Test Blu-ray : L’étrangleur de Rillington Place

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L’étrangleur de Rillington Place

 
Royaume-Uni : 1971
Titre original : 10 Rillington Place
Réalisateur : Richard Fleischer
Scénario : Clive Exton
Acteurs : Richard Attenborough, Judy Geeson, John Hurt
Éditeur : Carlotta Films
Durée : 1h51
Genre : Thriller, Policier
Date de sortie cinéma : 13 octobre 1971
Date de sortie DVD/BR : 9 novembre 2016

 

 

Timothy et Beryl Evans viennent d’emménager avec leur petite fille au 10 Rillington Place, à Londres. Ils sympathisent rapidement avec leurs voisins du rez-de-chaussée, les Christie. Mais derrière ses airs courtois et respectables, John Christie est en réalité un meurtrier qui assassine froidement des femmes en se faisant passer pour un ancien médecin…

 

 

Le film

[4/5]

En presque 50 ans de carrière, Richard Fleischer s’était semble-t-il fait un point d’honneur à naviguer entre les genres, sans jamais réellement se fixer, comme d’autres cinéastes de sa génération, sur un style en particulier. Il aura donc abordé le thriller, la science-fiction, le film de guerre ou même l’horreur, pour le pire et le meilleur. Après avoir sorti en Blu-ray l’excellent Étrangleur de Boston en 2013, Carlotta Films s’attarde à nouveau sur la carrière de Richard Fleischer en éditant trois de ses thrillers des années 70…

En 1968, Richard Fleischer signait avec L’étrangleur de Boston un film qui marquait le renouveau du thriller, un trip violent et hypnotique, très américain, avec lequel le cinéaste parvenait à se débarrasser des oripeaux du « Film Noir » qui avait régné sur le genre jusqu’à la fin des années 50. Refusant de surfer sur le succès de son film, le réalisateur part tourner au Royaume-Uni en 1971 10 Rillington Place, adaptation d’un sombre fait divers ayant défrayé la chronique en Angleterre à la fin des années 50. Pour sa sortie en France, le film sera renommé L’étrangleur de Rillington Place, afin de dresser une passerelle entre ces deux « étrangleurs »… Mais la comparaison s’arrête là ; il s’agit en effet de deux films radicalement différents.

Mettant en scène sans le moindre jugement -ni la moindre volonté de « comprendre » son tueur à vrai dire- une galerie de personnages réalistes, L’étrangleur de Rillington Place s’avère une fascinante plongée dans le sordide. Évoluant dans un univers d’un naturalisme absolu (le film a d’ailleurs été tourné dans des décors réels), le film affiche une sobriété dans la mise en scène à la limite du documentaire, bien éloignée des split-screens du film de 1968. L’horreur est présentée par le cinéaste dans ce qu’elle a de plus froid. Richard Attenborough, méconnaissable, livre une prestation d’acteur absolument remarquable, composant un monstre calculateur et cynique opposé à un John Hurt tout en sensibilité et en détresse. Un sacré beau morceau de péloche.

 

 

Le Blu-ray

[4,5/5]

Disponible chez Carlotta Films au sein d’une vague de trois films consacrée à Richard Fleischer, L’étrangleur de Rillington Place s’offre donc un très attendu lifting HD sur galette Blu-ray.

Aussi bien côté image que côté son, le master proposé par l’éditeur est de très bonne tenue ; le film est proposé au format 1.66:1 respecté et encodé en 1080p. La restauration 4K, dont l’encodage a été supervisé par David Mackenzie (la star des encodeurs), nous permet aujourd’hui de découvrir un master précis et stable, respectant la granulation d’origine tout en proposant un piqué et un niveau de détails tout à fat excellent. Les séquences nocturnes ou en basse lumière ne marquent aucune baisse notable de définition, l’ensemble est tout à fait recommandable, même si l’étalonnage tend sans doute à tirer légèrement sur le rose. Côté son, VF et VO sont proposées en DTS-HD Master Audio 1.0 mono d’origine, claires et sans souffle, se concentrant principalement sur la restitution des dialogues.

Dans la section bonus, Carlotta Films nous propose une présentation du film signée en voix off par Nicolas Saada, et disponible en avant-propos quand on lance la lecture du film : une bonne introduction au métrage appuyant essentiellement sur le naturalisme forcené de l’entreprise. Outre la traditionnelle bande-annonce, on retrouvera également une passionnante analyse du film par Christophe Gans, ainsi qu’un entretien avec Judy Geeson dans laquelle elle revient sur ses souvenirs de tournage, ne tarissant pas d’éloges sur le film et sur Richard Fleischer.

 

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