Test Blu-ray : Ghost in the shell – Édition Collector

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– Édition Collector

 
Japon : 1995
Titre original :
Réalisation :
Scénario :
Acteurs (VO) : Atsuko Tanaka, Akio Otsuka, Tamio Oki
Éditeur :
Durée : 1h22
Genre : Animation, Science-fiction
Date de sortie cinéma : 29 janvier 1997
Date de sortie DVD/BR : 15 mars 2017

 

 

2029, Newport City. Le Major Motoko Kusanagi, femme cyborg ultra-perfectionnée, à la tête de la Section 9, une unité d’élite anti-terroriste, enquête sur un nouveau cyber-virus capable de contrôler les esprits et d’altérer les souvenirs de ses victimes. Le suspect principal, surnommé le « Puppet Master », à la réputation aussi mystérieuse qu’insaisissable, devient la cible d’une traque intense sur fond de rivalité avec la section 6, à la solde du Ministère des Affaires Étrangères et de son mystérieux Projet 2501. Écoutant sa voix intérieure, Motoko se lance corps et âme dans une quête sans relâche qui l’amènera à questionner son existence et sa part d’humanité…

 

 

Le film

[5/5]

Le succès frappe au hasard et, comme la foudre, prend parfois des directions inattendues. Celui qui toucha le film d’animation en est le parfait exemple : ce film, qui déchaina les passions à travers le monde au milieu des années 90 tout en contribuant grandement à la reconnaissance publique et critique de la « japanimation » en tant que phénomène culturel majeur, était présent pile au bon endroit et au bon moment. En 1995, synthétisait en un seul et même film tous les éléments de la mouvance « cyberpunk » très en vogue à l’époque, non seulement au Japon (Gunnm, Armitage III) mais également aux Etats-Unis (Le cobaye, Johnny Mnemonic, Strange days). Visuellement bluffant, le film fut « adoubé » par des propos de James Cameron largement relayés dans la presse à travers le monde, et de devenir un classique instantané, une référence qui deviendrait une influence majeure sur tout un pan du cinéma et de la culture pour les dix ans qui suivraient.

Pourtant, si brillant soit le film, surtout dans sa façon assez intéressante d’aborder le concept de transhumanisme, rien ne laissait à priori deviner ce succès. En effet, n’est sans doute ni le film le plus abouti, ni le film le plus personnel de son auteur  : dans le domaine de l’animation, Patlabor et Patlabor 2, respectivement réalisés en 1989 et 1993, déjà avec son complice Kazunori Itô au scénario, se révélaient sans doute non seulement également de purs chefs d’œuvre, mais aussi et surtout plus proches de son univers, en tous cas moins assujettis à « l’air du temps » de l’époque. Avec 2 – Innocence en 2004, Oshii s’approprierait sans doute un peu plus le matériau de base, mais perdrait en revanche dans ses digressions philosophiques beaucoup de spectateurs, préférant l’impact et l’action du premier film. De plus, cette version cinématographique de n’est pas non plus très représentative de l’œuvre de qu’il adapte, qui s’avérait être un manga assez barré, baroque, fourmillant de vie et d’humour, dont on ne retrouverait à l’écran que le squelette, habillé d’un tout autre état d’esprit.

Et pourtant, plus de vingt ans plus tard, le charme du film de  opère toujours, presque imparable durant son premier acte, et développant un propos et presque une philosophie qui le rapprochent du cinéma de Tarkovski, mais dont la froideur est contrebalancée par des séquences d’action singulières et rentre-dedans. Puissant, ose surfer sur des thématiques au mieux obscures, au pire abstruses, quasi- abstraites, questionnant l’intelligence artificielle, la robotique et la notion de transhumanisme, prolongeant de fait la réflexion amorcée par des films tels que Blade Runner ou Robocop quelques années auparavant. Si elle a pris un petit coup de vieux, l’animation demeure d’une efficacité remarquable, le design des personnages est impeccable, et la musique de Kenji Kawai fait partie de ces bandes-originales mythiques que tout un chacun se réécoute régulièrement, même déconnectée de tout support visuel. Un classique de l’animation, de la science-fiction, et du cinéma en général.

