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Test Blu-ray : Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé

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Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé

Italie : 1972
Titre original : Il tuo vizio è una stanza chiusa e solo io ne ho la chiave
Réalisation : Sergio Martino
Scénario : Ernesto Gastaldi, Adriano Bolzoni, Sauro Scavolini
Acteurs : Edwige Fenech, Anita Strindberg, Ivan Rassimov
Éditeur : Artus Films
Durée : 1h37
Genre : Giallo, Thriller
Date de sortie DVD/BR : 2 décembre 2025

L’écrivain sur le déclin Oliviero mène une vie de débauche, organisant avec sa femme des soirées coquines dans sa ferme. De plus, il couche avec la servante et entretient une relation avec l’une de ses anciennes étudiantes. Quand cette dernière est assassinée, il se retrouve le principal suspect. Tout va être chamboulé avec l’arrivée de Floriana, sa nièce, aussi jolie que mystérieuse…

Le film

[4/5]

Sergio Martino reste l’un des magiciens les plus élégants du giallo italien, un prestidigitateur capable de transformer les pulsions humaines en arabesques visuelles et les névroses en motifs psychédéliques. Avec Edwige Fenech, il a composé au tout début des années 70 ce que les amateurs éclairés ont appelé la « Trilogie du Vice », un triptyque sensuel et venimeux formé par L’Étrange Vice de Mme Wardh, Toutes les couleurs du vice et Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé. Dans le troisième film de la trilogie, Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé, cette alliance entre Sergio Martino et Edwige Fenech prend une tournure plus sombre, presque gothique, comme si le cinéma italien de l’après-68 avait décidé de troquer les jupes courtes et les culottes visibles au vent contre des secrets de famille qui sentent la poussière, le sexe et les vieilles rancœurs. Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé s’inscrit ainsi dans une époque où la libération des mœurs se heurtait encore aux murs épais des villas bourgeoises.

Dans Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé, Edwige Fenech prend cette fois les atours d’une apparition solaire dans un monde de ténèbres. Ses courbes, filmées avec une douceur presque hypnotique, tranchent avec l’austérité des décors, comme si la sensualité elle-même venait défier la mort et les mensonges. La caméra de Sergio Martino glisse sur les formes de sa belle-sœur avec une précision presque amoureuse, captant chaque mouvement, chaque frémissement, chaque éclat de peau comme un trésor interdit. Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé utilise cette présence comme un contrepoint à la noirceur ambiante : la beauté devient une arme, un piège, un révélateur. Et même lorsque les jupes courtes typique de la fin des années 60 s’invitent dans le cadre, laissant deviner des dessous qui feraient rougir un moteur de recherche, le film ne tombe jamais dans la vulgarité. Il célèbre les corps comme des paysages, les regards comme des promesses, les gestes comme des aveux.

Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé s’amuse à brouiller les pistes, à mélanger les genres, à faire danser le spectateur entre le giallo classique et le gothique à la Edgar Allan Poe. Les murs de la villa semblent respirer, les couloirs se tordent comme des intestins nerveux, et le chat noir devient un personnage à part entière, presque un juge silencieux. Sergio Martino n’a jamais caché s’être inspiré des Diaboliques d’Henri-Georges Clouzot pour ses gialli, et par conséquent, le film avance comme un fantasme qui aurait avalé un manuel de psychanalyse et qui recracherait des symboles à chaque plan. Les couleurs se font plus sombres, les cadrages plus oppressants, et soudain la caméra se faufile comme un voyeur trop enthousiaste dans un recoin de la maison. Mais derrière cette atmosphère suffocante, Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé développe une réflexion sur la culpabilité, la manipulation et la violence domestique, rappelant que le giallo peut aussi être un miroir social.

Dans Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé, les personnages avancent comme des somnambules pris dans une toile d’araignée. Le mari alcoolique, la femme humiliée, la cousine trop belle pour être honnête : chacun joue un rôle dans une danse macabre où le désir et la haine se confondent. Le film ose même quelques touches d’humour – comme cette idée que le chat observe les humains avec la même intensité qu’un adolescent découvrant un site interdit – mais Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé retrouve rapidement les rails du sérieux par une mise en scène d’une précision redoutable. Une scène en particulier, celle où la caméra suit le chat dans les couloirs, montre comment Sergio Martino utilise le point de vue animal pour renforcer la tension : les angles deviennent des pièges, les ombres des menaces, et chaque bruit semble annoncer une catastrophe.

Le Blu-ray

[4/5]

Après une sortie en coffret Blu-ray déjà « sold out » au moment des précommandes, les films de la « Trilogie du Vice » de Sergio Martino viennent de débarquer au format Blu-ray « unitaire », toujours sous les couleurs de l’éditeur Artus Films. Proposé dans un boîtier Amaray noir, le Blu-ray de Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé s’impose comme un objet élégant, fidèle à l’esthétique sombre et sensuelle du film. L’image du film bénéficie d’un master propre, stable, respectueux du grain d’origine. Les couleurs, plus ternes que dans les autres gialli de Martino, conservent une profondeur remarquable : les noirs sont solides, les ombres détaillées, et les textures des décors – bois, tissus, murs décrépits – apparaissent avec une précision presque tactile. Les visages, notamment ceux d’Edwige Fenech et d’Anita Strindberg, profitent d’une finesse qui met en valeur chaque expression, chaque tension, chaque éclat de peau. Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé trouve ainsi dans cette restauration un écrin visuel parfaitement adapté à son ambiance gothique et suffocante. Côté son, Artus nous propose deux pistes LPCM 2.0, en VF comme en VO. La version française, légèrement datée mais parfaitement audible, conserve ce charme granuleux typique des doublages italiens de l’époque. Les dialogues restent clairs, la musique de Bruno Nicolai s’impose avec une ampleur agréable, et les ambiances de la villa – craquements, pas, respirations – trouvent leur place sans saturer l’espace. La version originale, plus naturelle, offre une dynamique supérieure : les murmures, les bruits de pas, les miaulements du chat gagnent en présence, renforçant l’atmosphère paranoïaque du film. L’ensemble sonore se révèle cohérent, propre, et parfaitement adapté à l’expérience giallesque.

Les suppléments du Blu-ray Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé estampillé Artus Films se concentrent sur une série de modules courts mais riches. On y trouvera d’abord une présentation du film par Emmanuel Le Gagne (14 minutes), qui replace le film dans le contexte du giallo et de la carrière de Martino. On continuera avec un entretien avec Ernesto Gastaldi (22 minutes), passionnant, où le scénariste revient sur la genèse du film, ses influences littéraires – notamment Edgar Allan Poe – et les choix narratifs qui ont façonné l’intrigue. Gastaldi évoque également les tensions de production, les scènes de sexe, les choix de montage et la manière dont le film s’inscrivait dans une tradition gothique plus sombre que les autres films de la trilogie. Le disque se clôt sur un diaporama (2 minutes) et la bande-annonce (1 minute), parfaits pour compléter l’ensemble. Artus Films nous propose ainsi une édition solide, riche, et indispensable pour redécouvrir Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé dans les meilleures conditions.

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