Test Blu-ray : Taxi 5

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France : 2018
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : Franck Gastambide, ,
Acteurs : Franck Gastambide, ,
Éditeur :
Durée : 1h42
Genre : Action, Comédie
Date de sortie cinéma : 11 avril 2018
Date de sortie DVD/BR : 13 août 2018

 

 

Sylvain Marot, super flic parisien et pilote d’exception, est muté contre son gré à la Police Municipale de Marseille. L’ex-commissaire Gibert, devenu Maire de la ville et au plus bas dans les sondages, va alors lui confier la mission de stopper le redoutable « Gang des Italiens », qui écume des bijouteries à l’aide de puissantes Ferrari. Mais pour y parvenir, Marot n’aura pas d’autre choix que de collaborer avec le petit-neveu du célèbre Daniel, Eddy Maklouf, le pire chauffeur VTC de Marseille, mais le seul à pouvoir récupérer le légendaire blanc…

 

 

Le film

[4/5]

Déjà ringard l’année de sa sortie, le premier opus de la saga Taxi avait contre toute attente rencontré un immense succès populaire en 1998 (6,5 millions d’entrées) et généré de solides bénéfices pour EuropaCorp. De fait, le film de Gérard Pirès avait ouvert la voie à une franchise en mode « nanar » bien franchouillarde, qui donnerait naissance à un remake US et une série TV avant de s’éteindre de sa belle mort en 2007 avec un quatrième épisode qui tentait de capitaliser sur l’alchimie à l’écran des deux belges frappadingues de Dikkenek, Jean-Luc Couchard et François Damiens (et qui culminerait encore à plus de 4,5 millions d’entrées). Autant donc être clair d’entrée de jeu : contrairement à certains, on ne considère en aucun cas le premier Taxi comme un film « mythique », et on n’entretient pas la plus petite once de nostalgie à son égard. En revanche, on avoue clairement avoir un faible pour les comédies policières et autres buddy movies mettant en scène le contraste entre deux personnalités opposées, à condition bien sûr que le film soit drôle et que les scènes d’action soient correctement filmées – en gros à peu près tout ce que les premiers Taxi n’étaient pas.

En s’appropriant une franchise morte et enterrée depuis plus de dix ans, Franck Gastambide a donc fait le choix, que l’on considère comme extrêmement payant, de l’adapter à « son » univers. Il débarque donc au cœur de Marseille avec toute la bande d’acteurs qui partageaient avec lui l’affiche de Pattaya : Malik Bentalha, Sabrina Ouazani, Anouar Toubali, Sissi Duparc ou encore Ramzy Bedia sont donc à nouveau de la partie pour notre plus grand plaisir ; l’excellent Monsieur Poulpe rejoint aussi le casting du film, s’offrant d’ailleurs une série de séquences assez irrésistibles. Et comme dans le cas de Pattaya, si on pourra certes faire la fine bouche devant quelques gags un poil trop faciles à base de vomi et de caca (pas qu’on soit vraiment contre ce genre de vannes pipi/caca d’ailleurs, mais ceux-là manquent un peu d’ampleur, quitte à noyer ses figurants sous des flots de merde, autant carrément en inonder le vieux port ou la Canebière !), l’ensemble s’avère vraiment très régulièrement hilarant – même l’horripilant Bernard Farcy s’offre quelques répliques efficaces, et Edouard Montoute, autre « rescapé » des premiers films, se paie quant à lui un véritable moment de bravoure en résumant les quatre premiers films en trois minutes sur le mode surexcité. L’alchimie entre Malik Bentalha et Franck Gastambide fonctionne très bien, et si l’on devine que beaucoup de blagues ou punchlines ont été improvisées sur le tournage, ces dernières s’avèrent la plupart du temps très drôles.

On passera donc avec bienveillance sur une narration nous proposant par moments des ellipses très brutales, et sur des scènes d’action pas toujours des plus compréhensibles pour se concentrer sur l’essentiel : on rit beaucoup, et on aurait même tendance à penser que le fait pour Gastambide d’avoir été « cadré » par Luc Besson et par la forme du buddy movie à la française lui permet de signer son meilleur film à ce jour, le plus drôle et le plus équilibré : en effet, pas le moindre problème de rythme à l’horizon malgré une durée de plus d’1h40.

Bien sûr, cette « réimagination » décomplexée et rigolarde de l’univers Taxi ne plaira pas forcément aux nostalgiques des quatre premiers films, qui inondent les réseaux sociaux et les sites dédiés au cinéma de leurs diatribes appelant au retour de Samy Naceri et Frédéric Diefenthal. Autant dire qu’on ne partage pas le moins du monde cet avis : Taxi 5 s’avère, et de très loin, le meilleur film de la saga ! Malheureusement, il s’agit aussi de celui des cinq qui a le moins bien marché dans les salles obscures (avec « seulement » 3,7 millions d’entrées) – on espère que Luc Besson saura tout de même renouveler sa confiance à l’équipe menée par Franck Gastambide pour une nouvelle suite en mode « bigger and louder » !

 

 

Le Blu-ray

[4,5/5]

Comme on pouvait s’y attendre, pour son arrivée sur support Blu-ray sous les couleurs d’EuropaCorp, Taxi 5 s’offre une galette Haute Définition 100% « tuning », riche en basses qui cognent dur et en gros son qui claque, qui vous permettra à coup sûr de réveiller les voisins en leur faisant croire que vous faites un rodéo avec votre 407 modifiée dans le salon. Aussi sublime du point vue de l’image que littéralement tonitruant côté son, le Blu-ray édité par EuropaCorp nous en envoie plein les yeux et surtout les oreilles : définition, piqué, niveau de détail, couleurs, profondeur de champ, tout est au taquet, on est vraiment en présence d’un Blu-ray de démo, parfait en tous points, une merveille de précision et des couleurs qui explosent littéralement tout. Côté son, le film est proposé en Dolby Atmos (que les amplis non compatibles décoderont en Dolby TrueHD 7.1), et nous plonge vraiment au cœur d’une spatialisation phénoménale : les enceintes se régalent, le caisson de basses ne faiblit jamais, bref, c’est du très très lourd, forcément très riche en basses et en gros son Rap/R’n’b, et ce dès les premières minutes du film. Une galette extraordinaire.

Rayon suppléments, l’éditeur EuropaCorp nous propose d’abord un entretien avec Franck Gastambide et Malik Bentalha, durant lequel ils reviennent principalement sur les origines du projet, leur rencontre avec Luc Besson et le travail aux côtés de ce dernier. Au fil de leurs propos, ils dessinent les contours d’un personnage à la Shrek, un ogre impressionnant et volontiers cassant dans ses réparties, mais finalement gentil quand même. On trouvera ensuite un entretien avec David Julienne, concepteur des cascades sur Taxi 5. Appartenant à la « dynastie » des Julienne, qui règne sur la cascade automobile en France depuis plusieurs décennies, David évoque son travail de préparation des cascades du film, en amont aux côtés de Franck Gastambide, puis sur le terrain auprès de son collaborateur Christian Beaux nichons – ah, on me fait signe qu’il s’agit en fait de Christian Bonnichon. Ses interventions sont naturellement entrecoupées de moments volés sur le tournage. On terminera enfin avec une featurette dédiée à Salvatore Esposito, découvert dans la série Gomorra, qui joue le méchant du film.

 

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