 

 

Le coffret Blu-ray

[5/5]

L’arrivée de sur support Haute-Définition est, en soi, un petit événement, et est bien conscient de cet état de fait. Et comme d’habitude avec l’éditeur, à peine le disque inséré dans le lecteur et l’apparition sur l’écran du générique de début, difficile de retenir sa mâchoire devant le rendu du film en Blu-ray. Superbe boulot de restauration, couleurs magnifiques, encodage aux petits oignons… L’image est tout simplement splendide. On redécouvrira donc avec plaisir et nostalgie le montage « cinéma » du film d’Oshii, mais fait très fort en nous proposant l’expérience la plus complète possible autour du film : le remontage du film, légèrement modifié en 2008 par le réalisateur et intitulé 2.0 est également de la partie, dans un transfert tout aussi merveilleux. Niveau son, VF d’origine et VO sont proposées en DTS-HD Master Audio 5.1, et les mixages sont soignés, utilisant la spatialisation de façon sobre, relayant la bande originale de façon subtile sur un second-plan ample et enveloppant, qui explose littéralement durant les séquences d’action. Pour les puristes, les deux versions audio sont également proposées en DTS-HD Master Audio 2.0 d’origine. La mythique version française du film (et ses punchlines qui claquent) propose d’entendre les voix de Tania Torrens et de Daniel Beretta, connus du grand public pour leurs doublages réguliers de Sigourney Weaver et Arnold Schwarzenegger.

Dans la section suppléments, on trouvera tout d’abord deux bandes-annonces, un making of d’une demi-heure (SD, 1996) revenant sur les différents défis techniques que présentait , et qui se termine sur des images de l’avant-première du film à Tokyo, au cours de laquelle le réalisateur déclare qu’il s’agit là de son film « le plus facile à regarder » ; comme on le disait plus haut, on ne peut qu’être d’accord avec ses propos : cette relecture de l’œuvre de Shirow apparaît souvent, pour qui connaît et aime le reste de sa filmographie, comme son film le plus « accessible » pour le grand public, le moins personnel sans doute – sans que cela ne retire rien à ses qualités. En l’état, il demeure une parfaite « porte d’entrée » à son univers et à sa filmographie, qui se révéleront encore plus complexes et tortueux que ne le laissait augurer cette plongée futuriste dans les bas-fonds de Newport City.

On poursuivra ensuite avec un très court entretien avec , une featurette intitulée Digital Works (1995) revenant sur l’utilisation de l’imagerie digitale dans la production, le montage et l’animation du film (assez inédit à l’époque, le recours aux ordinateurs dans le petit monde de l’animation s’est généralisé depuis), ainsi qu’avec un sujet plus récent consacré à la restauration du film.

Mais ce n’est pas tout : comme vous le savez sans doute, fait partie de ces (trop rares) éditeurs qui n’oublient jamais qu’une édition collector qui se respecte se doit AUSSI d’être un bel objet. Cette riche édition contenant deux Blu-ray se présente donc dans un très classieux Steelbook aux couleurs du major Kusanagi, reprenant le superbe visuel de l’affiche de 1995. En plus des deux galettes, cette édition comprend également un livret de 20 pages contenant une biographie et une interview de , la retranscription d’une discussion entre Kenji Kawai et Oshii, ainsi que quelques extraits du storyboard. Et comme si cela ne suffisait pas, l’édition spéciale FNAC, uniquement disponible dans cette chaine de magasins, comporte aussi le CD de la bande-originale, presque aussi indispensable que le film lui-même ! Un boulot éditorial au top pour une édition en tous points remarquable.

 

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