Test Blu-ray 4K Ultra HD : Anaconda, le prédateur

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Anaconda, le prédateur

États-Unis : 1997
Titre original : Anaconda
Réalisation : Luis Llosa
Scénario : Hans Bauer, Jim Cash, Jack Epps Jr.
Acteurs : Jennifer Lopez, Ice Cube, Jon Voight
Éditeur : Sony Pictures
Durée : 1h29
Genre : Fantastique
Date de sortie cinéma : 25 juin 1997
Date de sortie BR/4K : 17 décembre 2025

Afin de réaliser un documentaire sur une peuplade inconnue d’Amazonie, l’anthropologue Cale et son équipe s’enfoncent dans la jungle. Ils portent secours à Paul Sarone, chasseur de serpent dont l’embarcation est en panne. Il profite de la faiblesse de Cale pour prendre le commandement de l’équipe et s’enfoncer plus avant dans la forêt, à la poursuite du plus grand des reptiles, l’anaconda, qui broie ses victimes avant de les gober tout entières…

Le film

[3/5]

Il suffit de prononcer le titre Anaconda, le prédateur pour que surgisse immédiatement une image dans l’esprit du cinéphile l’ayant découvert dans les salles il y a presque trente ans : celle d’un serpent géant animé tantôt par des animatroniques convaincants, tantôt par des CGI qui semblent avoir été réalisés sur un grille pain sous Windows 95. Et pourtant, après toutes ces années et malgré cette alternance délicieusement bancale, Anaconda, le prédateur conserve une aura étrange, comme un vieux jouet cassé qu’on refuse de jeter définitivement. Lors de sa sortie, les amateurs de fantastique et d’horreur avaient accueilli le film avec la tendresse d’un contrôleur fiscal : froideur, mépris, haussements d’épaules. Mais avec le recul, le film de Luis Llosa s’impose aujourd’hui comme un plaisir coupable assumé, un nanar tropical qui serpente entre maladresses et fulgurances avec une insouciance presque poétique.

Dans Anaconda, le prédateur, la jungle devient un théâtre moite où les personnages se débattent autant contre la nature que contre leurs propres illusions. Le film reprend les codes du film de « monstre » estampillé 90’s, s’inscrivant dans la longue lignée des films de monstres en images de synthèse lancés par Jurassic Park en 1993. Un nombre important de ces séries B bon marché nous donnant à voir des créatures en images de synthèse ont été produits pendant plusieurs années, avec plus ou moins de réussite : on pense à des films tels que Komodo, Bats, Un cri dans l’océan, King Cobra, Relic, Peur bleue, Lake Placid, Octopus, Python, etc, etc. Ici, les thématiques de l’exploration, de la fascination pour l’inconnu et de la peur de l’autre s’entremêlent. Ainsi, les scènes les plus réussies, durant lesquelles un big serpent old school surgit des eaux, évoqueront presque malgré elles une réflexion sur la frontière entre le réel et l’artificiel. Mais patatras : trente secondes plus tard, un plan numérique catastrophique vient rappeler la nature nanardesque d’Anaconda, le prédateur.

Visuellement, Anaconda, le prédateur alterne donc entre plans atmosphériques réussis — la jungle filmée comme un organisme vivant, respirant, presque sensuel — et séquences où la caméra semble glisser sur une peau de banane numérique. Cette oscillation crée une dynamique étrange, presque philosophique : le film rappelle que la nature est imprévisible, que la technologie peut trahir, et que la peur naît souvent de l’imperfection. Les animatroniques de Walt Conti, héritiers des grandes heures des Dents de la Mer, donnent au serpent une présence physique indéniable. À l’inverse, les VFX ratés deviennent malgré eux des moments de comédie involontaire, comme si le film clignait de l’œil au spectateur en murmurant : « Oui, c’est moche, mais avoue que tu t’amuses ».

Une partie du charme d’Anaconda, le prédateur repose aussi sur ses personnages, archétypes ambulants mais portés par une énergie sincère. Jennifer Lopez et Ice Cube, encore jeunes dans leurs carrières respectives, affrontent la jungle avec un mélange de détermination et de perplexité, comme s’ils se demandaient en permanence si le serpent allait vraiment les attaquer ou simplement leur demander un selfie. Jon Voight, quant à lui, livre une performance si outrancière qu’elle en devient hypnotique : un mélange improbable entre un chasseur de crocodiles, un oncle gênant aux repas de famille et un méchant de telenovela, tout en grimaces et en jeux de sourcils.

