9 Palmes d’or à l’honneur aux Fauvettes

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Alors que le cycle Pedro Almodovar – le réalisateur cannois par excellence – y commence dès aujourd’hui, le cinéma de répertoire rendra hommage au d’une façon encore plus explicite à partir du mercredi 11 mai, jour d’ouverture de la 69ème édition. Neuf films ayant obtenu la récompense suprême du festival, la Palme d’or, y seront projetés jusqu’au 31 mai, selon une répartition chronologique un peu plus approximative que celle du cycle des films oscarisés du mois de février, lorsque un film représentait chaque décennie du trophée hollywoodien. Comme annoncé précédemment, la sélection Cannes Classics sera au moins partiellement reprise aux Fauvettes à partir du 1er juin 2016.

ParapluiesDeCherbourg

La Palme d’or du 17ème , choisie par le jury du président Fritz Lang.

(1964) de Jacques Demy (France, Comédie musicale, 1h31) avec Catherine Deneuve, Nino Castelnuovo et Anne Vernon

Parmi les autres titres en compétition : Cent mille dollars au soleil de Henri Verneuil, La Peau douce de François Truffaut, La Femme des dunes de Hiroshi Teshigahara et Le Mangeur de citrouilles de Jack Clayton

Après le festival : Cinq nominations aux Oscars et un succès populaire qui ne se démentit pas depuis un demi-siècle. Jacques Demy, Catherine Deneuve et Michel Legrand allaient refaire équipe trois ans plus tard pour le plus lumineux mais tout aussi réussi Les Demoiselles de Rochefort. Version restaurée en 2013.


 

BlowUp

La Palme d’or du 20ème , choisie par le jury du président Alessandro Blasetti.

(1967) de Michelangelo Antonioni (Royaume-Uni, Drame, 1h51) avec David Hemmings, Vanessa Redgrave et Sarah Miles

Parmi les autres titres en compétition : Mouchette de Robert Bresson, J’ai même rencontré des tziganes heureux de Aleksander Petrovic, Terre en transe de Glauber Rocha et Ulysses de Joseph Strick

Après le festival : Deux nominations aux Oscars pour la réalisation et le scénario. Les prix de la National Society of Film Critics du Meilleur Film et du Meilleur réalisateur. Premier de trois films anglophones du maître italien, suivi par Zabriskie point et Profession reporter. Hommage de Brian De Palma à travers Blow out en 1982. Ressortie nationale qui coïncide avec le cycle aux Fauvettes.


 

Epouvantail

La Palme d’or du 26ème , choisie par le jury de la présidente Ingrid Bergman [ex aequo avec La Méprise de Alan Bridges].

L’Epouvantail (1973) de Jerry Schatzberg (Etats-Unis, Drame, 1h52) avec Gene Hackman, Al Pacino et Dorothy Tristan

Parmi les autres titres en compétition : La Grande bouffe de Marco Ferreri, La Maman et la putain de Jean Eustache, La Planète sauvage de René Laloux et De l’influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites de Paul Newman

Après le festival : Echec au box-office américain. Premier film de Al Pacino après Le Parrain de Francis Ford Coppola. Gene Hackman allait être également à l’affiche de la Palme d’or de l’année suivante, Conversation secrète de Coppola. Jerry Schatzberg allait encore présenter deux autres de ses films en compétition à Cannes, quoique sans égaler le succès de L’Epouvantail.


 

ApocalypseNow

La Palme d’or du 32ème , choisie par le jury de la présidente Françoise Sagan [ex aequo avec de Volker Schlöndorff].

Redux (1979) de Francis Ford Coppola (Etats-Unis, Guerre, 3h22) avec Marlon Brando, Martin Sheen et Robert Duvall

Parmi les autres titres en compétition : Les Moissons du ciel de Terrence Malick, Série noire de Alain Corneau, Le Syndrome chinois de James Bridges et Woyzeck de Werner Herzog

Après le festival : Huit nominations aux Oscars dont celles du Meilleur Film et du Meilleur réalisateur. Oscars de la Meilleure photo à Vittorio Storaro et du Meilleur son. Documentaire Aux cœurs des ténèbres L’Apocalypse d’un metteur en scène en 1991 sur le tournage rocambolesque. Ressortie en grande pompe dans sa version Redux, notamment avec la séquence de la plantation française, au en 2001.


 

Tambour

L’autre Palme d’or du 32ème , choisie par le jury de la présidente Françoise Sagan [ex aequo donc avec de Francis Ford Coppola].

