Test DVD : Les Âmes perdues

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Les Âmes perdues

France, Allemagne : 2023
Titre original : –
Réalisation : Garance Le Caisne, Stéphane Malterre
Scénario : Garance Le Caisne, Stéphane Malterre
Éditeur : Blaq Out
Durée : 1h39
Genre : Documentaire
Date de sortie cinéma : 3 mai 2023
Date de sortie DVD/BR : 3 octobre 2023

En 2014, un mystérieux déserteur, portant Ie nom de code César, divulgue des dizaines de milliers de photos des victimes du régime syrien, morts sous la torture. Alors que les suppliciés sombrent dans l’oubli et que des milliers de civils disparaissent, leurs familles, leurs avocats et un petit groupe d’activistes tentent de déposer des plaintes dans des tribunaux européens. Ce film raconte les rebondissements d’enquêtes et de procédures qui conduiront à l’émission de mandats d’arrêts contre les plus hauts responsables de l’administration de Bachar al-Assad, pour crimes contre l’humanité…

Le film

Les Âmes perdues est un documentaire signé Stéphane Malterre et Garance Le Caisne. Bien sûr, c’est aussi le titre d’un film fantastique avec Winona, réalisé en 2000 par le chef op historique de Steven Spielberg, Janusz Kaminski. De fait, il est possible que vous soyez tombé sur cette page en faisant une recherche sur le Net avant de regarder le film sur Netflix. Ne fuyez pas pour autant, on est sympa sur critique-film.fr, tenez, restez, il y a des croissants. Ou l’apéro. Tout dépend à quelle heure vous avez atterri ici.

Pour autant, on ne va pas se mentir, avec Les Âmes perdues cuvée 2023, on n’est pas tout à fait dans la même ambiance. En effet, ce documentaire – assez poignant dans son genre – suit le combat judiciaire des familles de disparus en Syrie sous le régime de Bachar al-Assad. Derrière ses atours absolument glaçants, le film de Stéphane Malterre et Garance Le Caisne s’avère une belle réussite, opérant un habile équilibre entre l’hommage sincère et émouvant aux victimes et la plongée étouffante dans les affres d’une justice qui semble impossible.

Les Âmes perdues commence en exposant au spectateur l’histoire d’un photographe de la police militaire syrienne, nom de code César, qui a collecté des dizaines de milliers de photos des victimes de la répression du printemps arabe à partir de 2011 – une répression s’étant faite dans le sang et, semble-t-il, la sauvagerie la plus totale. Avec l’aide d’un complice, il a stocké ses photos sur un disque dur et les a exfiltrées en Europe en 2014, où il vit d’ailleurs désormais sous protection policière pour éviter les représailles du régime de Bachar al-Assad.

Ces photos poignantes de cadavres tuméfiés et souvent torturés ont mis un visage sur les crimes de masse commis en Syrie. Ils constituent aussi une source potentielle de preuves pour intenter un procès à Bachar al-Assad, et c’est là que se situe toute la problématique du documentaire Les Âmes perdues. Le film suit en effet les familles des victimes et les victimes elles-mêmes qui tentent, par tous les moyens, de faire éclater la vérité. Contre toute attente, les deux réalisateurs français parviennent, par le rythme et l’émotion, à rendre lisibles des procédures juridiques complexes.

La difficulté principale pour les familles et les victimes que le spectateur sera amené à rencontrer dans Les Âmes perdues ne se situe pas tellement dans le fait de collecter des preuves, mais surtout dans le fait d’obtenir des États leur coopération dans l’instruction d’affaires qui les visent. Comment par exemple attester de l’authenticité des photos recueillies par César et répondre à Assad lorsqu’il affirme qu’il s’agit de vulgaires « fakes » photoshopés ?

Au fil des séquences du film, Stéphane Malterre et Garance Le Caisne parviennent la plupart du temps à anticiper les questions que le spectateur se pose, et leur maitrise habile du montage nous emporte au cœur d’une histoire tragique qui nous est véritable racontée avec solennité, mais en restant toujours « à hauteur d’homme ». Ce qui rend le visionnage du film parfois difficile, il est vrai. Difficile, mais important, dans le sens où Les Âmes perdues constitue à sa manière un devoir de mémoire et de vérité envers les victimes du régime syrien, qui interviennent à travers des témoignages glaçants et des coulisses judiciaires saisissantes.

Le DVD

[4/5]

De la même façon que le film en lui-même nous place bien au-delà du simple jugement esthétique, la qualité vidéo et audio du DVD Les Âmes perdues édité par Blaq Out n’a finalement que peu d’importance : il va sans dire que ce documentaire ne fait pas dans la démonstration technique, et que seul importe ici le « fond », qui l’emporte largement sur la forme. Le boulot effectué par l’éditeur est néanmoins tout à fait satisfaisant : le DVD ne pose pas le moindre problème au niveau de l’image, composant de manière intelligente avec les limites de l’encodage MPEG-2. Côté son, d’une façon assez étonnante, le film est proposé en Dolby Digital 5.1, mais la spatialisation est très anecdotique, le rendu acoustique est essentiellement frontal. Le mixage est clair et parfaitement équilibré, et un mixage Dolby Digital 2.0 est également disponible si vous ne disposez pas d’installation Home Cinema. Pas de bonus.

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