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DVD — 11 octobre 2018
Test DVD : Les marais de la haine

 
États-Unis : 1974
Titre original : ‘
Réalisation : ,
Scénario : Beverly Sebastian
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h24
Genre : Thriller, Action
Date de sortie cinéma : 13 juillet 1977
Date de sortie DVD : 2 octobre 2018

 

 

Depuis la mort de ses parents, Desiree Thibaudeau s’occupe de sa petite famille, n’hésitant pas à aller chasser l’alligator dans les marécages de sa Louisiane natale. Un jour, le fils du shérif, Billy Boy, et son copain Ben, l’aîné d’une fratrie de rednecks, la surprennent en plein braconnage. Refusant leurs avances contre leur silence, la virée tourne mal et Ben est tué accidentellement par Willy Boy. Ce dernier laisse entendre à son père que Desiree est la meurtrière. Apprenant la nouvelle, le père de Ben réunit alors tous les rednecks de la région pour donner la chasse à la jeune femme…

 

 

Le film

[3/5]

La figure du « plouc » américain ou « redneck » fait partie intégrante de la culture populaire. Selon la région des États-Unis d’où ils proviennent, on les appelle parfois « hillbillies », « crackers », « moonshiners » ou tout simplement « hicks ». Dans l’inconscient collectif, on a automatiquement en tête cette image du péquenaud abruti, nu sous sa salopette, chapeau de paille ou casquette vissés sur la tête. Une représentation pittoresque et globalement sympathique, popularisée par son omniprésence au cœur des dessins animés, comédies et autres séries TV durant les années 70/80 – tout le monde a vu Peter et Elliott le dragon ou la série Shérif fais moi peur, les rednecks sont « rigolos », et de nos jours, la tradition du gentil plouc se perpétue dans plusieurs genres artistiques, des comics (Redneck de Donny Cates et Lisandro Estherren) à la photo (Robert Alvarado) en passant par la musique (Steve ‘n’ Seagulls).

Mais du côté du cinéma dit « de genre », les choses sont un peu différentes : dès les années 60/70, le redneck pouvait déjà développer une image plus inquiétante et violente qu’à l’accoutumée, notamment dans le cinéma de Russ Meyer ou celui d’Herschell Gordon Lewis. Mais c’est surtout avec Delivrance (John Boorman, 1972), marquant la naissance des genres du « survival » puis du « rape and revenge » que le redneck deviendrait un symbole de danger. Dégénérés, consanguins, ne jurant que par les armes, le viol et la loi du talion, les rednecks vivant dans le bayou -forcément inhospitalier- des Marais de la haine (1974) sont donc de bien tristes représentants d’une humanité pervertie et crasse, dont la bêtise n’a d’égale que la violence. C’était d’ailleurs bien l’objectif du couple de scénaristes / réalisateurs composé par Beverly et Ferd Sebastian : surfer allégrement sur les thématiques abordées par le film de Boorman, tout en proposant cela dit deux valeurs ajoutées. La première c’est bien sûr la beauté trouble d’un véritable marais de Louisiane, décor naturel particulièrement bien exploité, qui apporte indéniablement une touche de poésie morbide à certaines séquences – notamment lors de certaines séquences donnant l’impression d’un décor en noir et blanc au cœur duquel apparaissent des personnages en couleurs. La deuxième c’est bien sûr l’héroïne du film, interprétée par Claudia Jennings, ex-playmate pour Playboy malheureusement disparue à l’âge de 29 ans, alors même que sa carrière commençait à réellement décoller. C’est indéniablement sa performance qui fait tout le prix du film, et grâce à elle, Les marais de la haine a, au fil des années, peu à peu gagné ses galons de film-culte.

Précurseur de film tels que I spit on your Grave, le film de Beverly et Ferd Sebastian met donc en avant une femme forte, assouvissant sa vengeance dans le sang. Bien sûr l’honnêteté nous oblige à reconnaître que le film manque peut-être un peu de tension et de violence, l’essentiel de l’intrigue se concentrant sur de répétitives courses-poursuites dans le Bayou. Néanmoins, l’ensemble s’avère tout à fait sympatoche, surtout dans le portrait sans concession et bien peu flatteur que le film dresse de l’Amérique profonde, les représentants de la loi n’étant finalement pas plus fréquentables que les rednecks. Mais ce sont surtout dans les excès, qui rythment occasionnellement Les marais de la haine (on pense notamment à un coup de fusil très inattendu durant la scène de tentative de viol sur la petite sœur de l’héroïne), que le spectateur trouvera son lot de frissons coupables.

 

 

Le DVD

[5/5]

C’est l’excellent éditeur Artus Films qui a décidé de sortir Les marais de la haine de l’oubli, avec une belle édition DVD proposée dans un beau digipack aux couleurs du film. A cette occasion, l’éditeur inaugure une nouvelle collection sobrement appelée « rednecks ». Techniquement, le DVD est en tous points excellent : le film est proposé au format 1.37 :1 respecté, et la définition est exemplaire, sans le moindre problème de compression ou autre pétouille technique (quelques défauts demeurent certes, mais sont imputables à l’âge et à la rareté du film). Côté son, VF et VO anglaise sont naturellement proposée au choix en Dolby Digital 2.0 d’origine. Les sous-titres sont clairs et sans fautes.

Du côté de la section suppléments, l’éditeur nous propose tout d’abord une longue présentation du film par Maxime Lachaud, auteur de l’ouvrage « Redneck Movies : Ruralité et dégénérescence dans le cinéma américain » (Rouge profond, 2014). Ce dernier y revient d’ailleurs non seulement sur le film, mais également sur le genre en général, et la figure du « redneck » dans le cinéma US. Passionnant et passionné, cet entretien d’environ 45 minutes s’avère une excellente surprise, à la fois instructive et finement analytique. On poursuivra ensuite avec un making of rétrospectif du film, durant lequel le couple de réalisateurs, Ferd et Beverly Sebastian, tous deux déjà assez âgés au moment de l’interview (papy et mamie font du cinéma de genre !), reviennent sur la genèse du film et les conditions de tournage. Un deuxième module nous propose de découvrir l’élevage de lévriers de Bervely Sébastian : le couple s’est en effet visiblement tourné vers la religion à un moment donné de leur existence et a abandonné le cinéma pour se consacrer aux chiens. On terminera avec un spot vidéo français pas piqué des hannetons (le film est sorti chez CIC Vidéo dans les années 80) ainsi que deux bandes-annonces (VF/VO), la bande-annonce française étant également surréaliste et souvent hilarante.

 

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Auteur

Cet article a été écrit par Mickaël Lanoye, rédacteur cinéma / DVD / Blu-ray sur Critique-film.fr. Lire tous ses articles