors que tout le monde le croit mort, Léna, une fille de son lycée, le reconnaît une nuit en train d’errer dans les rues de la ville.
Rôle très secondaire dans Après Mai, film (2012) de Olivier Assayas, rôle principal dans Eden (2014) de Mia Hansen-Løve, co-scénariste de Arco, film d’animation (2025) de Ugo Bienvenu, c’est avec Adieu monde cruel que Félix de Givry vient de réaliser son premier long métrage de fiction. Comme nombre de ses pairs, c’est dans le monde de l’adolescence que Félix de Givry a plongé ce premier long métrage, un monde qui présente l’intérêt, pour un réalisateur de cinéma, de ne pas être uniforme à une époque donnée et d’être, dans le temps, en perpétuelle évolution. L’adolescent dont le réalisateur a choisi de nous raconter l’histoire s’appelle Otto Vidal, il a 14 ans, il est l’élève d’un collège catholique de Lisieux et il est l’objet de harcèlement scolaire. Un harcèlement tellement éprouvant qu’il en est arrivé au point de vouloir mettre fin à ses jours, non sans avoir préalablement envoyé un courrier à de nombreuses personnes pour leur annoncer que, quand ils liront ce courrier, il sera mort. Chance ? Malchance ? Lorsqu’il se jette dans la rivière locale, il n’arrive pas à se noyer. Honteux de cet échec et partant du principe que « la mort, ça n’arrive qu’une fois, la vie c’est tous les jours », il se refuse à réapparaitre au grand jour et à reprendre le cours de son ancienne vie. Cette vie de reclus qu’il s’impose et qu’il a entamée en s’installant dans un édifice catholique dont il sait qu’il n’est plus utilisé va être interrompue lorsque Lena, une ancienne condisciple, le rencontre, le reconnait et lui permet de se cacher dans un lieu plus confortable. Otto a raté son suicide, peut-il, grâce à Lena, réussir une seconde naissance ?
C’est manifestement les films de la Nouvelle Vague et tout particulièrement ceux de François Truffaut que Félix de Givry a pris comme modèles, Milo Machado-Graner, qu’on avait découvert dans En thérapie puis dans Anatomie d’une chute, et qui interprète ici le rôle de Otto Vidal, pouvant être considéré comme la réincarnation de Jean-Pierre Léaud dans ses interprétations du personnage d’Antoine Doinel. Non exempt de défauts (un grand nombre d’invraisemblances, une musique envahissante), Adieu monde cruel arrive, sans qu’on puisse vraiment parler de suspense, à maintenir une sympathique tension du début jusqu’à la fin tout en introduisant délicatement le début d’une romance entre deux adolescents. Cerise sur le gâteau : la voix off d’une narratrice, celle de l’incomparable Françoise Lebrun, qui contribue à renforcer l’aspect très romanesque du film.

















