7 jours en juin
France : 2025
Titre original : –
Réalisation : David Aboucaya
Scénario : David Aboucaya
Acteurs : Manuel Gonçalves, Laurent Guiot, Franck Rasamison
Éditeur : Rimini Éditions
Durée : 2h18
Genre : Guerre
Date de sortie cinéma : 19 novembre 2025
Date de sortie DVD/BR : 10 avril 2026
6 Juin 1944. Les parachutistes américains sont largués en Normandie. Bon nombre d’entre eux vont atterrir très loin de leur cible. C’est le cas pour plusieurs soldats de la 82è aéroportée, qui se retrouvent aux abords du petit village de Graignes, situé à 30 kilomètres de la zone prévue. Aidés par la population locale, ils décident d’y établir une position de défense. Ils sont bientôt assiégés par une division de SS. La situation est rapidement désespérée…
Le film
[3/5]
7 jours en juin déboule avec l’énergie d’un projet monté à la force du poignet, du coude et probablement d’un genou, tant l’enthousiasme déborde de partout. Le film veut raconter un épisode méconnu de la Seconde Guerre mondiale, un de ces moments oubliés dans les marges des manuels scolaires, et cette volonté de mettre en lumière des faits historiques peu traités force immédiatement le respect. Le film de David Aboucaya respire la passion, la sincérité, l’envie de bien faire. On sent derrière chaque plan une équipe qui y croit dur comme fer, prête à déplacer des montagnes (ou au moins trois bottes de paille et un vieux fusil neutralisé) pour donner vie à son récit.
Inspiré de faits réels longtemps restés dans l’ombre, 7 jours en juin revient sur la bataille de Graignes – surnommé « le petit Fort Alamo normand », il raconte comment une poignée de soldats et de civils opposa une résistance héroïque face à une division SS, tenant plusieurs jours dans des conditions désespérées. Et le film de tenter de recréer l’enfer de la guerre avec les moyens d’un film de vacances tourné entre copains – c’est là que le charme et les limites se télescopent joyeusement. Les scènes de bataille ressemblent à des reconstitutions du dimanche, avec des explosions timides, des tirs qui semblent sortir d’un pistolet à bouchon et des figurants qui hésitent entre mourir héroïquement ou vérifier s’ils sont bien dans le champ.
7 jours en juin veut être immersif, mais la mise en scène, souvent figée, peine à donner du souffle à l’ensemble. On pense parfois à un long-métrage amateur inspiré de Il faut sauver le soldat Ryan, où la bonne volonté remplace le budget, et où la caméra tremble plus de froid que de tension dramatique. Pour autant, le film de David Aboucaya n’est jamais désagréable. Il avance au contraire avec une honnêteté désarmante, comme un soldat qui aurait oublié son fusil mais pas son courage. Les thématiques du film, très nobles (sacrifice, fraternité, résistance) sont traitées avec sérieux et déférence, même si l’exécution manque de précision.
7 jours en juin cherche à montrer la guerre telle qu’elle est vécue par les anonymes, les oubliés, les héros sans statue. L’intention est belle, sincère, presque touchante, et c’est ce qui sauve le film de ses maladresses techniques. On sent que David Aboucaya veut transmettre quelque chose, même si ses outils ressemblent à des accessoires trouvés dans un grenier. De leur coté, les acteurs donnent tout ce qu’ils peuvent, parfois trop, parfois pas assez, mais toujours avec une générosité qui force le sourire. Certains jouent comme s’ils passaient un casting pour une série historique, d’autres comme s’ils récitaient un exposé sur la bataille de France, mais tous semblent animés par la même envie : faire exister cette histoire.
7 jours en juin devient alors un film profondément humain, bancal mais attachant, maladroit mais sincère, un peu comme un soldat qui trébuche mais se relève aussitôt, prêt à continuer la marche, même s’il a le pantalon baissé jusqu’aux genoux. Alors bien sûr, on ne tient pas ici un grand film de guerre, ni même un bon film de guerre. Mais il s’agit d’un film de passionnés, d’un film de cœur, d’un film qui veut bien faire et qui, malgré ses ratés, parvient à toucher par sa sincérité, un peu comme quand un enfant vient vous réciter une poésie qu’il s’est fait chier à apprendre par cœur : même s’il la massacre un peu, l’intention est là. De fait, en dépit de tous ses défauts, on ne pourra se résoudre à descendre en flammes 7 jours en juin : il s’agit d’une œuvre artisanale, fragile, mais animée d’une vraie flamme.
Le Blu-ray
[4/5]
Le Blu-ray de 7 jours en juin édité par Rimini Éditions nous arrive dans un boîtier simple, sans fioritures, mais fidèle à l’esprit du film : direct, sans chichis, concentré sur l’essentiel. L’image, issue d’un master Haute-Définition propre, met en valeur les décors naturels et les uniformes, même si les limites techniques du tournage n’en apparaissent qu’encore plus clairement. Les contrastes sont corrects, les couleurs restent naturelles, et les scènes en extérieur profitent d’une luminosité agréable. Les plans plus sombres, eux, montrent quelques faiblesses, avec un grain irrégulier et des noirs qui manquent parfois de profondeur, mais rien de rédhibitoire. Côté son, le film nous est proposé en DTS-HD Master Audio 5.1, et le mixage fait ce qu’il peut avec le matériel d’origine. Les dialogues sont clairs, même si certaines prises de son trahissent les conditions de tournage. Les effets sonores (tirs, explosions, déplacements…) manquent parfois d’ampleur, mais la spatialisation reste honnête et permet de donner un minimum de relief aux scènes de combat.
Côté suppléments, le Blu-ray de 7 jours en juin nous propose un intéressant making of (1h07) qui reviendra avec honnêteté et transparence sur les conditions de tournage, les choix artistiques et les contraintes matérielles. Ce documentaire apporte une vraie valeur ajoutée au métrage, en éclairant les intentions derrière le film et en montrant l’énergie déployée pour le mener à bien. Rimini Éditions nous propose donc ici une édition honnête, qui nous permet de découvrir le film dans de bonnes conditions tout en offrant un éclairage précieux sur sa fabrication. Une édition qui, comme le film, mise davantage sur la sincérité plutôt que sur le spectaculaire…























