Test Blu-ray : Extra sansgsues

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Extra sansgsues

 
États-Unis : 1986
Titre original :
Réalisation :
Scénario : Fred Dekker
Acteurs : , ,
Editeur :
Durée : 1h30
Genre : Horreur, Comédie
Date de sortie cinéma : 4 mars 1987
Date de sortie BR/DVD : 12 novembre 2019

 

1959, Un vaisseau extraterrestre s’écrase sur terre. La créature qui était à l’intérieur prend possession d’un jeune homme. Près de 30 ans plus tard, Chris Romero, étudiant un peu perdu et son ami J.C, découvrent le corps possédé qui revient à la vie…

 


 

Le film

[4,5/5]

Ayant acquis, au fil des années, une aura de « film culte » dont une poignée d’aficionados connaissent les répliques par cœur, Night of the creeps n’a pas volé sa réputation de film foutraque et iconoclaste. Partageant un goût immodéré pour l’humour potache et la dérision avec Le retour des morts-vivants tourné l’année précédente, le premier film de Fred Dekker s’avère encore aujourd’hui étrangement peu connu en France, même s’il y a pourtant été exploité sous deux titres au fil des années 80 / 90 : Extra sangsues et .

Film de tous les délires, le long-métrage de Fred Dekker s’écarte néanmoins rapidement de celui de Dan O’Bannon, tout comme il n’est pas non plus tout à fait dans la droite lignée de ceux tournés à la même époque par Joe Dante, Sam Raimi ou encore Stuart Gordon. Mais « l’esprit » est là, et bel et bien là, l’esprit et la volonté sincère de livrer avec Extra sangsues une comédie d’horreur qui soit également un vibrant hommage au cinéma qui a probablement bercé Dekker durant toute son enfance, à savoir tout autant les séries B de science-fiction que les films d’horreur des années 50/60.

Seulement voilà : dans la fougue de sa jeunesse, Dekker veut trop en faire. Comme s’il signait là son dernier film (ce qui, finalement, ne serait pas si loin de la vérité), il place dans son script tout ce qu’il a envie de voir. Des extra-terrestres, une histoire de parasite, des zombies, un serial killer… Le tout sur fond de teen movie à la American College, avec ses inévitables fratries / sororités et ses personnages de nerds en quête de dépucelage sauvage. Empilant les tonalités autant que les intrigues, Extra sangsues disperse largement son propos pendant sa première moitié, comme si l’aspirant-cinéaste n’arrivait pas à canaliser le foisonnement de ses idées et cherchait à proposer à chaque nouvelle séquence de nouveaux éléments narratifs. Ce trop-plein d’énergie et de créativité ma contrôlée se traduira naturellement à l’écran par une intrigue forcément foutraque, amorçant tout un tas d’idées narratives sans les amener à leur terme, les abandonnant en route pour, parfois, les reprendre un peu plus tard.

 

 

Mais ce n’est pas pour autant qu’Extra sangsues ne s’avère pas régulièrement brillant dans l’organisation de tout ce joyeux bazar : l’introduction des différents personnages, et en particulier la façon dont est amené le personnage de Tom Atkins dans la partie « contemporaine » du récit tiennent tout simplement de l’idée de génie, et démontrent non seulement un sacré talent d’écriture, mais également une véritable maestria de metteur en scène. Mais modeste jusqu’au bout des ongles, Fred Dekker emploiera tout son talent à ne pas se mettre en avant, plutôt désireux de rendre hommage à ses pairs, qu’ils aient œuvré dans le domaine de la SF – on pense à Ed Wood notamment, par le biais d’un extrait de Plan 9 from outer space diffusé à la télé – ou qu’ils fassent partie des cinéastes horrifiques qu’il admire par dessus tout – tous les personnages du film portent le nom de réalisateurs ayant marqué le genre : Carpenter, Hooper, Corman, Romero, Cronenberg, Gordon, Raimi, Dante, etc. Malgré ses dérives ouvertement gore et le mauvais esprit de sale gosse qu’il développe tout au long de son intrigue, l’amour sincère d’Extra sangsues pour les genres qu’il aborde se retrouvera d’ailleurs jusque dans le caméo de l’indispensable Dick Miller, nous donnant furtivement l’impression de visionner un film de Joe Dante.

