http://www.lebenssalz.ch http://www.paulplaza.nl http://www.ostendsurfing.be http://www.qsneaker.nl http://www.wtcbentille.be http://www.thegooddeal.ch http://www.kantoorencreatief.nl
Critiques de films Documentaire — 26 janvier 2018
Critique : L’insoumis

L’insoumis

France : 2017
Titre original : –
Réalisation :
Distribution :
Durée : 1h35
Genre : Documentaire
Date de sortie : 21 février 2018

4/5

Dans ses deux derniers films, et , le documentariste Gilles Perret s’était penché sur deux moments importants de notre histoire, l’action du Conseil National de la Résistance pour le premier, la création de la Sécurité Sociale pour le second. Le premier de ces films l’avait amené à interviewer , une rencontre qui lui avait donné l’envie de tourner un film mettant en scène celui qu’il considère comme étant un vrai personnage de cinéma. Suivre et filmer la campagne menée par pour la Présidentielle de 2017 était l’occasion rêvée, d’autant plus que, pour Gilles Perret, ce candidat était celui qui portait au plus haut les questions sociales et environnementales qui ont alimenté l’ensemble de sa filmographie. a accepté que Gilles Perret le suive durant toute sa campagne : une version courte du documentaire a été diffusée sur Public Sénat en août dernier, la version longue va avoir droit à une sortie en salles. Un film passionnant pour quiconque s’intéresse à la politique, quelles que soient ses idées.

Synopsis : Avec ses hauts, ses bas, sa tendresse, son humour, et sa virulence, Jean-Luc Mélenchon est un vrai personnage de film. Qu’il soit haï ou adulé, il ne laisse personne indifférent. Sa campagne présidentielle de 2017 n’a ressemblé à aucune autre dans le paysage politique contemporain. C’est durant ces moments intenses de sa vie, et de celle de la France, que Gilles Perret l’a accompagné au plus près. Une période propice à la découverte des côtés moins connus d’un homme indissociable de sa pensée politique.

Un candidat en campagne

C’est par la préparation d’un discours en compagnie de Sophia Chikirou, sa Directrice de la communication, que Gilles Perret nous introduit auprès de Jean-Luc Mélenchon. Nous sommes dans les premiers jours de février, le premier tour de l’élection présidentielle va avoir lieu dans deux mois et demi, Benoît Hamon, le candidat du Parti Socialiste, est crédité de 18 % des voix dans les sondages alors que Jean-Luc Mélenchon est loin derrière, avec seulement 10 %. Et pourtant, Mélenchon est persuadé qu’il va gagner !

Par certains côtés, voir L’insoumis, c’est un peu comme regarder un film avec un gros suspens qui aurait comme particularité le fait que l’on connait tous la fin de l’histoire. En effet, de ce début février jusqu’au 23 avril 2017, date du premier tour, nous allons suivre, un peu partout en France, un homme qui se rapproche petit à petit d’une victoire possible, un homme qui croit jusqu’au bout dur comme fer qu’il va l’emporter. Cet homme est loin d’être seul, il est entouré d’une équipe de campagne très jeune, avec, entre autres, un Directeur de campagne, des responsables de programme, une attachée de presse, un porte-parole. Gilles Perret filme les trajets en TGV, les meetings, les débats télévisés, les réunions politiques avec l’équipe de campagne et ses propres discussions avec le candidat.