Le pire avec Anaconda, le prédateur, c’est finalement peut-être bien que ce qui paraissait ringard en 1997 devient aujourd’hui l’objet d’une certaine nostalgie – un film qui rappelle une époque où Hollywood croyait encore que la seule présence d’un serpent géant en CGI à l’écran pouvait remplir les salles. Et au final, le film de Luis Llosa n’est ni un chef d’œuvre ni un désastre : c’est un entre deux savoureux, un serpent de celluloïd qui se mord la queue en produisant un rire sincère. Et dans un monde saturé de blockbusters calibrés, revoir un tel film nous offre un plaisir simple : celui de voir un film qui, en dépit de tous ses défauts, est paradoxalement parvenu à laisser une trace durable dans la mémoire collective.

Le Blu-ray 4K Ultra HD

[4,5/5]

Le Blu ray 4K Ultra HD de Anaconda, le prédateur, édité par Sony Pictures, nous arrive dans un Steelbook élégant, illustré par une composition qui met en avant le serpent dans toute sa splendeur rétro. Le packaging, solide et attractif, joue clairement la carte du collector, profitant du regain d’intérêt suscité par le remake actuellement en salles. L’image proposée par ce Blu ray 4K Ultra HD surprend agréablement : le master gagne en précision, révélant les textures de la jungle, les reflets moites sur les feuillages et les détails des animatroniques. Le tout nous est proposé en HDR10 et Dolby Vision. Les plans nocturnes, autrefois noyés dans un brouillard verdâtre, retrouvent une lisibilité appréciable. En revanche, les VFX numériques, déjà fragiles à l’époque, ressortent ici avec une honnêteté presque brutale : le HDR ne pardonne rien, mais cette transparence contribue paradoxalement au charme nanar de Anaconda, le prédateur. Côté son, le Blu ray 4K Ultra HD propose une VO Dolby Atmos qui offre une spatialisation généreuse : bruissements de feuilles, clapotis inquiétants, grognements du serpent — tout circule avec fluidité dans l’espace sonore. La VF mixée en DTS-HD Master Audio 5.1 n’est pas en reste, avec des dialogues clairs et une dynamique satisfaisante, même si bien entendu le mixage Atmos conserve une longueur d’avance en termes d’immersion. Les basses, bien dosées, renforcent les attaques du serpent sans jamais saturer. Un ensemble technique solide, qui redonne à Anaconda, le prédateur une présence étonnamment moderne.

Les suppléments du Blu ray 4K Ultra HD se montrent particulièrement généreux. Le commentaire audio de Scott Harrison, un critique et scénariste britannique crédité « expert du genre », tentera de réhabiliter le film, qu’il considère comme un excellent « pop corn movie ». Il reviendra sur le contexte de tournage, les acteurs, les anacondas réels et les influences revendiquées, notamment Les Nerfs à vif pour le jeu halluciné de Jon Voight et African Queen pour l’ambiance générale. On continuera ensuite avec un entretien avec le réalisateur Luis Llosa (19 minutes), qui nous expliquera son goût pour le suspense, reviendra sur son budget limité, les difficultés de Jennifer Lopez et Ice Cube dans la jungle, ainsi que son travail avec le directeur photo Bill Butler, avec qui il avait déjà travaillé sur Sniper. Il soulignera également le travail de Walt Conti sur les effets spéciaux, et détaillera le mélange d’animatroniques, de vrais serpents et de CGI, tout en rappelant l’importance de l’humour dans un film qui ne se voulait jamais totalement sérieux. Le segment suivant consiste en un intéressant entretien avec le scénariste Hans Bauer (9 minutes), qui lui permettra d’évoquer ses influences — notamment King Kong — et les nombreuses différences entre le script original et le film final : le groupe de personnages principaux étaient initialement pensés comme des professeurs, le personnage de Jon Voight n’existait pas, seule « l’amazone » survivait dans la première version, et la fameuse scène de « régurgitation » devenue culte n’existait pas non plus. Les scènes coupées ou étendues (12 minutes) nous proposent des moments d’atmosphère, une arrivée d’équipage sans dialogues, une scène avec des singes et quelques échanges autour de Sarone, et la traditionnelle bande-annonce complète l’ensemble. En deux mots comme en cent : on tien avec ce Blu ray 4K Ultra HD de Anaconda, le prédateur une galette généreuse et soignée, qui redonne au film de Luis Llosa une seconde vie parfaitement assumée.

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