Week-end Royal

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Angleterre : 2012
Titre original :
Réalisateur :
Scénario : Richard Nelson
Acteurs : , , , ,
Distribution : Diaphana Distribution
Durée : 1h35
Genre : Drame, Romance, Comédie
Date de sortie : 27 février 2013

Globale : [rating:3][five-star-rating]

Été 1939, le couple royal d’Angleterre rend visite au président américain Roosevelt à la veille de la guerre. Profitant de cet épisode historique, Roger Michell dresse le portrait intime d’un des hommes les plus importants de l’Amérique du 20 ème siècle. 

SynopsisJuin 1939, le Président Franklin D. Roosevelt attend la visite du roi George VI et de son épouse Élisabeth, invités à passer le week-end dans sa propriété à la campagne. C’est la première visite d’un monarque britannique aux États-Unis. La Grande-Bretagne se prépare à entrer en guerre contre l’Allemagne et espère obtenir l’aide américaine. Les bizarreries et l’étrange mode de vie du président étonnent les souverains.

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Le président et ses femmes

Vieillissant (il est à l’aube de la soixantaine), malade, épuisé par la crise économique, conscient de l’inexorable propagation du conflit européen au monde, le président Roosevelt gouverne le pays en se réfugiant dès qu’il le peut dans la maison familiale de Hyde Park sur Hudson.

Là, entre deux décisions, entre deux allocutions radiophoniques, il s’occupe de sa collection de timbres et vit entouré des nombreuses femmes de sa vie : Eleanor, son épouse, qui le rejoint pour les manifestations plus ou moins officielles et vit le reste du temps de son côté, avec d’autres femmes, Missy, sa secrétaire dévouée à l’extrême et dont on comprend qu’il a fait sa maîtresse, Daisy, la cousine éloignée appelée par sa mère pour lui tenir compagnie et avec qui il va nouer une tendre relation, Mme Roosevelt, sa mère, omniprésente, rappelant sans cesse à tous qu’ils sont chez elle même si elle a probablement tout fait pour maintenir cette dépendance, prenant presque sa part des affaires du monde lorsqu’elle reçoit le couple royal d’Angleterre ou lorsqu’elle se tient aux côtés de son président de fils lors des discours radiophoniques. Et puis il y a les femmes que l’on ne voit pas : les autres cousines qui se sont succédées avant Daisy, l’architecte qui lui a construit son refuge, une petite maison isolée et à Roosevelt a promis d’y vivre ensemble à sa retraite.

Hyde Park on the Hudson

Le président et sa maladie

Michelle brosse le portrait, par touches assez émouvante, d’un président à la fois obligé de subir sa maladie mais l’ignorant presque autant qu’il le peut. D’un homme fort malgré tout. Fort contre lui : il conduit lui- même sa voiture qu’il a fait adapter, il plonge dans la piscine, il multiplie les occasions de dompter ses jambes en s’armant de béquilles ou en s’appuyant d’un côté, très lourdement pour celui qui le tient, sur un bras solide et en maniant avec presque légèreté une simple canne de l’autre côté, il séduit les femmes à tout va. Fort dans la construction de son image lorsqu’il reçoit ses hôtes sur le perron de sa maison et les fait accompagner dans le salon pendant qu’il se fait porter en passant par l’extérieur pour les retrouver confortablement installé comme la chose la plus naturelle du monde ou lorsqu’il (c’était avant les paparazzis) se laisse photographier une fois installé dans son véhicule, surtout pas avant (ce serait bien impossible aujourd’hui…). Force enfin d’un homme qui a compris que l’on ne le verrait pas malade s’il ne se complaisait pas à l’être.

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Le président et l’avenir du monde

Président au champ ? Même pas, surtout pas. Lorsqu’il fait le choix mûri de recevoir le roi et la reine d’Angleterre à Hyde Park sur Hudson, c’est qu’il sait que le pays refuse la guerre et voit d’un mauvais œil le rapprochement avec l’Angleterre, c’est qu’il sait que l’image du roi, maladroit, bègue ne se redorerait pas sous les lumières du protocole mais aurait tout à gagner à séduire les américains en croquant à pleine dents dans un hot dog lors d’un pique nique sans façon, c’est qu’il sait enfin que le monde n’échappera pas au chaos si l’Amérique ne rompt pas définitivement avec les tentations de l’isolationnisme.

Bill Muray porte merveilleusement le film, à la fois fragile et fort. Il nous rend proche cet homme parmi les plus marquants de son époque. Et les femmes qui l’accompagnent, de la discrète Daisy (Laura Linney) à l’indépendante Eleanor (Olivia Williams) en passant par compréhensive Missy (Élisabeth Marvel) et la toujours présente Sara Ann Delano Roosevelt (Élisabeth Wilson), forment un ensemble très homogène. Mentionnons bien sur Georges VI (Samuel West) et son épouse Élisabeth (Olivia Colman) terrorisés par les enjeux de leur visite et si mal à l’aise avec leurs « cousins américains » qu’ils en sont extrêmement touchants.

Résumé

Chronique en demi-teintes, à la fois douce et tendre, triste et un peu nostalgique d’une Amérique qui bascule, d’un homme à femmes, qui aime le sexe, qui les aime même mais ne leur donne que peu, Week-end royal nous balade dans la douceur de la campagne américaine, à la fois un peu éloignée des affres du monde, monde dont la complexité n’échappe pas un instant à celui qui semble se distraire, qui semble seulement…

[youtube]http://youtu.be/O1oX-74xjjw[/youtube]

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