John Wick – Édition 10ème anniversaire
États-Unis : 2014
Titre original : –
Réalisation : David Leitch, Chad Stahelski
Scénario : Derek Kolstad
Acteurs : Keanu Reeves, Michael Nyqvist, Willem Dafoe
Éditeur : Metropolitan Film & Video
Durée : 1h33
Genre : Action, Thriller
Date de sortie cinéma : 29 octobre 2014
Date de sortie 4K : 5 décembre 2025
Depuis la mort de sa femme bien-aimée, John Wick passe ses journées à retaper sa Ford Mustang de 1969, avec pour seule compagnie sa chienne Daisy. Il mène une vie sans histoire, jusqu’à ce qu’un malfrat sadique nommé Iosef Tarasof remarque sa voiture. John refuse de la lui vendre. Iosef n’acceptant pas qu’on lui résiste, s’introduit chez John avec deux complices pour voler la Mustang, et tuer sauvagement Daisy. John remonte la piste de Iosef jusqu’à New York. Un ancien contact, Aurelio, lui apprend que le malfrat est le fils unique d’un grand patron de la pègre, Viggo Tarasof. La rumeur se répand rapidement dans le milieu : le légendaire tueur cherche Iosef. Viggo met à prix la tête de John : quiconque l’abattra touchera une énorme récompense. John a désormais tous les assassins de New York aux trousses…
Le film
[4/5]
Avec dix ans de recul et plusieurs films au compteur de la franchise, on ne pourra que saluer la réussite de John Wick – un film d’action qui n’avait aucunement dans l’intention de réinventer la roue du film d’action, mais qui est finalement parvenu à la faire tourner si vite qu’elle a fini par s’embraser en foutant des traces de pneu partout. Avec John Wick, Chad Stahelski et David Leitch ont transformé un pitch minimaliste en manifeste stylistique. Avant même que les balles ne commencent à chanter, le film impose une atmosphère, une manière de se tenir, une élégance brutale qui rappelle finalement autant le cinéma d’action hongkongais des années 90 que les polars glacés de Michael Mann. Et c’est précisément dans cette tension entre sophistication et sauvagerie que John Wick trouve son identité, comme un cocktail servi dans un verre en cristal mais garni de tessons de bouteille.
« You don’t fuck with John Wick » : ces quelques mots, dont on pourrait devrait se faire un T-Shirt, résument de façon claire et concise l’esprit du film de Chad Stahelski et David Leitch mettant en scène Keanu Reeves. Badass, bourrin en diable, ce John Wick est désigné, dans le récit même, comme le croque-mitaine de la mafia russe. Une implacable machine à tuer ne connaissant pas les sentiments humains, uniquement mû par un désir de vengeance qui tend à la soif de sang pure et simple. Et le film d’enchaîner les séquences d’action monumentales et rentre-dedans sur une intrigue fine comme du papier à cigarette. Quelque part entre un Punisher : War Zone et un Shoot’em up ! dont on aurait troqué les aspects les plus fantaisistes et « bande dessinée » contre un côté pince sans rire du meilleur effet, John Wick est un vrai plaisir de cinéma, un grand huit d’action quasi-ininterrompue et vraiment jouissif au cœur duquel un Keanu Reeves buriné descend, avec calme et méthode, tous les bad guys sans âme se dressant sur sa route.
Autour de ce noyau dur, John Wick déploie un univers qui semble avoir existé bien avant le film et qui continuera d’exister après, comme une société secrète dont on ne voit qu’un fragment. L’hôtel Continental, ses règles strictes, ses codes d’honneur, ses tueurs en costume trois pièces : tout cela confère au récit une dimension quasi mythologique. On n’est plus seulement dans un film d’action, mais dans une sorte de western urbain à la Dernier recours de Walter Hill, où les flingues remplacent les colts et où les néons jouent le rôle du soleil couchant. Cette mythologie discrète mais solide donne à John Wick une profondeur inattendue, un parfum de légende moderne qui dépasse largement la simple vendetta. Ce qui frappe également, c’est la précision chorégraphique de chaque affrontement. Dernier recours, anciens cascadeurs, filment les combats comme des ballets mortels, où chaque geste compte, où chaque tir est une note dans une partition millimétrée. John Wick devient alors un film de mouvement, presque un film de danse, mais une danse où l’on finit systématiquement avec un cadavre au sol. Cette rigueur formelle, loin de rendre l’ensemble froid, lui donne au contraire une intensité hypnotique. On regarde Keanu Reeves évoluer comme on regarderait un artisan au travail : avec fascination, respect, et un petit frisson de terreur. Le boulanger de la bastos dans le buffet, l’ébéniste de la Kalash déchargée bras tendus.
