Test Blu-ray 4K Ultra HD : Le Dernier chasseur de sorcières

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Le Dernier chasseur de sorcières

États-Unis, Chine, Canada : 2015
Titre original : The Last Witch Hunter
Réalisateur : Breck Eisner
Scénario : Cory Goodman, Matt Sazama, Burk Sharpless
Acteurs : Vin Diesel, Rose Leslie, Elijah Wood
Éditeur : M6 Vidéo
Durée : 1h46
Genre : Fantastique
Date de sortie cinéma : 28 octobre 2015
Date de sortie BR4K : 27 juillet 2022

Notre monde actuel repose sur un pacte fragile régissant la paix entre humains et sorcières. Ces dernières sont autorisées à vivre secrètement parmi nous tant qu’elles n’ont pas recours à la magie noire. Kaulder, membre de la confrérie de la hache et de la croix qui garantit ce pacte, chasse les sorcières insoumises depuis plus de 800 ans. Mais lorsque l’un des membres de son groupe est assassiné, la guerre est sur le point d’éclater et de faire des rues de New York un véritable champ de bataille…

Le film

[3/5]

« Le visage de Vin Diesel ne semble réellement à sa place que dans des films dont l’action se déroule dans le présent ou le futur. Le voir apparaître barbu lors du prologue médiéval de ce film-ci nous laisse en effet craindre le pire, tant l’acteur, habitué aux rôles de guerriers fantastiques ou de conducteurs endiablés, y dénote. C’est pourtant un autre aspect distinctif de ses traits qui sera ultérieurement mis à profit, puisque le personnage qu’il interprète dans Le Dernier chasseur de sorcières est condamné à être immortel. Car sur la durée assez conséquente de sa carrière, qui a réellement commencé au début du siècle, Vin Diesel n’a subi aucune évolution notable de son physique. Cet immobilisme temporel se retourne indirectement contre le personnage, prisonnier d’une vie sans but, bien qu’elle soit ponctuée d’aventures éphémères. La tâche ingrate de maintenir le statu quo entre les hommes et les sorcières, il l’effectue avec le même stoïcisme désabusé avec lequel Diesel traverse jusqu’à présent sa filmographie. Autant dire que ce film de genre ne convertira pas de nouveaux fans à l’appréciation du talent du comédien, mais qu’il réserve un spectacle étonnamment maîtrisé à ceux qui ne s’attendent qu’à de l’action sur fond d’une histoire abracadabrante.

Après deux ou trois décennies d’une exploration accrue par toutes les formes de fiction, au cinéma, à la télévision et dans une littérature spécialisée abondante, il ne reste plus aucune histoire originale à raconter autour des sorcières en particulier et sur l’affrontement entre le monde des vivants et celui des morts en général. Le cadre de ce pan du fantastique ne recèle plus aucun potentiel d’innovation, alors que la soif du public pour ce genre d’histoire paraît sans fin. Il serait par conséquent illusoire de s’attendre encore à une quelconque révélation dans ce domaine, d’autant moins probable que le progrès constant des capacités techniques incite hélas les producteurs à privilégier la surenchère des effets à la préservation de l’enchantement par voie de suggestion habile. Dans le contexte d’une telle morosité du fond et de la forme, le cinquième film de Breck Eisner s’en sort contre toute attente avec les honneurs, aussi parce qu’il emploie un ton sérieux qui ne laisse guère de marge de manœuvre à la parodie ou à l’exagération manichéenne. Ce serait certes peine perdue de relever toutes les incohérences du scénario, ainsi que les libertés manifestes prises avec la réalité, de toute façon très abstraite dans ce genre de film. Mais en tant que divertissement solide et relativement sobre, Le Dernier chasseur de sorcières remplit amplement son contrat.

La qualité de l’exécution technique, entre autres du côté de la photographie de Dean Semler et de celui d’effets spéciaux employés à bon escient et presque satisfaisants d’un point de vue esthétique, et la narration maîtrisée évitent au récit de sombrer dans le chaos qui a déjà accablé fatalement bon nombre de films semblables. Même les revirements les plus incongrus s’intègrent naturellement dans un flux dramatique qui tient à distance les exagérations les plus flagrantes. Ainsi, les variations dans la nature invincible du héros ne donnent pas lieu à des sursauts pleins de pathos, tout comme le caractère surnaturel de l’histoire ne déclenche pas non plus une litanie de charabia religieux. Un certain pragmatisme est au contraire la valeur maîtresse dans cette aventure aux ingrédients largement éprouvés. L’exploit consiste alors à y faire croire le spectateur, qui n’est évidemment pas dupe des ficelles employées, mais qui se laisse prendre néanmoins au jeu, grâce à la conviction avec laquelle tous les participants lui soumettent leur œuvre passablement grandiloquente. En somme, Le Dernier chasseur de sorcières est un film de genre qui aurait pu échouer lamentablement pour de multiples raisons, mais qui a su garder la tête haute, surtout grâce à l’application exempte de la moindre tendance à la fanfaronnade de la part de Breck Eisner. »

Critique de notre rédacteur Tobias Dunschen.

