Vacances à Venise

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affiche

États-Unis, Angleterre : 1955
Titre original :
Réalisateur :
Scénario : David Lean,
Acteurs : , ,
Distribution : –
Durée : 1h39
Genre : Romance, Drame
Date de sortie : 28 octobre 1955

Globale : [rating:3][five-star-rating]

Premier film américain de David Lean, Vacances à Venise n’aurait pu être qu’un catalogue de vacances à la gloire de « la sérénissime ». Le réalisateur a échappé à ce piège pour livrer une chronique intime à l’image des ruelles de la ville.

Synopsis : Jane, dynamique quadragénaire américaine, mais toujours célibataire, arrive à  Venise pour y passer ses vacances. Le romantisme de la ville lui fait davantage ressentir le poids de sa solitude jusqu’à ce que l’amour mette sur son chemin un séduisant antiquaire vénitien. Mais  le bel italien est marié… 

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Brève rencontre

Cinéaste de « Brève rencontre » (Brief encounter) en 1945, David Lean nous rejoue dix ans plus tard l’attirance irrésistible de deux êtres que les conventions morales vont séparer. Comme dans « Brief encounter » le film s’ouvre sur un train et se termine sur un train, comme dans « Brief encounter » les amants se séparent par devoir.

Jane Hudson (Katharine Hepburn), « vieille fille » américaine parcourt l’Europe caméra au poing bien décidée à aimer les lieux visités. Elle tombe bien évidemment sous le charme de Venise mais très vite sa caméra, substitut au compagnon de voyage qu’elle n’a pas, se révèle cruellement insuffisante pour masquer sa solitude.

Vieux couple installé (les MacIlhenny), jeune couple houleux (les Yaeger), veuve sans préjugé (la signora Forini), le monde autour d’elle va par deux.

Remarquée et draguée par un beau quadragénaire italien, elle résiste à elle-même avant de lui résister – un peu – sortant avec une maladresse et un émoi touchant de sa réserve, se braquant lorsqu’elle apprend qu’il est marié et père avant finalement de succomber. Quand-même.

Mais on ne met à mal, surtout dans les années 50, son sens moral et devant cet amour sans issue, elle préfère s’éloigner.

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Pour un cœur solitaire

David Lean filme à merveille dans un Technicolor flamboyant les méandres du cœur de son héroïne dans une Venise sous le soleil estival.

Il n’est bien sur pas avare des plans sur la Sérénissime, sa place St Marc, ses canaux… mais échappe quand-même à la revue touristique en donnant de l’épaisseur à ses deux personnages centraux et surtout à celui de Katharine Hepburn.

Fragile, émouvante, se cachant derrière sa caméra ou derrière un verre de bourbon, apparemment conviviale et ouverte aux autres mais se refermant dès que l’intime est touché, Katharine Hepburn est une Jane Hudson criante de vérité. Ses tenues stricte  la dérobent aux regards jusqu’au soir où elle ose  dénuder sensuellement ses épaules dans une robe achetée le jour-même. Elle ressemble à une « italienne » dit-elle mais c’est plus qu’un vêtement qu’elle abandonne, c’est une  posture mentale toute de retenue)  Une Jane Hudson qui n’arrivant pas échapper à son sentiment de culpabilité et qui faute de pouvoir vivre  complètement sa liaison et son amour préfère retourner à sa solitude  (peut-être pas définitivement ).

C’est certes la rencontre de deux êtres mais c’est aussi celle de Jane Hudson avec Venise, une ville dont elle tombe  sous le charme et dont la délicieuse mélancolie va la révéler enfin à elle-même.

 

Résumé

Katherine Hepburn se perd parfois dans Venise, se heurtant à un cul de sac ou tombant dans le canal mais elle trouve le chemin de son cœur et c’est là la leçon de ce film moins académique et plus subtil qu’il ne pourrait y paraître.

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