Et puis bien sûr, il y a Keanu. Demandez à votre femme, elle vous confirmera. Keanu. L’homme, le mythe, la barbe de trois jours qui pourrait couper du marbre. Et s’il a vraiment trouvé le rôle de sa vie avec John Wick, c’est parce qu’il y incarne moins un personnage qu’une idée : celle de la vengeance absolue, implacable, presque abstraite. Son jeu minimaliste, souvent moqué ailleurs, devient ici une force. Il avance comme un spectre, parle peu, frappe fort. On dirait un moine shaolin qui aurait troqué la méditation contre un arsenal complet. Cette économie de mots et de gestes renforce l’aura du personnage, le rendant à la fois humain et mythique, vulnérable et indestructible. Enfin, il faut saluer la manière dont John Wick assume pleinement son statut de série B de luxe. Pas de discours pompeux, pas de psychologie forcée, pas de volonté de « dire quelque chose sur la société ». Le film préfère dire quelque chose sur le cinéma : sur le plaisir pur, immédiat, presque enfantin de voir un héros se frayer un chemin à travers une armée d’ennemis. Et dans un paysage hollywoodien souvent saturé de blockbusters interchangeables, cette sincérité fait un bien fou. John Wick ne cherche pas à plaire à tout le monde ; il cherche à être bon dans ce qu’il fait. Et il l’est. Furieusement.
Le Blu-ray 4K Ultra HD
[5/5]
Pour célébrer dignement les dix ans de John Wick, Metropolitan Film & Video dégaine un objet qui ferait frissonner n’importe quel collectionneur insomniaque : un boîtier métal SteelBook collector limité, lourd comme une promesse de vengeance et élégant comme un costume trois pièces fraîchement repassé par un tueur à gages méticuleux. Le visuel, tout en lignes nettes et en contrastes tranchants, reprend l’iconographie iconique du film : silhouette de Keanu Reeves, armes stylisées, palette chromatique nocturne. L’ensemble respire la classe, la vraie, celle qui ne cherche pas à en mettre plein la vue mais qui impose le respect par sa simple présence. Le SteelBook accueille deux Blu-ray 4K Ultra HD, parfaitement logés dans un intérieur illustré qui prolonge l’univers du Continental. On est clairement dans le haut du panier, le genre d’édition qu’on pose sur une étagère comme un trophée.
Côté image, ce Blu-ray 4K Ultra HD frappe fort. Très fort. Le master bénéficie du Dolby Vision et du HDR10, et autant dire que John Wick n’a jamais paru aussi affûté. Les noirs, fondamentaux dans ce ballet nocturne, gagnent en profondeur sans jamais s’écraser. Les néons bleus, violets et rouges scintillent avec une précision quasi chirurgicale, rappelant à quel point le film repose sur une esthétique graphique proche du néo noir contemporain. Les détails du visage de Keanu Reeves – barbe, cicatrices, pores, fatigue existentielle – ressortent avec une netteté impressionnante. Les scènes d’action, souvent éclairées par des sources multiples, profitent pleinement de la dynamique HDR : chaque flash de tir, chaque reflet métallique, chaque goutte de pluie semble gagner en matière. On pourra noter, dans deux ou trois plans très sombres, un léger bruit résiduel, mais rien qui ne vienne gâcher l’expérience. Globalement, ce Blu-ray 4K Ultra HD s’impose comme la meilleure manière de redécouvrir le film. Le son, lui, joue dans la même cour – celle de l’excellence absolue, du genre qui nous ferait un deuxième trou au cul. La VO mixée en Dolby Atmos est une véritable démonstration de spatialisation : les balles fusent dans toutes les directions, les impacts résonnent avec une précision presque tactile, et les ambiances du Continental enveloppent le spectateur comme un manteau sonore luxueux. Les basses sont profondes mais jamais baveuses, les dialogues restent parfaitement clairs même au cœur du chaos, et la verticalité du mixage apporte une ampleur supplémentaire aux fusillades. La version française, toujours disponible en DTS-HD Master Audio 5.1, s’en sort très honorablement : dynamique, propre, bien équilibrée, même si elle ne peut rivaliser avec la précision chirurgicale de sa grande sœur la VO. Les amateurs de version française y trouveront néanmoins un mixage solide, ample et respectueux de l’intention originale.
