Test Blu-ray : Love 3D

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Love 3D

 
France, Belgique : 2015
Titre original : –
Réalisateur : Gaspar Noé
Scénario : Gaspar Noé
Acteurs : Aomi Muyock, Karl Glusman, Klara Kristin
Éditeur : Wild Side Vidéo
Durée : 2h14
Genre : Érotique, Drame
Date de sortie cinéma : 15 juillet 2015
Date de sortie DVD/BR : 2 décembre 2015

 

 

Un 1er janvier au matin, le téléphone sonne. Murphy, 25 ans, se réveille entouré de sa jeune femme et de son enfant de deux ans. Il écoute son répondeur. Sur le message, la mère d’Electra lui demande, très inquiète, s’il n’a pas eu de nouvelle de sa fille disparue depuis longtemps. Elle craint qu’il lui soit arrivé un accident grave. Au cours d’une longue journée pluvieuse, Murphy va se retrouver seul dans son appartement à se remémorer sa plus grande histoire d’amour : deux ans avec Electra. Une passion contenant toutes sortes de promesses, de jeux, d’excès et d’erreurs…

 

 

Le film

[3/5]

Gros battage médiatique de l’année 2015 avant la déferlante Mad Max / Star Wars, le nouveau film de Gaspar Noé Love 3D ne s’adresse pas, vous l’aurez tous compris, aux coincés du cul et autres handicapés de la braguette. Curieusement, ce porno new generation ne s’adresse pas non plus au public traditionnellement friand de films X. Il ne se situe pas non plus dans la dénonciation d’un genre à grands renforts de complaisance écœurante, telle que la pratique habituellement Catherine Breillat, et pas d’avantage dans une joyeuseté artificielle de type Shortbus.

Non, Love 3D, c’est surtout et avant tout un film de Gaspar Noé, et comme tous les films de Gaspar Noé, Love 3D ne rentre dans aucune case prédéfinie. Comme tous ses films précédents, il pourra être considéré par les spectateurs le découvrant comme un pensum au propos un peu trop surligné, voire même comme un attrape-gogos destiné à choquer le bourgeois, ou à contrario comme un vibrant film de genre faisant preuve par sa volonté de repousser chaque fois un peu plus les limites du « montrable » d’un amour du cinéma sans cesse renouvelé et 100% authentique.

Mais au final, ceux qui parlent le mieux de Love 3D, ce sont encore les obsédés sexuels. Voici donc une courte sélection de ressentis « à chaud » sur le dernier film de Gaspar Noé. A vous la parole, les obsédés !

L’avis de Jean-Baptiste Thoret (Charlie Hebdo) : « L’utilisation de la 3D, transformée en argument platement promotionnel d’un porno immersif, n’est jamais aussi belle que lorsque Noé se contente de caresser ses personnages (…) comme si le relief créait autour d’eux un cocon indéfinissable que l’extérieur menaçait à tout moment de briser. »

L’avis de Stéphanie Lamome (Premiere) : « Seulement, comment réaliser un grand film sentimental porno ? Le sperme est-il soluble dans l’eau de rose ? Oui, même si ça peut faire des grumeaux. »

L’avis de Julien Mathon (critique-film.fr) : « Love n’est peut être pas le film le plus réussi de Gaspar Noé, il n’en reste pas moins une œuvre majeure qui confirme le génie de ce réalisateur. Noé est un expert de la mise en image sensorielle de la passion charnelle. »

L’avis de Xavier Leherpeur (Studio Ciné Live) : « Si c’est un porno, j’en ai rarement vu un aussi triste, figé, peu érotique et nullement encourageant à passer à l’acte. »

L’avis de Bruno Terrier (Metaluna Store) : « Le lien entre le plaisir de la chair et cette histoire d’amour assez classique n’a pas fonctionné pour moi, d’un côté (et c’est peut être normal) je n’ai pas eu d’érection et de l’autre ces personnages au mal être assez angoissant ne m’ont pas intéressé, peut être une question d’expérience personnelle, de sensibilité. »

L’avis de Emma, 5 ans : « Hé bien je ne sais pas, papa me cachait tout le temps les yeux et les oreilles, tellement que j’ai fini par m’endormir. Quand je me suis réveillée, le film était fini, et papa dormait aussi. »

L’avis de Coralie Trinh Thi (actrice, réalisatrice) : « C’est beaucoup plus intime. C’est beaucoup plus puissant et beaucoup plus “troublant”. Il me parait beaucoup plus facile de se distancier du sexe mécanique du porno – surtout pour les jeunes générations noyées d’images de ce sexe superficiel. Dans un sens, Love me parait bien plus pornographique qu’un film porno. Incroyablement plus “vrai”, dans le déchaînement d’hormones et la passion amoureuse (…) Love 3D n’est pas un film à vocation masturbatoire. Il ne donne même pas vraiment envie de baiser – il donne envie de tomber amoureux, et de replonger dans les vertiges de la passion. Avec plein de sexe, bien sur, car la passion sexuelle est au cœur de la passion amoureuse. Dans ce sens, et dans ce sens seulement… si Love 3D n’est certainement pas un film porno, il est certainement le film d’amour le plus pornographique que j’aie jamais vu. Dans un sens si noble que je ne l’avais jamais envisagé cinématographiquement. »

Comme tous les films de Gaspar Noé, Love 3D divise, crée la polémique : à chacun maintenant de se faire sa propre idée ! Oserez-vous vous lancer dans l’aventure ?

 

 

Le Blu-ray

[4,5/5]

Puisque Love est un film plastiquement très léché (sans mauvais jeu de mot), le Blu-ray édité par Wild Side se devait d’être techniquement à la hauteur, afin de rendre justice à la très particulière photo du film signée par l’inusable Benoit Debie. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la galette made in Wild Side nous propose un rendu épatant : définition et piqué au taquet, couleurs agressives et assez flamboyantes, noirs profonds. La version 3D apporte au film une profondeur inédite (vous m’en direz tant) ainsi que quelques gimmicks proches du gag, telle que l’éjaculation que le spectateur reçoit en pleine tronche (envoyez à ce moment là un peu de lait chaud au visage de votre partenaire de visionnage et vous m’en direz des nouvelles, fous rires assurés). Le souci d’un visionnage en 3D est sans doute que le dispositif assombrit encore un peu la photo déjà très sombre du film. Rien à redire sur le mixage audio, proposé dans un DTS-HD Master Audio 5.1 facilitant encore un peu plus l’immersion au cœur des corps.

Côté suppléments, Wild Side fait très fort en ne nous proposant outre les habituelles bandes-annonces que deux suppléments, mais en les proposant tous les deux en 3D active, ce qui est fort original et pour tout dire assez réjouissant. On commence donc avec une vingtaine de minutes de scènes coupées, de dialogues et scènes muettes uniquement, répondra-t-on avant que les vicelards de service ne nous demandent si la section contient des scènes de cul inédites. On continuera avec un entretien avec Gaspar Noé, qui nous dresse une « note d’intention » verbale sur son film : il évoque la genèse du film, les évidentes difficultés pour monter le projet financièrement, le casting, l’idée du recours à la 3D… On découvre aussi que le film aurait pu être encore plus long (gloups !), bref, on boit les paroles de ce cinéaste rare, définitivement unique dans le paysage cinématographique français.

 

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