Test DVD : Le Roi Titi

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Le Roi Titi

États-Unis : 2022
Titre original : King Tweety
Réalisation : Careen Ingle
Scénario : Erik Adolphson, Careen Ingle
Acteurs (V.O) : Eric Bauza, Flula Borg, Carlease Burke
Éditeur : Warner Bros.
Durée : 1h18
Genre : Animation
Date de sortie DVD : 22 juin 2022

Titi découvre qu’il est le dernier d’une lignée de canaris royaux et qu’il sera bientôt nommé « Roi Canari des îles Canaries ». Il accepte son trône mais découvre que les chiens sauvages, pour lesquels l’île a été nommée à l’origine, ont orchestré un coup d’état pour reprendre le trône, laissant à Sylvestre le chat le soin d’arrêter les chiens et de sauver Titi…

Le film

[3,5/5]

Pour ceux qui se poseraient la question, Le Roi Titi est un long-métrage d’animation sorti en « Direct To Video ». Il s’agit d’une production Warner Bros. Animation mettant en scène les personnages des Looney Tunes Titi et Grosminet, qui s’offrent pour l’occasion un sacré coup de jeune côté design, encore plus radical que celui dont ils avaient déjà fait l’objet en 2015 pour la série Bugs & les Looney Tunes (New Looney Tunes). Ici, l’apparence des personnages a été repensée selon un point de vue moderne, qui rappelle énormément le style à la fois destroy et assez paradoxalement mignon de nombreuses séries diffusées sur Cartoon Network (Le Monde incroyable de Gumball, Oncle Grandpa, Steven Universe, Craig de la Crique…), et donne parfois aux différents protagonistes du film des allures d’emoji.

Si on s’était habitué à régulièrement voir débarquer des films d’animation estampillés DC Comics, on n’avait plus tellement le souvenir d’avoir récemment vu un long-métrage animé consacré à ces sympathiques personnages du catalogue Warner, et pour cause : il s’agit en effet là du premier film Looney Tunes à sortir en DTV depuis Looney Tunes : Cours, lapin, cours en 2015, et le premier à mettre le personnage de Titi en vedette depuis Titi et le Tour du monde en 80 chats en 2000. Signe des temps, il s’agit également du tout premier film des Looney Tunes à avoir été réalisé par une femme, Careen Ingle. L’air du temps étant à l’inclusion, Le Roi Titi sera aussi le tout premier à comporter une représentation LGBT explicite, établira que Titi est d’origine africaine, et un des personnages (le chien nommé Haricot vert) utilisera le langage des signes pour communiquer avec les autres.

Si vous n’avez pas vu de dessins animés Looney Tunes et Merrie Melodies depuis quelques années, il faut garder à l’esprit que la rivalité féroce qui existait dans les années 40 entre Titi et Grosminet a aujourd’hui laissé la place à une relation plus « fraternelle », avec Mémé assurant un rôle d’ange-gardien et/ou de mère de substitution. Ainsi, passée la première séquence du film, Sylvestre (alias Grosminet) n’essaiera plus de manger le canari, et les deux personnages cohabiteront d’une façon relativement pacifique. Pour le reste, il ne faudra pas longtemps au spectateur pour se rendre compte que Le Roi Titi capitalise beaucoup sur son nouveau design et sur le côté ouvertement « kawaii » de son animation, avec des personnages faisant de petits bruits bizarres et tirant des tronches pas possibles et 100% exagérées.

S’inscrivant dans la tradition des dessins animés classiques de la Warner Bros., Le Roi Titi joue la carte de l’énergie, de la violence burlesque et des chutes en pagaille. Sylvestre y sera, entre autres, découpé par un ventilateur de plafond, aspiré par un « aspi-bot », balancé d’un avion, piqué par des abeilles, mordu par des serpents, bouffé par un oiseau géant et par des requins, transformé en cuvette de WC et assommé jusqu’à ce que la traditionnelle bosse de chair poilue se forme sur sa tête. On ajoutera à ces éléments classiques une large série de gags visuels ou verbaux débiles mais souvent efficaces, à la façon de cette scène durant laquelle Titi énumère tous les éléments de sa chambre en la découvrant, ce qui provoquera l’irritation de son hôte. Le rythme général du Roi Titi est plutôt bon dans l’ensemble : on ne s’ennuie pas, et pour être tout à fait honnête, on rit même assez régulièrement. Ainsi, même si Le Roi Titi est plutôt destiné aux enfants, il y aura aussi au fil du récit une poignée de moments d’humour destinés à un public plus âgé – on pense notamment à un aparté absurde et très drôle reprenant les paroles du tube des années 1980 « Jessie’s Girl » de Rick Springfield, ou encore aux références faites par le récit à Larry Bird, à Ladybird Johnson ou à Charlie « Bird » Parker.

Bref, si Le Roi Titi n’atteint certes pas le niveau d’excellence et de délire du classique Les Vacances des Tiny Toons (Rich Arons et Kent Butterworth, 1992), le film de Careen Ingle s’avère rafraîchissant, notamment dans la façon dont la réalisatrice et coscénariste prend le temps d’essayer d’offrir aux adultes un peu plus que le traditionnel slapstick animalier. Visuellement, Le Roi Titi est d’ailleurs très beau, avec des fleurs tout partout et de jolis dégradés de couleurs dans les arrière-plans. Le rendu est moderne mais ne dénature pas les personnages, les voix sont bonnes, bref la mise à jour est vraiment réussie. Le Roi Titi est donc une excellente petite surprise, à découvrir en famille !

Le DVD

[4/5]

Le DVD Le Roi Titi édité par Warner bros. est, à l’image des galettes auxquelles nous a habitué l’éditeur au fil des années, techniquement irréprochable. Bien rôdé à l’encodage en définition standard, et aidé par la courte durée du film (1h20), Warner offre au film d’animation de Careen Ingle une image superbe, colorée et bien définie, composant de façon habile avec les limites d’un encodage en définition standard. Côté son, VF et VO sont mixées en Dolby Digital 5.1, d’un dynamisme franc et immersif : c’est du très beau boulot.

Du côté des suppléments, on trouvera trois dessins animés supplémentaires mettant en scène Titi et Grosminet, en VOST. Tous trois sont tirés de la première saison de la série Titi et Grosminet mènent l’enquête (1995-2000). Il s’agit de Restons dans le thon (Something fishy around here, 1995), Le Canari Maltais (The Maltese Canary, 1995) et Le Chat qui en savait trop (The Cat who knew too much, 1995). On notera d’ailleurs que l’épisode Restons dans le thon a ici été renommé Anguille sous roche.

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