Dans la section suppléments, outre un riche commentaire audio des deux réalisateurs du film, on trouvera une série de featurettes particulièrement sympathiques. Le module Faut pas faire ch*/#% John Wick suit les sessions d’entraînement de Keanu Reeves, avec également un œil largement jeté aux répétitions des diverses chorégraphies du film. On y apprend notamment que Keanu Reeves a réalisé lui-même toutes ses cascades (« quel homme ce Keanu », me souffle ma femme à l’oreille). Dans La cavalerie arrive, l’équipe revient sur la mise en chantier du film, et sur les choix de casting qui ont été faits (on notera qu’ils ont bien fait de préférer Keanu Reeves à Woody Allen dans le rôle titre). Passionnant, le module intitulé Deux hommes, un destin revient sur la carrière des deux réalisateurs, Chad Stahelski et David Leitch : d’abord cascadeurs, les deux lascars ont été promus chorégraphes de scènes d’action, puis ont obtenu le grade de réals de seconde équipe, avant d’atterrir aux manettes de John Wick. Un itinéraire professionnel résumé en un éclair. Le module Le code de conduite des tueurs dresse un parallèle entre l’univers visuel de la maison de John Wick et celui des tueurs. Comme son nom l’indique, le sujet Le red circle revient sur le design très particulier donné à la boite de nuit de la mafia russe, et à la monumentale scène d’action qui y prend place. Enfin, La face obscure de New York revient sur la façon dont les auteurs ont essayé, par les cadrages et les jeux de lumières, de modifier l’apparence de la Big Apple dans le film. Enfin, une série de bandes-annonces de l’éditeur ferme le bal.
Vous pensiez que c’était terminé ? Monumentale erreur ! En effet, Metropolitan Film & Video ne s’arrête pas là : le SteelBook inclut un deuxième Blu-ray 4K Ultra HD entièrement consacré au documentaire Il était une fois John Wick (Wick is Pain en VO), qui s’avère une véritable pépite. En un peu plus de deux heures, Jeffrey Doe y retrace la genèse de la saga, les galères de production, les choix artistiques radicaux, et la passion dévorante de Keanu Reeves pour ce projet. Le film révèle les coulisses d’un tournage épuisant, les sacrifices physiques du casting, et la vision de Chad Stahelski, qui a transformé un petit film de vengeance en franchise culte. Un must pour les fans, qui s’avère d’autant plus indispensable qu’il est ici proposé au format Blu-ray 4K Ultra HD, en Dolby Vision + HDR10. Le format 4K pour un documentaire bonus est un luxe rare, et ici pleinement justifié : les images de répétitions, les essais de cascades et les extraits restaurés profitent réellement du gain de définition. On ressort de ces 125 minutes avec l’impression d’avoir suivi un séminaire intensif sur la fabrication d’un mythe moderne.
En résumé, cette édition Blu-ray 4K Ultra HD SteelBook 10ème anniversaire de John Wick est un petit bijou. Un objet pensé pour durer, pour être admiré, pour être revu encore et encore. Une édition qui honore le film, son esthétique, son héritage, et qui rappelle pourquoi John Wick a marqué le cinéma d’action contemporain. Metropolitan Film & Video signe ici un indispensable pour tout amateur de belles éditions et de gunfights chorégraphiés avec la précision d’un horloger suisse. Alors, on dit merci qui ? Merci Jackie et Michel Metropolitan !

























