The Bunny Game

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afficheThe Bunny Game

États-Unis : 2010
Titre original : –
Réalisateur : Adam Rehmeier
Scénario : Adam Rehmeier, Rodleen Getsic
Acteurs : Rodleen Getsic, Jeff Renfro et Gregg Gilmore
Distribution : –
Durée : 1h16
Genre : Horreur
Date de sortie : –

Globale : [rating:3][five-star-rating]

Pour vous, j’ai bravé les interdits en me procurant sous le manteau le DVD de The Bunny Game en version intégrale, toujours dans les griffes intraitables de la censure britannique. Très violent et réservé à un public très averti, The Bunny Game est surtout un film d’horreur expérimental et une performance artistique.

Synopsis : Une prostituée toxicomane se fait enlever par un routier qui va lui faire subir les plus violentes humiliations…

femme attachée

Un film choquant mais en rien sanglant

The Bunny Game n’est pas du tout un « torture porn » dans la lignée de Saw  ou Hostel. Le scénario est simple : une jeune prostituée toxicomane fait la rencontre fatale avec un routier qui va lui infliger un traitement de tortionnaire très pervers. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, The Bunny Game ne contient aucune scène sanglante. Si le film s’ouvre directement par une séquence choquante (une fellation bien plus que suggérée) il n’est pas pornographique non plus.

Le film montre sans ménagement la vertigineuse déchéance d’une femme. Son existence est une errance totale ponctuée d’une scabreuse sexualité et la prise permanente de cocaïne. Une spirale infernale qui mène à un client : un routier qui a fait de sa remorque l’antichambre de toutes ses perversités sexuelles et meurtrières. Il va réduire sa victime au stade d’objet et de martyr dans une rage sadique.The Bunny Game est construit sur une succession de séquences de brutalités, d’humiliation et de maltraitance. Un véritable électrochoc qui ne laisse aucun répit à la victime et au spectateur jusqu’au dénouement. L’acharnement atteint des sommets de bestialité dans une violence dérivée du sadomasochisme criminel: maintenir la proie entre la vie et la mort par des strangulations et étouffements.

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L’horreur expérimentale proche de la performance artistique

L’impact horrifique est basé sur la répétition des scènes comme autant de coups de marteau visant à marquer les esprits. Le montage assure cette fonction qui ne s’embarrasse pas de séquences qui font presque des doublons. Cette caractéristique a son corollaire : le montage reste très approximatif. D’autant que s’intercalent des plans très courts donnant un visuel parfois très psychédélique. The Bunny Game a néanmoins une qualité photographique grâce au noir et blanc qui colle parfaitement au film et lui confère un esthétisme honorable.

Le film a été tourné sur un budget réduit et sur une quinzaine de jours. Cette contrainte semble avoir poussé les acteurs à se dépasser. En particulier pour l’actrice et chanteuse Roddleen Getsic. Son interprétation est tout simplement exceptionnelle et s’apparente à une performance artistique hors norme et rare. Enchainée, violentée, martyrisée, elle contre son tortionnaire en se débattant dans un corps à corps époustouflant. Sa souffrance qui échappe à toute échelle de graduation est d’un réalisme saisissant. Entre suffocation et hurlements on se surprend à frissonner.

Il reste à souligner à quel point The Bunny Game laisse le spectateur dans une position inconfortable. La narration et le scénario sont tellement circonscrits à la violence, que le film n’a pas de grille de lecture secondaire, voire de sens. L’approche très expérimentale de l’horreur en jouant des codes sadomasochistes et criminels sonne comme une proposition artistique. Ce positionnement n’offre alors qu’une possibilité binaire : accepter ou rejeter le film en bloc.

 

Résumé

The Bunny Game s’avère très fonctionnel en assénant un choc visuel. Il ne faut pas en attendre davantage, notamment sur la profondeur de son propos. L’intention du réalisateur est de se prêter à un exercice de style purement artistique. A ce titre, The Bunny Game est maintenu injustement  bien à distance du cinéma de genre par une censure obsolète. Avis aux amateurs : August Underground Penance de Fred Vogel (2007) va même un cran au-dessus avec la seule mention « interdit au moins de dix-huit ans » !

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