(1979) de Volker Schlöndorff (République Fédérale d’Allemagne, Drame d’enfance, 2h42) avec David Bennent, Mario Adorf et Angela Winkler

Parmi les autres titres toujours en compétition : Les Moissons du ciel de Terrence Malick, Série noire de Alain Corneau, Le Syndrome chinois de James Bridges et Woyzeck de Werner Herzog

Après le festival : Oscar du Meilleur Film étranger, ainsi que le prix des critiques de Los Angeles et du National Board of Review dans la même catégorie. Suite au succès du film, son réalisateur allait tenter sa chance à l’étranger avec des productions françaises (Un amour de Swann) et américaines (Mort d’un commis voyageur, La Servante écarlate). Ressortie en 2011.

https://youtu.be/_x-dJaSS3Og


 

LeconDePiano

La Palme d’or du 46ème , choisie par le jury du président Louis Malle [ex aequo avec Adieu ma concubine de Chen Kaige]. Egalement Prix de la Meilleure actrice pour Holly Hunter.

(1993) de Jane Campion (Australie, Drame, 1h57) avec Holly Hunter, Harvey Keitel et Sam Neill

Parmi les autres titres en compétition : Le Maître de marionnettes de Hou Hsiao Hsien, Si loin si proche de Wim Wenders, Ma saison préférée de André Téchiné et Naked de Mike Leigh

Après le festival : Huit nominations aux Oscars dont celles du Meilleur Film et de la Meilleure réalisatrice. Trois Oscars pour la Meilleure actrice Holly Hunter, la Meilleure actrice dans un second rôle Anna Paquin et le Meilleur scénario original par Jane Campion. César du Meilleur Film étranger. Jane Campion reste à ce jour la seule réalisatrice récompensée d’une Palme d’or. Elle a été la présidente du jury de la 67ème édition du festival en 2014, qui avait attribué sa Palme d’or à Winter sleep de Nuri Bilge Ceylan.


 

RubanBlanc

La Palme d’or du 62ème , choisie par le jury de la présidente Isabelle Huppert.

(2009) de Michael Haneke (Allemagne, Drame historique, 2h24) avec Christian Friedel, Leonie Benesch et Ulrich Tukur

Parmi les autres titres en compétition : Antichrist de Lars von Trier, Inglourious basterds de Quentin Tarantino, Un prophète de Jacques Audiard et Vincere de Marco Bellocchio

Après le festival : Deux nominations aux Oscars comme Meilleur Film étranger et pour la photo. Golden Globe du Meilleur Film étranger. Michael Haneke allait gagner sa deuxième Palme d’or trois ans plus tard, grâce à Amour et au jury de Nanni Moretti.


 

TreeOfLife

La Palme d’or du 64ème , choisie par le jury du président Robert De Niro.

(2011) de Terrence Malick (Etats-Unis, Drame, 2h18) avec Brad Pitt, Sean Penn et Jessica Chastain

Parmi les autres titres en compétition : The Artist de Michel Hazanavicius, Polisse de Maïwenn, Drive de Nicolas Winding Refn et Habemus papam de Nanni Moretti

Après le festival : Trois nominations aux Oscars dont celles du Meilleur Film et du Meilleur réalisateur. Très lent à faire de nouveaux films jusque là, avec seulement cinq titres en quarante ans de carrière, Terrence Malick a depuis accéléré le rythme en sortant A la merveille et Knight of cups, qui n’ont guère rencontré le même succès que .


 

VieDAdele

La Palme d’or du 66ème , choisie par le jury du président Steven Spielberg.

(2013) de Abdellatif Kechiche (France, Drame romantique, 2h59) avec Léa Seydoux, Adèle Exarchopoulos et Salim Kechiouche

Parmi les autres titres en compétition : Inside Llewyn Davis des frères Coen, Le Passé de Asghar Farhadi, La Grande bellezza de Paolo Sorrentino et La Vénus à la fourrure de Roman Polanski

Après le festival : Huit nominations aux César dont celles du Meilleur Film et du Meilleur réalisateur. César du Meilleur espoir féminin pour Adèle Exarchopoulos. Cette dernière a a priori le plus bénéficié du succès critique et public du film, puisque elle a été depuis à l’affiche de trois nouveaux films, dont le dernier était Eperdument de Pierre Godeau, sorti au mois de mars. Elle est d’ailleurs de retour en compétition à Cannes cette année, grâce à The Last Face de Sean Penn.


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