Pour résumer, il est indéniable qu’Extra sangsues manque un peu de rigueur dans la tenue de son scénario, trop chargé et trop généreux : on pourrait même parfois caresser l’impression que le développement du script a été sacrifié au bénéfice de ses impressionnants effets spéciaux old school. Cela dit, c’est aussi ce qui rend le film de Dekker si attachant : l’attrait du « premier jet ». Qui n’est jamais tombé sous le charme d’une ébauche ou d’un brouillon qui, malgré son aspect peut-être un peu chargé ou pas totalement maîtrisé, vous paraît au final plus abouti qu’un tableau de maître ?

 

 

Le Blu-ray

[4,5/5]

Comme l’année dernière à la même période, nos amis de chez Elephant Films nous proposent de redécouvrir en ce morne mois de novembre une poignée de pépites de l’horreur en Haute Définition, disponibles au sein d’une vague de sorties consacrée à l’horreur vintage. Voici donc l’occasion pour Extra sangsues, , , Le beau-père et Le beau-père 2 de ressortir de l’oubli, ce qui permettra qui plus est aux plus jeunes d’entre nous de découvrir quelques classiques du genre un peu retombés dans l’ombre.

Côté Blu-ray, le boulot effectué par Elephant Films sur Extra sangsues est remarquable : l’éditeur propose en effet une copie de toute beauté, respectueuse du léger grain d’origine mais permettant au piqué s’exprimer toute sa précision, le tout étant surmonté de couleurs naturelles et de contrastes solides. Le film de Fred Dekker est par ailleurs naturellement proposé au format 1.85 respecté, la définition ne pose pas de souci et les noirs sont denses et remarquablement gérés. Du très beau travail technique en somme. Côté son, nous avons droit à deux mixages DTS-HD Master Audio 2.0 à la fois en VF et en VO, proposant une excellente restitution acoustique de l’ambiance du film. L’ensemble est par ailleurs mixé sans souffle ni bruits parasites, les dialogues sont parfaitement clairs, et les sous-titres ne souffrent d’aucun problème particulier. La VF d’origine, pleine de charme et de voix connues, ravira les amateurs. On notera par ailleurs que le film nous est ici proposé dans sa version « director’s cut ».

Du côté de la section suppléments, on trouvera tout d’abord une présentation du film par Julien Comelli, responsable des travaux pratiques de Biochimie pour les étudiants de 2ème année à l’Université de Fribourg, qui nous propose un retour sur la carrière de Fred Dekker par le prisme de sa relation d’amitié de longue date avec le scénariste / réalisateur Shane Black. Bien entendu, le sujet est intitulé « Black et Dekker ». On continuera ensuite avec un passionnant making of retrospectif (58 minutes), décomposé en plusieurs featurettes, qui reviendra sans langue de bois sur la genèse d’Extra sangsues. On y abordera donc pêle-mêle la conception et le scénario du film avec Fred Dekker et Charles Gordon (producteur), puis les acteurs (Tom Atkins, Jason Lively, Jill Whitlow ou encore Steve Marshall répondent présents à l’appel), les effets spéciaux (avec David B. Miller, Howard Berger et Robert Kurtzman) ou encore la musique (avec le compositeur Barry De Vorzon). Le documentaire ne fait pas l’impasse sur la post-production chaotique du film, qui a forcé Dekker à en modifier la fin suite à des projections-test, ni sur son exploitation « bâclée » aux Etats-Unis. La très vivace communauté de fans d’Extra sangsues est également évoquée à l’occasion d’une projection du film à Austin, qui nous permettra de rencontrer de nombreux amoureux de ce film unique. Mais ce n’est pas tout, car nous aurons également droit à une série de scènes coupées (8 minutes), parfois amusantes, et la fin alternative, qui était déjà visible dans le making of. On terminera enfin avec outre les bandes-annonces non restaurées de plusieurs films d’horreur disponibles chez Elephant Films. Du beau travail éditorial.

 

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