Test Blu-ray : Invisible man

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Australie, États-Unis : 2020
Titre original : –
Réalisation :
Scénario :
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 2h04
Genre : Fantastique
Date de sortie cinéma : 26 février 2020
Date de sortie DVD/BR : 19 août 2020

Cecilia Kass est en couple avec un brillant et riche scientifique. Ne supportant plus son comportement violent et tyrannique, elle prend la fuite une nuit et se réfugie auprès de sa soeur, leur ami d’enfance et sa fille adolescente. Mais quand l’homme se suicide en laissant à Cecilia une part importante de son immense fortune, celle-ci commence à se demander s’il est réellement mort. Tandis qu’une série de coïncidences inquiétantes menace la vie des êtres qu’elle aime, Cecilia cherche désespérément à prouver qu’elle est traquée par un homme que nul ne peut voir…

Le film

[3,5/5]

Si James Wan semble avoir définitivement pris son envol en tant que cinéaste et réalise maintenant des « blockbusters » à destination des gros studios, un fidélité professionnelle indéfectible semble en revanche unir et le producteur Jason Blum. D’acteur et scénariste sur Insidious (2010), a en effet peu à peu gravi les échelons jusqu’à devenir réalisateur, sur un produit « sans risque » tout d’abord (Insidious 3, 2015) puis sur des projets plus personnels, le producteur lui lâchant progressivement la bride et lui confiant des budgets de plus en plus conséquents. En effet, si réussi soit-il, Upgrade constituait probablement pour Blum un « galop d’essai » : une œuvre personnelle à petit budget (4 millions de dollars) qui s’imposait à sa manière comme une façon de vérifier si Whannell avait les épaules suffisamment larges pour porter un long-métrage doté d’un budget plus conséquent.

Malgré une période marquée par la crise sanitaire du Covid-19 s’étant avérée pour le moins compliquée du côté des salles de cinéma, a tout de même récolté 124 millions de dollars à l’international, pour un budget de 9 millions. En l’espace de trois semaines, 766.000 français s’étaient notamment laissés séduire par cette relecture moderne du mythe de l’homme invisible. Un joli score, qui devrait confirmer à Jason Blum que est l’homme de la situation. Son expérience auprès de James Wan lui ont en effet assurément donné une véritable « vision » de metteur en scène, qu’il utilise ici à bon escient, avec un film efficace, sans temps mort et développant volontiers une ambiance oppressante malgré des cadres et des prises de vue le plus souvent absolument vides. Et pour cause, la menace vient d’un psychopathe ayant la particularité d’être invisible…

Le tour de force est réel, et repose sur plusieurs facteurs d’une solidité à toute épreuve :

1/ Un script malin et remarquablement bien écrit tout d’abord, qui évite de tomber dans les pièges liés à son sujet, et qui n’auraient pas manqué de débarquer si n’était pas un scénariste si habile. Ainsi, en choisissant de faire de son héroïne, Cecilia, une ancienne femme battue littéralement obsédée par celui qu’elle fuit, le scénariste / réalisateur choisit de demander au spectateur de s’identifier à une femme en pleine reconstruction. Le soin apporté à la description psychologique des différents personnages est absolument remarquable, Whannell faisant le choix de ne jamais réellement nous emmener là où on l’imaginait. Ainsi, la deuxième rencontre entre Cecilia et Tom Griffin (Michael Dorman) est extrêmement étonnante dans la tournure qu’elle prend, et que nous ne révélerons pas ici sous peine de vous [Spoiler] un peu le plaisir.