On croit le connaître, mais …

Il est presque certain que l’opinion des spectateurs sur la personne de Jean-Luc Mélenchon ne va pas fondamentalement changer à la vision de L’insoumis. Face à ce personnage clivant, l’opinion est en générale très binaire, on l’aime ou on le déteste. Mais, après tout, on ne le connait en général qu’au travers de ce qu’en montrent les médias et on peut se poser la question : est-il aussi clivant que ce qu’on nous montre de lui en général ? En fait, sans être particulièrement hagiographique, L’insoumis nous montre un Mélenchon quelque peu différent de ce qu’on peut voir de lui dans les émissions de télévision qui lui sont consacrées ou de ce qu’on dit de lui dans la presse écrite et la presse parlée. Certes, il n’apparait jamais comme étant un personnage lisse, caressant les médias dans le sens du poil, certes ses rapports avec certaines chaines de télévision et avec certains journalistes peuvent être qualifiés d’exécrables mais, par contre, il s’avère tout à fait capable d’écouter les conseils qu’on lui donne, tout à fait capable de plaisanter avec des personnes qui ne partagent pas forcément ses idées, tout à fait capable de montrer une émotion qui n’a rien d’artificielle lorsqu’il parle des immigrés et des 2 enfants qui se noient par jour dans la Méditerranée, tout à fait capable d’entretenir une relation très sereine avec son entourage, sans aucune tension, même dans les moments les plus délicats de la campagne. En fait, on prend conscience que cet homme d’une grande culture est un véritable écorché vif et que son comportement est dicté par le fait qu’il ne supporte pas ce qu’il considère, à tort ou à raison, comme étant des injustices.

 

Des choix de réalisation

C’est tout seul, sans être entouré d’une équipe technique, que Gilles Perret a tourné L’insoumis. Alors qu’il était prévu au début un passage par Sophia Chikirou, la directrice de communication, pour avoir l’autorisation de tourner, Gilles Perret a pu très vite filmer n’importe quand et n’importe où. Dans son film, il n’apparait aucune image d’archive et il n’est jamais fait appel à une voix off. C’est ainsi que le spectateur se trouve véritablement immergé dans l’action du candidat et de son équipe. Il est évident que Gilles Perret ne pouvait pas ne pas s’intéresser au fameux meeting de Lyon avec l’hologramme apparaissant à Paris mais il a l’intelligence de ne pas en faire des tonnes sur ce sujet, préférant en fait s’attarder sur le choix de la veste plutôt que sur cette nouveauté technique dans le cadre d’une campagne électorale.

Mis à part les nombreuses paroles de Mélenchon recueillies par Gilles Perret que ce soit en marchant à ses côtés, lors de déplacements en train ou de séances de maquillages, on retiendra tout particulièrement la manifestation parisienne du 18 mars, pour une 6ème République, au cours de laquelle est lancé « la République inachevée tant que le peuple n’est pas souverain dans son pays, en tout et pour tout », la chaleur du meeting de Marseille, la lucidité dont fait preuve le candidat lors de la discussion qu’il a en off avec la journaliste  de RTL Elizabeth Martichoux, en présentant les attaques dont il allait être l’objet de la part de la plupart des médias. Plus, bien sûr, le grand moment de déception lors de l’annonce des résultats du premier tour.

On remarquera par ailleurs le petit plaisir que s’est fait Gilles Perret en filmant un titre de L’Humanité Dimanche : « Votre bulletin pour des jours heureux » ! Façon de montrer la filiation de L’insoumis avec ses films précédents !

Conclusion

Mis à part avec Depardon et 1974, une partie de campagne, le cinéma hexagonal ne nous avait jamais convié dans les coulisses d’une campagne électorale dans le cadre d’une élection présidentielle. Avec au moins deux différences importantes entre le film de Depardon et celui de Perret : le premier de ces films était une commande du candidat Giscard d’Estaing alors que, pour L’insoumis, c’est le réalisateur qui a proposé cette réalisation au candidat ; Pour 1974, une partie de campagne, il a fallu attendre 28 ans pour que Giscard d’Estaing donne son autorisation pour la sortie du film en salles, alors que L’insoumis va sortir 10 mois après l’élection présidentielle de 2017. Environ un an après les faits, ce film permet aux spectateurs de se trouver véritablement immergés dans l’action d’un candidat en campagne et de son équipe.

Articles semblables

Partage

Auteur

Jean-Jacques

Cet article a été rédigé par Jean-Jacques Corrio, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles