DVD — 30 octobre 2019
Test DVD : Les rescapés

 
Pologne, Pays-Bas, Allemagne : 2018
Titre original :
Réalisation :
Scénario : Adrian Panek
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h25
Genre : Drame, Guerre
Date de sortie DVD : 26 octobre 2019

 

1945. La guerre vient de se terminer. Partout c’est le chaos. Un groupe d’adolescents libérés d’un camp de concentration s’installe en pleine forêt, dans un manoir abandonné. Ils ne connaissent que la violence et la peur. Le palais est envahi par des chiens-loups affamés. Les enfants sont obligés de s’unir pour se défendre…

 


 

Le film

[4/5]

Une précision s’impose d’entrée de jeu concernant Les rescapés. Malgré ce que pourrait laisser croire son titre international, Werewolf, avec lequel il a récemment fait la tournée des festivals à travers le monde, le film d’Adrian Panek n’est pas un film fantastique, et encore moins un « film de loup-garou » : il s’agit en réalité d’un drame psychologique plutôt âpre, mettant en scène un groupe hétéroclite de jeunes enfants polonais échappés d’un camp de concentration luttant pour leur survie au cœur d’une forêt envahie par des chiens affamés.

Qu’il s’agisse du début du film mettant en scène le camp de Gross-Rosen ou, par la suite, dans la forêt d’Europe centrale dans laquelle se déroule la plus grosse partie du récit, la notion de « mal » domine clairement le film et plane telle une ombre au-dessus de sa bande de gosses : un mal incompréhensible et cruel, frappant à l’aveugle, et donnant au film des allures de mélange entre « Sa majesté des mouches » et « Le petit chaperon rouge », autres récits liés à l’enfance dont la cruauté n’est plus à démontrer. Combinant habilement des thématiques héritées du film de guerre et du cinéma d’horreur le plus atmosphérique, Les rescapés s’impose également comme un brillant récit de « coming of age » au cœur duquel le passage à l’âge adulte se fait – et c’est le moins que l’on puisse dire – dans la douleur.

Néanmoins, et comme on le disait en préambule, le côté horrifique des Rescapés se limitera au développement durant tout le récit ou presque d’une ambiance de terreur sourde, provoquant un malaise durable chez le spectateur pendant toute la durée du métrage. Pour le reste, il est clair que le film d’Adrian Panek garde le pied nettement plus ancré dans le naturalisme et la description d’un effroyable drame humain que du côté de la fable surnaturelle. Car si le mal rôde toujours autour du groupe de jeunes gens, il n’est pas uniquement représenté par les chiens du camp errant dans la forêt – des soldats russes ou allemands ayant perdu la raison rodent également dans les parages… Les jeunes gens, dont les agissements sont au départ comparables à ceux des chiens – prêts à se battre pour la nourriture et leur place dans la meute – vont donc devoir passer au-dessus de leurs différences et s’unir afin de combattre un ennemi commun, tout en réapprenant ou ré-apprivoisant petit à petit leur humanité après des années de traitements brutaux infligés par des adultes.

La première partie des Rescapés s’avère d’une grande force dramatique, et parvient à placer sur l’échiquier les forces en présence d’une façon assez riche, pleine de tension et de suspense. A mi-chemin cependant, la narration se délitera un peu à force de stagnation et de sous-intrigues pas forcément indispensables. En revanche, le trio de personnages principaux est bien développé d’un point de vue psychologique, avec même une espèce de légère tension sexuelle semblant poindre au cœur de ce triangle. Les jeunes acteurs paraissent exceptionnels de naturel et réellement convaincants, la photo baignée dans les tons de bleu-vert de Dominik Danilczyk parvient à donner une dimension angoissante aux décors et aux paysages – pourtant pour le moins bucoliques – du film, de même que la musique signée Antoni Komasa-Lazarkiewicz nous plonge au cœur du récit avec une partition pleine d’un lyrisme sombre, soulignant parfaitement les démons intérieurs des personnages principaux.

 

 

Le DVD

[4/5]

Il n’y a pas à se plaindre, le DVD des Rescapés édité par Rimini Éditions nous permettra de découvrir ce film polonais mélangeant habilement les genres dans des conditions tout à fait satisfaisantes. Si les qualités techniques du film d’Adrian Panek et la sublime photo signée Dominik Danilczyk auraient sans doute mérité un encodage en haute définition, on admettra tout de même que la galette DVD qui nous est proposée ici par l’éditeur est techniquement très solide, et fait honneur aux qualités du métrage. De plus, on ajoutera que c’est également une grande chance de pouvoir toujours compter sur des éditeurs prêts à se lancer dans l’aventure du DTV en France, quel que soit le format, ce qui, économiquement parlant, est loin d’être évident étant donné le nombre ahurissant de téléchargements illégaux tournant malheureusement autour des films de genre. Et comme on l’a déjà souligné un peu plus haut, il faut de toute façon avouer que Rimini est rodé au format DVD, et que l’éditeur nous propose une nouvelle fois un master sans faille : définition, piqué et couleurs composent parfaitement avec les limites d’un encodage en définition standard. VF et VO sont proposées en Dolby Digital 5.1, dans des mixages dynamiques et bien enveloppants, qui vous réserveront à coup sûrs de jolis sursauts à chaque « jump scare ».

Dans la section suppléments, on trouvera la traditionnelle bande-annonce du film.

 

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Auteur

Cet article a été écrit par Mickaël Lanoye, rédacteur cinéma / DVD / Blu-ray sur Critique-film.fr. Lire tous ses articles