2/ Une interprétation sans faille, habitée, impressionnante, à mettre au crédit d’. Si elle peut occasionner flirter avec un léger cabotinage dans la deuxième partie du film, l’actrice porte littéralement – et une partie de sa réussite – sur ses épaules. C’est d’autant plus flagrant que pendant les deux premiers tiers du film, la menace à laquelle elle fait face est totalement invisible, et réside de fait uniquement sur son jeu d’actrice, et sa capacité à nous faire croire à la présence de quelqu’un dans des endroits désespérément vides. Hirsute, fébrile, les yeux fous et injectés de sang, elle est littéralement effrayante et malgré les excès, s’avère tout à fait convaincante dans la peau de cette femme voyant littéralement le monde se dérober sous ses pieds.

3/ Une mise en scène bien pensée, qui joue avec nos nerfs ainsi qu’avec les notions de visible et d’invisible, multipliant les éléments visibles pour le spectateur ne l’étant pas pour les personnages, et inversement. Le sentiment de tension n’est que rarement relâché de la part de , et se voit soutenu par la musique du film, signée Benjamin Wallfisch, ainsi que par la photo, jouant sciemment sur la profondeur de champ, et signée Stefan Duscio. On ajoutera de plus que comme sur Upgrade, le cinéaste fait preuve d’idées très étonnantes et énergiques dans la mise en images des scènes d’action, le clou du spectacle étant ici assuré dans une impressionnante scène prenant place dans un couloir d’hôpital.

Bref, si le lien entre et le roman original de H. G. Wells (1897) est plus que ténu, le film de confirme qu’en l’espace de quelques années, le brillant scénariste est également devenu un excellent réalisateur, développant une atmosphère et des idées tout en restant toujours au service de son histoire. Une sympathique surprise pour un film singulier, dont la relative sobriété formelle devrait assurer de vieillir sans prendre trop de rides.

Le Blu-ray

[4/5]

Après une courte carrière dans les salles ayant néanmoins probablement dépassé toutes les attentes de Blumhouse Productions, débarque donc au format Blu-ray sous les couleurs d’. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la galette Haute-Définition proposée par la branche française d’Universal rend vraiment hommage à la sublime photo du film signée Stefan Duscio, et aux compositions de plans de . Le Blu-ray d’ verse même carrément dans l’excellence technique. La définition, le piqué et le niveau de détail sont au top niveau, les couleurs sont éclatantes et naturelles, bien saturées quand il le faut, les contrastes au taquet, les (nombreuses) séquences nocturnes n’accusent aucune baisse de définition et il n’y a pas le moindre souci de compression à l’horizon. Côté son, c’est également un festival avec une piste VO encodée en Dolby Atmos au rendu impressionnant, et qui permettra au spectateur de se plonger dans l’atmosphère du film de la plus grandiose des manières. La VF n’est pas en reste, puisqu’elle est proposée en Dolby Digital+ 7.1. Les deux pistes son prennent toute leur ampleur dès les premières minutes du film, et ne laisseront quasiment aucun répit aux oreilles du spectateur : la spatialisation est intense, les basses se déchaînent, et l’ensemble permet une immersion totale au cœur de ce cauchemar éveillé mené par la personnalité d’.

Côté suppléments, France nous offre, outre un riche commentaire audio de (exercice auquel les cinéastes se prêtent de plus en plus rarement de nos jours), une intéressante poignée de scènes coupées (13 minutes), qui prendront soin de combler quelques « trous » narratifs auxquels on n’avait même pas prêté attention (la présence de clés dans le grenier) et qui tentent d’apporter une dimension romantique inutile entre les personnages d’ et d’. On passera ensuite rapidement sur la featurette consacrée à et à son personnage (4 minutes) pour se concentrer sur le sympathique « journal de tournage » présenté en vidéo par le réalisateur (11 minutes), et qui nous propose quelques moments volés sur le tournage. La featurette suivante, bizarrement intitulée « Les joueurs » (5 minutes), reviendra sur les acteurs principaux et leurs personnages respectifs. On terminera avec un sujet donnant la parole à et Jason Blum et visant à dresser des parallèles entre et les classiques de la Universal mettant en scène le personnage de l’homme invisible (3 minutes).

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