Accueil Blu-ray, DVD, livres Blu-ray Test Blu-ray 4K Ultra HD : Springsteen – Deliver me from Nowhere

Test Blu-ray 4K Ultra HD : Springsteen – Deliver me from Nowhere

0
95

Springsteen : Deliver me from Nowhere

États-Unis : 2025
Titre original : –
Réalisation : Scott Cooper
Scénario : Scott Cooper
Acteurs : Jeremy Allen White, Jeremy Strong, Paul Walter Hauser
Éditeur : Walt Disney France
Durée : 2h00
Genre : Biographie, Musique
Date de sortie cinéma : 15 octobre 2025
Date de sortie DVD/BR/4K : 25 février 2026

La genèse de l’album “Nebraska” au début des années 80, période au cours de laquelle le jeune musicien, sur le point d’accéder à une notoriété mondiale, lutte pour concilier les pressions du succès et les fantômes de son passé. Enregistré sur un magnétophone quatre pistes dans la chambre même de Bruce Springsteen dans le New-Jersey, « Nebraska » est un disque acoustique incontournable aussi brut qu’habité, peuplé d’âmes perdues à la recherche d’une raison de croire…

Le film

[3,5/5]

Si le phénomène ne date pas d’hier, le succès rencontré par Bohemian Rhapsody (2018, 962 millions de dollars de recettes) puis par Rocketman (2019, 206 millions) a contribué à populariser les biopics centrés sur des personnalités incontournables de la musique contemporaine, qu’elles soient mortes ou pas. Ainsi, ces dernières années, les biopics musicaux se sont multipliés : Respect en 2021, Elvis et Whitney Houston – I Wanna Dance With Somebody en 2022, Bob Marley : One love en 2023… Depuis, ce fut une véritable déferlante, avec Back to Black, Monsieur Aznavour, Un parfait inconnu ou encore les originaux Piece by Piece et Better Man. Et en octobre dernier, ce fut Bruce Springsteen qui connut les honneurs d’un biopic filmé, avec Springsteen : Deliver me from Nowhere.

Springsteen : Deliver me from Nowhere a le parfum des grands espaces : c’est une route américaine au petit matin, encore humide de la nuit, avec cette lumière pâle qui hésite entre la mélancolie et la promesse. Le film, ancré dans l’Amérique triomphante du début des années 80, retrouve Bruce Springsteen au moment où l’artiste, déjà adulé mais intérieurement fracturé, s’apprête à composer Nebraska, l’album le plus dépouillé, le plus hanté et le plus viscéral de sa carrière. Scott Cooper, à qui l’on doit notamment des films tels que Crazy Heart, Strictly Criminal ou Hostiles, filme cette période comme un carrefour existentiel, un instant suspendu où la musique devient un refuge, un exorcisme, une manière de survivre à soi-même.

Springsteen : Deliver me from Nowhere capte cette tension avec une douceur presque hypnotique, comme si chaque note enregistrée dans cette maison du New Jersey contenait un morceau de vérité brute. Mais le film parle surtout de la solitude, de la culpabilité, de la violence sourde qui traverse l’Amérique de Reagan. Il nous montre une société en pleine mutation, où la libération des mœurs se heurte à un retour de conservatisme, où les rêves d’ascension sociale se fissurent. La caméra glisse sur ces détails avec une attention presque documentaire, rappelant que le contexte social n’est jamais un simple décor : il imprègne la musique, les choix artistiques, les silences. Springsteen : Deliver me from Nowhere relie ainsi l’intime et le politique, sans jamais sombrer dans le discours appuyé.

Pour mettre en images son biopic, Scott Cooper opte pour une mise en scène sobre, presque ascétique, qui épouse parfaitement l’esprit de Nebraska. Les cadres sont dépouillés, les couleurs désaturées, les intérieurs modestes. Le réalisateur semble vouloir filmer l’air lui-même, cette atmosphère lourde qui précède les décisions importantes. Une métaphore farfelue pourrait évoquer un fantôme essayant de s’asseoir sur un tabouret trop petit, mais derrière cette image se cache une vérité : Springsteen : Deliver me from Nowhere explore l’inconfort, l’étroitesse, la sensation d’être coincé dans sa propre vie. Les plans fixes, les silences prolongés, les regards perdus dans le vide deviennent autant de portes d’entrée vers l’état d’esprit du musicien.

Comme beaucoup de biopics consacrés à des chanteurs, Springsteen : Deliver me from Nowhere repose sur des performances d’acteurs remarquables. Jeremy Allen White, qui interprète Bruce Springsteen à l’écran, ne cherche pas l’imitation servile : il incarne plutôt une énergie, une fatigue, une intensité intérieure. Son jeu, tout en retenue, rappelle que le Boss n’a jamais été un personnage flamboyant, mais un homme qui observe, qui écoute, qui absorbe le monde avant de le recracher en chansons. Les seconds rôles, notamment ceux incarnant les proches, les musiciens, les figures de l’industrie, apportent une humanité précieuse. Le film évite les caricatures, préférant montrer des êtres faillibles, parfois maladroits, mais profondément attachés à la création.

Et au final, Springsteen : Deliver me from Nowhere réussit parfaitement à capturer l’essence d’un album qui, malgré son dépouillement, continue de hanter des générations entières. Le film célèbre la fragilité, la sincérité, la beauté des choses simples. Il montre que la musique peut être une prière, un cri, un aveu, un moyen de se délivrer – de nulle part, de partout, de soi-même. Parce que parfois, il suffit d’un murmure pour tout bouleverser.

Le Blu-ray 4K Ultra HD

[4/5]

Le Blu-ray 4K Ultra HD de Springsteen : Deliver me from Nowhere, édité par Walt Disney France, se présente dans un packaging sobre mais élégant, un boîtier noir Katka glissé dans un fourreau cartonné qui reprend l’affiche minimaliste du film. L’ensemble respire la sobriété, en parfaite cohérence avec l’esprit de Nebraska. L’image, proposée en Dolby Vision et HDR10, offre une restitution splendide des contrastes : les noirs profonds des intérieurs, les gris hivernaux du New Jersey, les lumières tamisées des scènes d’enregistrement. Le film, volontairement dépouillé, gagne ici en texture : les visages apparaissent plus détaillés, les ombres plus nuancées, les matières plus palpables. Le Dolby Vision apporte une finesse supplémentaire dans les transitions lumineuses, renforçant l’atmosphère mélancolique du récit. Du côté des pistes son, le film de Scott Cooper nous est proposé en Dolby Atmos (en VO) et Dolby Digital+ 7.1 (pour la VF). La version originale offre une spatialisation absolument remarquable, notamment dans les scènes musicales où les guitares acoustiques, les respirations et les bruits ambiants enveloppent le spectateur. Mais la version française s’en sort également très bien : le mixage est clair, équilibré, et parfaitement adapté aux dialogues comme aux moments musicaux. Du très beau travail technique.

Le Blu-ray 4K Ultra HD de Springsteen : Deliver me from Nowhere ne propose aucun supplément, mais sur le disque Blu-ray, également disponible dans le boîtier, on trouver un intéressant making of (34 minutes), qui réunit entretiens, images de tournage et réflexions sur la genèse du film. On y découvrira les intentions du réalisateur, les choix esthétiques, les défis liés à la reconstitution de l’époque, ainsi que des anecdotes sur la manière dont l’équipe a cherché à capturer l’esprit de l’album Nebraska. Intéressant !

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici