Test Blu-ray : Étranges compagnons de lit

0
529

États-Unis : 1965
Titre original :
Réalisation :
Scénario : ,
Acteurs : , ,
Éditeur : Elephant Films
Durée : 1h39
Genre : Comédie
Date de sortie cinéma : 13 mai 1965
Date de sortie DVD/BR : 8 décembre 2020

Carter Harrison travaille dans une société pétrolière avec succès. Mais sa vie personnelle est plus tumultueuse. Marié à une italienne exubérante et energique, son couple bat de l’aile et il demande la séparation. Or, pour lui accorder un important poste de direction, sa société exige qu’il puisse donner en Angleterre l’image d’un couple modèle…

Le film

[3/5]

Sorti sur les écrans américains grosso modo un an après Le sport favori de l’homme dont nous avons parlé hier (lire notre article), mettait à nouveau en vedette dans le rôle d’un « imposteur », cherchant à donner de lui une image n’étant absolument pas conforme à la réalité.

Après avoir tenté de se faire passer pour un pro de la pêche en 1964, Hudson incarne ici Carter Harrison, un cadre qui, dans le but d’obtenir une promotion, tente de faire croire à son patron qu’il est marié à Toni Vincente (), et surtout qu’il est un époux bien sous tous rapports, garant des valeurs familiales et tout le tintouin. En réalité, après vécu une fougueuse relation physique avec la jeune femme, il est séparé d’elle depuis sept ans…

Ainsi, et même sans chercher à calquer la même grille de lecture analytique sur tous les films de à l’époque, il est bien difficile à la découverte d’ de ne pas voir un parallèle avec la vie personnelle de l’acteur, qui était homosexuel, mais qui avait pris le parti de dissimuler cet aspect de sa personnalité aux studios ainsi qu’au public afin de percer à Hollywood…

Impossible également de louper le léger sous-texte « gay » qui marque de son empreinte certaines scènes d’, surtout dans les interactions entre et les deux autres personnages masculins du film, et Edward Judd – avec qui Hudson partagera même son lit ! Une partie des dialogues semble également clairement orientée – on pense aux discussions entre les taxis (« His or hers ? »), ou encore à cette invective lancée par Young au personnage de  : « No more gay married bachelor, you’ve got to be Carter Harrison, family man ! » Une façon peut-être de souligner le parallèle entre la vie de Carter Harrison et celle de  ?

marque par ailleurs la deuxième collaboration entre et , après la comédie romantique Le rendez-vous de septembre (Robert Mulligan, 1961). Ce nouveau film n’a certes pas la fraîcheur de l’original, mais confirme l’alchimie présente à l’écran entre les deux acteurs, ici doublée d’une tension sexuelle bon enfant qui donne un peu de piquant à certaines scènes qui auraient pu, sans leur présence, tomber dans la banalité.

Au final, et même s’il n’est certainement pas parfait, s’impose donc comme une sympathique petite comédie typiquement 60’s.

Le Blu-ray

[4/5]

Disponible chez l’éditeur au sein d’une petite vague consacrée à au sein de la riche collection « Cinema Master Class » d’Elephant Films, s’offre donc un lifting HD sur galette Blu-ray aussi inattendu qu’enthousiasmant.

Aussi bien côté image que côté son, le master proposé par Elephant Films s’avère en effet une excellente surprise. Le piqué est d’une belle précision, le grain cinéma est globalement préservé, et couleurs et contrastes semblent avoir été tout particulièrement soignés. L’ensemble est donc tout à fait recommandable, surtout étant donné l’âge du film. Rien à redire non plus sur le mixage audio, proposé en DTS-HD Master Audio 2.0 mono d’origine, à la fois en VF et en VO, clair, punchy et sans souffle. La version française plaira forcément aux amateurs de VF surannées, qui ajoutent parfois un charme supplémentaire aux films qu’elles accompagnent…

Côté suppléments, on trouvera, comme sur tous les Blu-ray de cette vague consacrée à (La Légende de l’épée magique / Ne dites jamais adieu / Le sport favori de l’homme / / ), une formidable présentation de par Jean-Pierre Dionnet (16 minutes). Animé par une véritable volonté de « transmission », le cofondateur de Métal hurlant reviendra de façon didactique sur un acteur qui, il l’a constaté, s’avère de nos jours peu connu des jeunes générations, qui l’ont découvert par l’intermédiaire de la série Hollywood de Ryan Murphy mais ne connaissent réellement ni ses films ni l’étendue de sa carrière. Jean-Pierre Dionnet rectifiera donc cette lacune avec le sérieux mais aussi et surtout l’humour qu’on lui connaît – on a bien vu qu’il a l’œil qui frise à l’évocation de certaines anecdotes !

On continuera ensuite avec une présentation du film par Jean-Pierre Dionnet (7 minutes). Le maestro reviendra sur le casting du film ainsi que sur le contexte de tournage, tout en évitant soigneusement d’évoquer frontalement l’intrigue du film ou l’importance d’ au cœur des carrières respectives de ou de « la Lollo », . On terminera avec la traditionnelle bande-annonce.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici