Test Blu-ray : Judo (Johnnie To)

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Hong Kong, Chine : 2004
Titre original :
Réalisation :
Scénario : , ,
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h35
Genre : Action, Drame
Date de sortie DVD/BR : 27 janvier 2021

Fêtard et alcoolique notoire, gérant d’un club qui croule sous les dettes, Sze-To était dans une ancienne vie un grand champion de judo. Un soir débarque Tony, un jeune et enthousiaste judoka qui souhaite défier l’ex-prodige. Le lendemain, c’est au tour de Mona, une apprentie chanteuse bien décidée à se produire dans son club. Ces deux nouveaux venus vont apporter à Sze-To un regain d’énergie et d’espoir pour affronter Kong, l’adversaire qu’il aurait dû combattre deux ans auparavant, avant d’abandonner le judo…

Le film

[4,5/5]

Judo est un film réalisé en 2004 à Hong Kong par Johnnie To : il s’agit d’une relecture contemporaine de La légende du grand judo, le premier film d’Akira Kurosawa. Johnnie To a d’ailleurs dédié son film à l’immense réalisateur japonais.

Fable virtuose traitant de thématiques aussi variées que la rédemption, le sport, l’honneur ou encore l’amitié, Judo centre son récit autour de la rencontre entre trois personnages à la dérive, hantant les milieux interlopes de la nuit hongkongaise. Le premier d’entre eux est Sze-To (Louis Koo), un ancien champion de judo devenu propriétaire d’un night-club. Le deuxième s’appelle Tony (Aaron Kwok) : il s’agit d’un jeune vagabond passionné de judo, dont le but avoué est de défier et de combattre Sze-To. Il se rendra vite compte que son adversaire a emprunté, comme pour échapper à la réalité, la voie de l’autodestruction. Le troisième personnage de ce triangle est Mona (Cherrie Ying), jeune chanteuse rêvant, dans la mesure où elle est trop âgée pour réussir à Hong Kong, de percer au Japon.

Judo met également en scène, en parallèle, les fantômes du passé de combattant de Sze-To à travers la réapparition d’un vieil ennemi (). Moderne et urbain, le film de Johnnie To fera la part belle aux truands qui régissent les bas-fonds de la ville (crime organisé, jeu clandestin), mais parviendra à élever son récit à un niveau inattendu grâce à la folie développée par le trio insolite au cœur du film, qui s’impose autant comme une fuite en avant que comme une déclaration d’amour à la vie, qui plus est pleine de poésie – on pense par exemple à la séquence du ballon, ou celle de la fuite de la salle de jeux, qui s’imposent comme de pures merveilles pleines de souffle et d’émotion.

Mis en scène avec un sens du cadre et du montage assez époustouflant, Judo s’avère donc sans hésitation possible un des meilleurs films de Johnnie To. S’il ne parvient certes pas à toucher du doigt le niveau d’excellence qu’il atteindrait deux ans plus tard avec le chef d’œuvre Exilé (2006), Judo déroule son intrigue complexe de la façon la plus limpide qui soit, en nous donnant régulièrement à voir de purs et flamboyants moments de bravoure, aussi impressionnants techniquement que solidement ancrés au déroulement narratif du film. Même s’il s’agit certes d’un lieu commun, force est de constater que les combats du film, intenses et réalistes, ressemblent ainsi à de véritables ballets, chorégraphiés pour le plaisir des yeux autant que pour ce qu’ils apportent à l’histoire.

Du côté des acteurs, tous s’avèrent absolument remarquables, de Louis Koo à Aaron Kwok : leur interprétation à fleur de peau tient en effet une place importante dans la grande réussite esthétique que constitue Judo. La B.O de Peter Kam est également tout à fait singulière, même si le thème principal rappelle la célèbre chanson de variété « La maladie d’amour », écrite par Jacques Revaux pour Michel Sardou sur la ligne harmonique du canon de Pachelbel.

Le Blu-ray

[4,5/5]

Comme d’hab avec les Blu-ray édités par Carlotta Films, on a été obligé de sortir le dictionnaire des synonymes, page « magnifique », pour commencer à évoquer l’image que nous propose l’éditeur sur Judo. Le film de Johnnie To a été restauré en 4K, et l’image du Blu-ray s’en ressent : elle est tout simplement superbe, qu’il s’agisse du piqué, du niveau de détail, des couleurs, de l’encodage ou de la gestion des contrastes, l’ensemble est donc admirable, auguste, beau, épatant, majestueux, noble, olympien, remarquable, somptueux, splendide, sublime. Côté son, c’est également du lourd avec deux bandes-son proposées en Haute Définition : la VO explosera tout sur son passage dans un mixage DTS-HD Master Audio 5.1 d’un dynamisme à couper le souffle, et la version française n’aura pas à rougir de la comparaison. Egalement mixée en DTS-HD Master Audio 5.1, elle nous offre un rendu sonore tout aussi époustouflant, avec une répartition des bruitages sur tous les canaux et des basses redoutables. Un grand bravo à Carlotta pour ce nouveau sans-faute.

Du côté des suppléments, on trouvera tout d’abord un entretien avec Johnnie To (40 minutes). Le cinéaste nous expliquera comment est née l’idée de Judo, et comment le scénario du film a évolué pour aboutir au film que l’on connait. Il reviendra également sur les différentes thématiques abordées par le récit, et sur la façon dont il a tenté d’adapter le style visuel du film à ces thématiques. Une interview remarquable et très complète, qui sera complétée par un court making of (11 minutes), nous donnant à voir des images volées sur le tournage du film, entrecoupées d’entretiens avec les acteurs et l’équipe de Judo. On terminera ensuite avec la traditionnelle bande-annonce du film.

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