Afterburn
États-Unis : 2025
Titre original : –
Réalisation : J.J. Perry
Scénario : Nimród Antal, Matt Johnson
Acteurs : Dave Bautista, Olga Kurylenko, Samuel L. Jackson
Éditeur : Metropolitan Film & Video
Durée : 1h46
Genre : Action, Science-fiction
Date de sortie DVD/BR : 10 avril 2026
Après qu’une éruption solaire a détruit le monde tel que nous le connaissons, chacun fait ce qu’il peut pour survivre. Jake, lui, déniche des trésors de l’ancien monde pour les revendre à prix d’or. Lorsqu’on lui demande de récupérer la Joconde avant qu’un seigneur de guerre ne s’en empare, il réalise que cette fois, l’enjeu est bien plus important qu’un simple tableau…
Le film
[3,5/5]
Surgissant comme un vieux comic book retrouvé sous un siège de TGV, Afterburn avance avec l’assurance tranquille d’une série B qui ne cherche pas à jouer dans la cour des géants mais qui, mine de rien, sait où elle met les pieds. Le film est signé J.J. Perry, cascadeur et chorégraphe de combats (notamment sur l’épatant Un seul deviendra invincible II en 2006), devenu réalisateur avec Day Shift en 2022. Du côté du générique, on notera également que l’ombre bienveillante du réalisateur hongro-américain Nimród Antal plane sur le scénario d’Afterburn. Découvert en 2003 avec Kontroll, Antal avait par la suite réalisé l’excellent Motel (2007) avec Kate Beckinsale et Luke Wilson, puis les sympathiques Blindés (2009) et Predators (2010). On retrouve ici sa patte nerveuse, mais le charme étrange du film tient aussi à sa manière de relier ses thématiques à ses choix visuels. Le scénario nous parle de reconstruction, de ce qu’on fait des ruines (matérielles ou intérieures), et J.J. Perry filme tout cela avec une caméra qui semble parfois hésitante. Cette hésitation crée une texture singulière, le récit laissant filtrer, entre deux explosions en CGI, une réflexion discrète sur la valeur des objets, des souvenirs, et de ce qu’on choisit de sauver quand tout s’effondre.
Afterburn s’amuse à transformer la France post-cataclysmique en terrain de jeu débraillé, où les ruines ressemblent parfois à des sculptures contemporaines qu’un vent mal luné aurait décidé de réarranger. Comme ses glorieux aînés dans l’univers de la série B post-nuke, Afterburn profite de ce décor pour dérouler une intrigue simple mais efficace, comme un plan de métro griffonné à la va-vite mais qui mène quand même à destination. Et pour nous autres français, un des grands plaisirs pris devant Afterburn réside dans cette France réinventée, où les cartes routières indiquent « Beauvias » au lieu de Beauvais, et que les personnages du film traversent comme un parc d’attractions post-apocalyptique un peu cheap. Les routes défoncées deviennent des lignes de fuite, les villages désertés ressemblent à des décors de western… L’ensemble nous propose au final un mélange de chaos, de beauté inattendue et de bricolage assumé. Car Afterburn ne cherche jamais à masquer son statut de série B : au contraire, il en fait une force, un terrain de liberté où l’improbable devient presque logique.
Le casting d’Afterburn apporte une énergie brute qui compense largement les limites du scénario. Dave Bautista, massif mais étonnamment nuancé, donne au héros une humanité fatiguée, cabossée, qui fonctionne à merveille dans cet univers de ferraille rappelant parfois la série de romans « Jag » publiés chez Plon tout au long des années 80. Olga Kurylenko, toujours impeccable dans les rôles où il faut mêler intensité et mystère, apporte une élégance presque mélancolique à son personnage, et ce en dépit d’une coiffure absolument improbable. Samuel L. Jackson, fidèle à lui-même, semble s’amuser comme un gamin qui aurait trouvé un lance-flammes dans un vide-grenier. Quant à Kristofer Hivju, il injecte à son personnage de méchant une chaleur bourrue qui rappelle ses meilleures heures dans Game of Thrones. Leur présence donne au film une densité inattendue, comme si cette petite série B avait réussi à attirer une constellation de gueules charismatiques juste pour le plaisir de jouer dans les ruines.
Le Blu-ray
[4/5]
Le Blu-ray d’Afterburn édité par Metropolitan Film & Video offre une restitution visuelle qui surprend agréablement pour un film de cette catégorie. L’image, en 1080p, affiche une précision solide, avec un piqué qui met en valeur les textures métalliques, les paysages ravagés et les visages burinés des personnages. Les contrastes tiennent bien la route, même dans les scènes nocturnes où les éclairages vacillants auraient pu virer à la bouillie numérique. Quelques plans plus sombres montrent une légère montée du grain, mais rien qui ne trahisse l’esthétique rugueuse voulue par J.J. Perry. Afterburn profite ainsi d’un master propre, stable, qui respecte les choix de photographie sans chercher à lisser artificiellement les aspérités. Côté son, Metropolitan nous propose deux mixages DTS-HD Master Audio 5.1, en VF et en VO, qui se tiennent étonnamment bien l’un face à l’autre. La version originale offre une spatialisation plus ample, notamment dans les scènes d’action où les impacts et les explosions circulent avec une belle fluidité dans les enceintes arrière. Mais la version française s’avère également très soignée : dynamique, claire, bien équilibrée, elle restitue les ambiances avec une précision tout à fait honorable. Les dialogues restent nets dans les deux versions, sans être noyés par la musique ou les effets. Afterburn gagne beaucoup en immersion grâce à cette générosité sonore, qui transforme certaines séquences en véritables petites bulles de chaos contrôlé.
Les suppléments du Blu-ray se limitent à une poignée de bandes-annonces éditeur en lien avec le casting du film : outre celle d’Afterburn, on trouvera celles de In the Lost Lands, Hotel Artemis (avec Dave Bautista), The Courier (avec Olga Kurylenko), Hitman & Bodyguard (avec Samuel L. Jackson) et Boss Level (ah, pour celui-ci, on n’a pas trouvé le lien). L’absence de suppléments n’enlève rien à la qualité technique du disque, qui remplit parfaitement son rôle : offrir la meilleure version possible d’un film qui, sans révolutionner le genre, mérite largement d’être découvert dans de bonnes conditions.





















