Test DVD : Good Kill

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Good Kill

Good Kill dvd

 

États-Unis : 2014
Réalisateur : Andrew Niccol
Scénario : Andrew Niccol
Acteurs : Ethan Hawke, Bruce Greenwood, Zoë Kravitz, January Jones
Éditeur : TF1 Vidéo
Durée : 1h38
Genre : Thriller, politique
Date de sortie : 22 avril 2015
Date de sortie DVD/BR : 2 septembre 2015

 

Le Commandant Tommy Egan, pilote de chasse reconverti en pilote de drone, combat douze heures par jour les Talibans derrière sa télécommande, depuis sa base, à Las Vegas. De retour chez lui, il passe l’autre moitié de la journée à se quereller avec sa femme, Molly et ses enfants. Tommy remet cependant sa mission en question. Ne serait-il pas en train de générer davantage de terroristes qu’il n’en extermine ? L’histoire d’un soldat, une épopée lourde de conséquences…

 

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Le film

[3.5/5]

Quand vous entendez à la radio que tel chef d’une mouvance djihadiste a été abattu par un drone, êtes vous capable de reconstituer tout le processus qui s’est déroulé pour arriver à ce résultat ? Avez vous réfléchi aux problèmes moraux qui se posent concernant cette guerre faite à distance, sans danger physique pour celles et ceux qui la mettent en pratique ? Ne serait-ce que parce qu’il est basé sur des faits réels et qu’il nous confronte à la face noire de cette guerre d’un nouveau type, Good Kill est un film important. Ce problème moral, le commandant Thomas (Tommy) Egan le ressent plus que quiconque. Ancien pilote de chasse reconverti malgré lui en pilote de drone, il souffre d’être physiquement loin de l’action, de ne plus jamais ressentir la peur, de se sentir lâche. Certes, il retrouve tous les soirs sa femme et ses enfants, mais, finalement, sa vie de couple lui paraît moins intense qu’à l’époque où il partait pendant des périodes prolongées dans des missions lointaines et ne retrouvait son épouse que de temps en temps. Aujourd’hui, sa vie est routinière : presque tous les jours, il quitte sa maison de la banlieue de Las Vegas pour aller rejoindre ses collègues dans une base militaire en plein désert du Nevada. De grands containers métalliques sont alignés les uns à côté des autres et, à l’intérieur, trônent des écrans d’ordinateur et des manettes genre jeu vidéo. Des hommes et des femmes ont pour quotidien d’utiliser ce matériel pour tuer d’autres hommes à 10 000 kilomètres de distance. D’autres hommes, mais aussi des femmes, mais aussi des enfants. En effet, ceux qu’on cherche à abattre font leur maximum pour se protéger en ayant à leurs côtés des femmes et des enfants leur permettant, croient-ils, d’avoir une « couverture » efficace. Et puis, on ne peut jamais anticiper ce qui va se passer durant les 10 secondes entre le lancement de l’action et l’explosion de la charge. Chez Tommy et certains de ses collègues (pas tous), le doute s’est installé avec, en particulier, cette question majeure : cette façon de tuer des terroristes ne fait-elle pas naître de futurs terroristes ? Certes, le risque de voir des soldats américains capturés et torturés a disparu mais n’est-on pas entré dans un cercle vicieux mortifère ? Lorsque la CIA prend la commande de ces opérations, la coupe est pleine pour Tommy : finies les frappes personnalisées, cherchant à n’éliminer que des « méchants » dont on est certain que ce sont des « méchants », place aux frappes signatures, basées non plus sur une quasi certitude de culpabilité mais simplement  sur un comportement douteux.

 

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Même si son film n’est pas parfait, on doit savoir gré à Andrew Niccol d’avoir eu le courage de traiter ce sujet important : jusqu’où peut-on aller dans la guerre sans implication directe de militaires risquant leur vie pour leur pays ? Ne parle-t-on pas d’utiliser des robots dotés d’intelligence artificielle dans un avenir plus ou moins proche ? Le réalisateur a même le courage d’aborder avec bienveillance le problème du refus d’obéissance au sein de l’armée. Chapeau ! Dans sa réalisation, il y a un élément que l’on ne peut pas ne pas remarquer : le survol des zones pavillonnaires construites en plein désert du Nevada et où logent les militaires près de Las Vegas, copie conforme du survol des villages du désert du Waziristan opéré par les drones. Sauf que le danger pour les femmes et les enfants n’est pas le même ! Une grande partie du film repose sur les épaules d’Ethan Hawke qui joue Tommy : il excelle à montrer le côté très fragile de ce commandant qui a perdu la foi dans son métier et qui voit son couple partir en vrille. Bruce Greenwood est également très convaincant dans le rôle du lieutenant-colonel Jack Jones, un chef d’unité partagé entre ses propres doutes et ce qu’il considère comme son devoir envers sa hiérarchie. Zoë Kravitz met beaucoup de franchise et d’énergie dans son rôle de sous-officier débutante arrivant très vite à toucher ses limites concernant ce qu’il est acceptable de faire. Quant à January Jones, belle actrice blonde très classique, sans aspérité, elle joue l’épouse de Tommy qui ne supporte plus l’alcoolisme dans lequel son mari glisse de plus en plus et l’éloignement qui s’opère entre eux. Ce rôle lui va comme un gant.

Au fait, pourquoi Good Kill n’est-il pas un film parfait ? Parce qu’il y a des longueurs, parce qu’il y a des scènes redondantes, parce que beaucoup de plans sont trop brefs. Cela étant, ne serait-ce que par son sujet, ce film, qui était en compétition à la Mostra de Venise 2014, mérite vraiment d’être vu.

 
Good kill
 

Le DVD

[4.5/5]

TF1 Vidéo a réalisé un beau travail autour de ce film. Visible en version française et en version originale sous-titrée en français, avec chaque fois le choix entre Dolby 2.0 et Dolby 5.1, avec ou sans les sous-titres pour sourds et malentendants, le film bénéficie d’un excellent transfert sur DVD. Les deux suppléments proposés sont inégaux quant à leur intérêt : le making of, d’une durée de 14 minutes, fait défiler les acteurs principaux et le réalisateur qui viennent nous parler du film. Franchement, cela n’apporte pas grand chose à celles et ceux qui ont vu le film, pour peu qu’ils aient un minimum d’intelligence. En fait, le seul élément qu’on apprend, c’est que deux anciens pilotes de drones faisaient partie de l’équipe de tournage afin de donner au film un maximum de vérité. Cet élément, on le retrouve dans l’entretien avec Andrew Niccol réalisé pour TF1 Vidéo par Nicolas Schaller. Cet entretien d’une durée de 20 minutes s’avère autrement plus intéressant que le making of. Dans cet entretien, le réalisateur commence avec un petit sourire sur les lèvres : « Ce film a été réalisé sans la moindre coopération de l’armée. Il y a donc de grandes chances que ce qu’on y voit soit vrai ! ». Avec un ton éminemment sympathique, il nous parle ensuite de Wikileaks, de la CIA, des politiques concernant la guerre menées par George W. Bush et Barack Obama, de ses acteurs, des déserts du Nevada et de l’Afghanistan. Un entretien vraiment intéressant !

 

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