Raz-de-marée de 4K chez M6 Vidéo

Petit à petit, le format 4K fait son nid : même si on est encore loin de parler d’explosion du marché, à la fin de la saison estivale, la France aura tranquillement dépassé les 1100 titres disponibles en Ultra Haute-Définition, ce qui est plutôt encourageant. Au fur et à mesure, les « gros » films de catalogue commencent donc à apparaître sur nos écrans en 2160p, et à ce titre, M6 Vidéo fait particulièrement fort avec une nouvelle salve 4K composée de rien de moins que 10 titres au format Blu-ray 4K Ultra HD.

Le 27 juillet 2022, M6 Vidéo nous proposera donc de redécouvrir 10 grands classiques de son catalogue en Ultra Haute-Définition : il s’agit des films Iron Man (Jon Favreau, 2008), L’incroyable Hulk (Louis Leterrier, 2008), Démineurs (Kathryn Bigelow, 2008), RED (Robert Schwentke, 2010), Looper (Rian Johnson, 2012), Du sang et des larmes (Peter Berg, 2013), Insaisissables (Louis Leterrier, 2013), Le Dernier chasseur de sorcières (Breck Eisner, 2015), Point Break (Ericson Core, 2015) et Deepwater (Peter Berg, 2016). Dix films, dix blockbusters, faisant définitivement partie des « best-sellers » de chez M6 Vidéo, qui bénéficient ici d’un ravalement de façade groupé.

On ignore ce qui a poussé l’éditeur à se précipiter d’un coup et de nous lâcher une telle salve de titres restaurés 4K, surtout pour des films dont les sorties remontent à quelques années maintenant. On soupçonne cependant que SND et M6 Vidéo vont probablement d’ici peu perdre les droits de quelques-uns de ces films, et que s’ils désiraient avoir l’opportunité d’exploiter encore un peu leur filon, c’était le moment ou jamais. Ainsi, et pour ne citer que les plus évidents du lot, on ne serait probablement pas étonnés de voir ressortir Iron Man et L’incroyable Hulk au format Blu-ray 4K Ultra HD dans un avenir proche, peut-être même déjà courant 2023, dans des éditions estampillées Disney / Marvel et reprenant la charte graphique des autres films déjà sortis jusqu’ici.

Le Blu-ray 4K Ultra HD

Commentaire technique général

[4/5]

Pour autant, en ce qui concerne les titres que l’on a pu avoir entre les mains au format Blu-ray 4K Ultra HD (curieusement, justement, les deux Marvel manquent toujours à l’appel…), M6 Vidéo n’a pas bâclé le travail : les masters dont l’éditeur dispose sont récents, et la précision / la finesse de la Ultra Haute-Définition sur l’ensemble de cette nouvelle vague est littéralement excellente.

Dans tous les cas, les films sont proposés dans de sublimes transferts 2160p, et il va sans dire que si les Blu-ray de la plupart de ces blockbusters étaient déjà excellents, on notera toujours une amélioration sensible du piqué et du niveau de détail, le tout allié à des contrastes améliorés et des couleurs explosives que l’on pourra attribuer, au moins en partie, à l’apport de la technologie HDR. Les noirs sont d’ailleurs souvent tellement tranchants que certains pourront trouver que ces nouveaux transferts 4K tendent à assombrir l’image. C’est une erreur. Cependant, la définition des ombres et des lumières est très nettement améliorée, et ressort de façon encore plus flagrante qu’auparavant, surtout sur les films bénéficiant de partis pris esthétiques forts (et il y en a quelques-uns dans le lot).

Néanmoins, dans l’ensemble, les dégradés dans les tons sombres sont plus subtilement mélangés et offrent de meilleurs détails dans les textures ainsi que sur certains des effets spéciaux – la 4K ne fait pas de pitié à ce niveau-là et certains films en prennent clairement plein la gueule, avec des effets encore plus visibles et encore plus ridicules qu’à l’époque. En ce qui concerne les séquences les plus lumineuses, les détails ressortent avec une netteté et une clarté absolument excellentes, sur la plupart des films de cette vague. Les visages et les gros plans sont proposés avec une précision extrême, tandis que les tissus et les accessoires présentent des niveaux de détail parfois infimes. On n’a remarqué ni banding ni contrastes trop poussés dans leurs retranchements (même si Point Break frôle parfois le carton jaune). Sur certains films, on remarquera de petites baisses de régime au niveau des couleurs, avec des passages durant lesquels les noirs ont tendance à se confondre.

Côté son, tous les films sont proposés en DTS-HD Master Audio 5.1 en VF et VO, avec dans certains cas une version originale disposant d’un mixage Dolby Atmos (avec un « core » en Dolby TrueHD 7.1). Dans tous les cas, et étant la sélection de blockbusters qui pètent de partout, tout le temps et dans tous les coins que nous a faite M6 Vidéo ce mois-ci, honnêtement, vous aurez droit à du grand spectacle acoustique quel que soit le film que vous choisissiez dans le lot.

Du côté des suppléments, pas de suppléments sur les galettes 4K, mais on retrouvera l’intégralité des bonus sur les versions Blu-ray du film, également disponibles dans les boîtiers puisque toutes ces éditions sont des Combos Blu-ray 4K Ultra HD + Blu-ray.

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