Test Blu-ray : The Wretched

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États-Unis : 2019
Titre original : –
Réalisation : ,
Scénario : ,
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h35
Genre : Fantastique, Horreur
Date de sortie DVD/BR : 2 décembre 2020

Après la séparation de ses parents, Ben, adolescent rebelle, est envoyé chez son père pour l’été afin de gagner en maturité et en discipline. Mais ses problèmes deviennent de plus en plus inquiétants quand il fait une découverte effrayante sur la famille voisine. Un esprit malveillant s’est emparé des parents et s’attaque à présent aux enfants…

© 2019 Cailleach Productions

Le film

[4/5]

Comme dans le cas du vampire ou du loup-garou, la figure mythique de la « sorcière » a toujours été un grand classique du cinéma d’horreur, traversant les époques et les modes. Des films tels que The craft, Blair witch, The vvitch, Lords of Salem, The woods, All cheerleaders die, Satanic Panic… Sont donc autant d’exemples de l’engouement tournant depuis toujours autour de l’image de la sorcière. Avec son intrigue inspirée de la légende de « Black Annis », nous propose également une variation habile autour de cette figure mythique, et le moins que l’on puisse dire, c’est que le public s’est montré réceptif ! En effet, en raison de la pandémie de Covid-19 ayant clairement limité le nombre de films à sortir dans les salles, le film des frères Pierce a littéralement cassé la baraque lors de sa sortie aux États-Unis. Sorti dans les « drive-in » le 1er mai 2020, est devenu le premier film depuis Avatar (2009) à dominer le box-office pendant six week-ends consécutifs…

© 2019 Cailleach Productions

Si d’aventure on le comparait aux quelques films « de sorcières » cités quelques lignes plus haut, l’élément le plus frappant de est sans doute sa simplicité, sa linéarité extrême, et l’aspect ouvertement « frontal » du spectacle qu’il nous donne à voir. Ayant découvert le cinéma dès leur plus jeune âge sur le plateau d’Evil Dead – sur lequel leur père travaillait – les frères Brett et ont en effet su conserver cette vision presque « Grand-Guignolesque » de l’horreur. Ainsi, reproduisant inconsciemment le goût de l’excès et de la « sur-représentation » typique du cinéma de Sam Raimi, ils nous donnent à voir dans un personnage de sorcière absolument monstrueux, physiquement difforme et repoussant, mais également profondément vicelard, n’hésitant pas à faire dans la provocation la plus outrancière pour terroriser son prochain.

© 2019 Cailleach Productions

Mais la maîtrise est là du côté des cinéastes, que l’on avait repérés il y a quelques années avec Deadheads (2011). Maitrise, sens du cadre, du timing, et même tout simplement des outils techniques les plus élémentaires (photo, travellings, musique…) : les frères Pierce savent ce qu’ils font et, notamment grâce au travail de Conor Murphy sur la photo (absolument sublime), parviennent réellement à maitriser leurs effets de A à Z, et, de fait, à livrer avec l’un des films les plus effrayants qu’on ait pu voir sur un écran cette année.

© 2019 Cailleach Productions

Développant un attachement certain aux années 80, le film s’ouvre sur une séquence de flippe très efficace et cruelle prenant place « il y a 35 ans ». Quand il reviendra à l’époque contemporaine, commencera à développer une intrigue tournant autour d’un jeune commençant à penser que sa voisine est une sorcière. Typique d’un certain cinéma horrifique américain des années 80 (on pense forcément à Vampire, vous avez dit vampire ?) tout autant que de l’obsession US pour ce qui se passe derrière la clôture d’à côté, développe également un attachement certain pour l’horreur gothique, ce qui se traduira à l’écran non seulement par des éclairages et des compositions de plans chiadées, mais aussi par le recours à un surréaliste décor de forêt attenante à un port de plaisance, à des symboles inquiétants, tels que ce « A » à l’envers qui apparaît tout au long du film, ou encore à ces étranges autels construits par la sorcière sur les lieux de ses rituels.

© 2019 Cailleach Productions

Bien rythmé, faisant preuve d’un sens aigu de la montée en puissance de la part des frères Pierce, nous propose donc un fascinant jeu du chat et de la souris entre Ben () et la sorcière, qui s’intensifiera au fur et à mesure que le métrage avance. Le film est d’ailleurs si magistralement mené que lorsque l’inévitable « twist » – élément typique du cinéma d’horreur contemporain – débarque en fin de métrage, on ne s’y attend pour le coup réellement pas. Qu’il fonctionne, un peu, beaucoup, à la folie ou pas du tout, ça, ensuite, c’est un autre débat. Mais le fait est qu’on ne le voit pas venir. Et ça, c’est tout de même sacrément étonnant !

© 2019 Cailleach Productions

En deux mots comme en cent, n’a pas volé son petit succès aux Etats-Unis et s’avère vraiment un film fantastique à découvrir de toute urgence entre ami(e)s ! Attention cela dit si vous visionnez le film en compagnie de féministes du dimanche, ou de féministes à la petite semaine, car comme dans le cas de tous les films de sorcières ou presque, une lecture « féministe » de n’est pas à exclure, même si de notre côté, on préfère y voir « juste » un conte de fées tordu et réjouissant. En effet, le mythe de la sorcière tel qu’il est développé au cœur de entretient sans nul doute plusieurs siècles de mensonges et de diabolisation de la femme. Le concept même de sorcière peut se voir comme un symbole flagrant et douloureux de l’incompréhension masculine face au « mystère » féminin – les atermoiements dans la relation amoureuse liant Ben et Mallory () en sont d’ailleurs une parfaite illustration. Les personnages féminins du film étant quasi-unanimement négatifs, d’aucuns pourraient même évoquer une misogynie latente de la part des frères Pierce…

© 2019 Cailleach Productions

Le Blu-ray

[4/5]

Clairement, le Blu-ray de édité par envoie le bois niveau visuel, avec un master 1080p absolument sublime, un léger grain superbement préservé, des couleurs naturelles et un piqué / niveau de détail et surtout une profondeur de champs très appréciables qui nous permettront d’admirer le travail des frères Pierce et de leur chef opérateur Conor Murphy dans l’Art de la composition de plans iconiques et puissants. Côté son, et comme souvent avec cet éditeur, VF et VO sont proposées en DTS-HD Master Audio 5.1, et développent un bon confort d’écoute ainsi qu’un excellent dynamisme, et ce bien sûr même si le film ne se prête pas forcément à la démonstration de force acoustique.

Rayon suppléments, on aura droit à deux bandes-annonces en avant-programme ainsi qu’au traditionnel « espace découverte » des éditions . Parmi les bandes-annonces que l’on pourra y découvrir, on notera la présence des nouveautés Mafia Inc et de Blackout, film de science-fiction russe dont la bande-annonce fait péter les effets spéciaux numériques « à l’americanovski ! ».

© 2019 Cailleach Productions

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