Test Blu-ray : Harmony [Project Itoh]

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Project Itoh : <harmony/>

 
Japon : 2015
Titre original : Hâmonî
Réalisateur : Michael Arias, Takashi Nakamura
Scénario : Koji Yamamoto
Acteurs (VO) : Miyuki Sawashiro, Shin’ichirô Miki, Junpei Morita
Éditeur : @Anime
Durée : 1h59
Genre : Animation, Science-fiction
Date de sortie DVD/BR : 24 août 2016

 

 

Après que le monde a survécu à une catastrophe planétaire, « le Maelstrom », l’humanité a enfin fondé une société parfaite où le bien-être de chacun est devenu la priorité absolue des pouvoirs publics, grâce à la nanotechnologie médicale. Dans ce monde trop parfait, trois jeunes filles prennent la decision de mettre fin à leurs jours pour dénoncer la surmédication et la bonté totalitaire qui règnent dans la société. Mais cette tentative échoue. Dans années plus tard, l’une de ces trois filles, Tuan Kirie, est devenue agent de l’Organisation mondiale de la Santé, celle-là meme qui porte l’idéal de la « santé pour tous ». Bien que Tuan s’interroge régulièrement sur le sens de son existence, elle est rappelée à la réalité pour enquêter sur le pire événement depuis le Maelstrom : le suicide simultané de plusieurs milliers de personnes…

 

 

Le film

[4/5]

Le nom de Project Itoh ne vous dira peut-être rien, mais les amateurs de culture japonaise auront sans doute entendu parler de ce jeune auteur de science-fiction décédé en 2009 des suites d’un cancer et laissant derrière lui deux romans, Genocidal organ et Harmonie (disponible en français chez Panini Books) et les trente premières pages d’un troisième, The empire of corpses. Disparu à l’âge de seulement 34 ans, Project Itoh nous a laissé les bases prometteuses d’une œuvre qui s’annonçait aussi dense que vraiment variée, au point que beaucoup de japonais lui vouent aujourd’hui un véritable culte. De ce culte est né le projet insensé d’adapter pour le cinéma les trois récits du jeune romancier, sous la forme de films d’animation, tous mis en boîte par des studios différents pour une sortie commune à l’automne 2015. L’homogénéité graphique entre les trois films est assurée par le célèbre illustrateur / designer redjuice, qui assurera pour la trilogie le poste de chara-designer.

Sur les trois films originellement prévus, seuls The empire of corpses et <harmony/> ont pour l’instant vu le jour. Le tournage de Genocidal organ a en effet été interrompu par la faillite du studio Manglobe, puis repris avec le même staff technique par Geno Studio. Le film sortira finalement sur les écrans japonais en 2017.

<harmony/> est donc le deuxième film du « projet Itoh » sorti sur les écrans japonais. Réalisé par Michael Arias (Amer béton) et Takashi Nakamura (Robot carnival) pour le Studio 4°C (Steamboy, Spriggan), est un récit de science-fiction intimiste et puissant, proposant de brutales ruptures de ton entre les passages mélancoliques et une violence assez extrême. Beaucoup plus « immersif » -d’un point de vue purement émotionnel- que le roman dont il est tiré, qui imposait par son style étrange (un pseudo langage HTML) une distance forte entre le lecteur et ce qui lui était raconté, <Harmony/> emmène le spectateur dans un futur dystopique au cœur duquel le Japon a décidé de réguler la population en leur implantant un système de protection de santé d’une bienveillance absolue appelé « WatchMe », qui les empêche de tomber malade mais gère également, par le biais d’une in gérance totale au sein de leur sphère privée, leurs interactions sociales et relations aux autres. La « nature » même de l’être humain s’en trouve modifiée : il semble incapable de gérer par lui-même ses sentiments autant que ses émotions. On suivra donc le parcours de Tuan, marquée au fer rouge par le suicide de sa camarade Miach treize ans plus tôt, au cœur d’une enquête tournant autour d’une vague de suicides collectifs sans précédent…

Récit d’atmosphère, imposant au spectateur un rythme lent qui s’emballe à l’occasion de quelques séquences d’action assez impressionnantes, le film d’Arias et Nakamura se repose sur une direction artistique aussi épurée que réellement bluffante, d’autant plus étonnante que le récit se base en partie sur des éléments géo-politiques concrets et bien connus du public contemporain. De fait, <harmony/> garde un pied dans le réel, s’éloignant ainsi de l’abstraction absolue et forcenée que nous proposent certaines histoires de science-fiction. La critique de la société moderne (japonaise d’abord, mais cela s’applique également aux autres pays) est féroce, surtout quand on considère que les seules armes de Miach pour convaincre son prochain se situe dans le discours, jouant sur les faiblesses de ses interlocuteurs, à la façon de tous les terroristes de par le monde, afin de leur faire prendre les armes pour les retourner soit sur eux-mêmes, soit sur leur prochain.

En deux mots comme en cent, <harmony/> est une nouvelle très belle réussite à mettre à l’actif de Michael Arias et Takashi Nakamura autant que du Studio 4°C. On vous invite également à découvrir The empire of corpses, qui vient également de sortir en combo Blu-ray + DVD chez @Anime : le test du Blu-ray est prévu le 16 septembre dans nos colonnes !

 

 

Le Blu-ray

[5/5]

C’est @Anime qui permet donc aujourd’hui aux fans de science-fiction de voir et revoir <harmony/> sur support Blu-ray, dans un beau combo Blu-ray + DVD proposé dans un très beau metalpak (voisin du steelbook), et le moins que l’on puisse dire c’est que l’éditeur a vraiment soigné sa copie niveau master. L’image est sublime, la définition est d’une précision à couper le souffle, nous offrant un piqué réellement impressionnant, mettant en valeur la formidable photo du film, très lumineuse. Les couleurs et surtout les noirs ne dépareillent pas, et contribuent à proposer une immersion totale dans le film. Côté son, et comme d’habitude avec l’éditeur, à la fois la VO et la VF sont proposées en DTS-HD Master Audio 5.1, qui nous proposent toutes deux une ampleur et un dynamisme échevelés. Riche en basses, d’une finesse absolue et très enveloppante, la bande-son d’<Harmony/> vous réservera son lot de surprises acoustiques.

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Du côté des suppléments, la galette en elle-même ne comporte qu’une série de bandes-annonces, mais l’éditeur a pris soin de nous livrer à nouveau un superbe objet, puisque le metalpak contenant les deux galettes contient également un livret de 16 pages couleurs contenant de riches entretiens avec Michael Arias et Takashi Nakamura, ainsi que deux superbes cartes.

 

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