Test Blu-ray 4K Ultra HD : Adieu ma concubine – Édition Prestige limitée

0
556

Adieu ma concubine

Chine, Hong Kong : 1993
Titre original : Ba wang bie ji
Réalisation : Chen Kaige
Scénario : Lilian Lee, Lu Wei
Acteurs : Leslie Cheung, Zhang Fengyi, Gong Li
Éditeur : Carlotta Films
Genre : Drame
Durée : 2h52
Date de sortie cinéma : 27 octobre 1993
Date de sortie DVD/BR/BR4K : 21 mai 2024

Pékin, 1924. Douzi entre à l’académie de maître Guan pour apprendre l’art de l’opéra chinois. Très vite, il se lie d’amitié avec le jeune Shitou. Devenus adolescents, les deux garçons obtiennent les rôles principaux de l’opéra, « Adieu ma concubine », ceux du roi Chu et de sa maîtresse Yu. Ce grand classique de la culture chinoise les mènera vers la gloire. Dix ans plus tard, désormais connus sous les noms de Dieyi et Xiaolou, les inséparables Douzi et Shitou jouent inlassablement ce même opéra. Mais un chamboulement va bientôt advenir. Amoureux de son partenaire depuis toujours, Dieyi apprend les fiançailles de Xiaolou avec Juxian, une ancienne prostituée…

Le film

[4,5/5]

Adieu ma concubine a reçu la prestigieuse Palme d’Or au Festival de Cannes en 1993, ex æquo avec La Leçon de piano de Jane Campion. Le coup de projecteur mis par le jury cannois sur cette ambitieuse fresque historique a contribué à révéler au public occidental le cinéaste Chen Kaige, qui signait là son cinquième long-métrage, ainsi que la comédienne Gong Li, qui ne tarderait pas à devenir une star internationale.

Adieu ma concubine évoque une amitié ambiguë entre Douzi et Shitou, deux élèves de l’Opéra de Pékin ayant débuté sous les coups de fouet de maître Guan dans les années 20. Le film de Chen Kaige suit les deux personnages sur une période d’environ cinquante ans, ce qui permettra au spectateur d’assister, en toile de fond, aux grands événements ayant marqué l’Histoire de la Chine au Vingtième Siècle, de l’occupation japonaise à la Révolution culturelle, en passant par la proclamation de la République populaire.

D’une grande puissance visuelle, Adieu ma concubine sera marqué, tout au long du film, par les représentations de l’opéra « Adieu ma concubine », grand classique de la culture chinoise évoquant les adieux du prince Xiang Yu et de sa concubine Yu Ji et le suicide de celle-ci avant que son bien-aimé ne soit également tué. Au fil des années et des représentations, les deux amis deviedront de grandes vedettes, et adopteront de nouveaux noms, beaucoup plus respectables : Douzi (Leslie Cheung) deviendra Chen Dieyi, tandis que Shitou (Zhang Fengyi) se rebaptisera Duan Xiaolou.

La narration d’Adieu ma concubine suggérera de façon assez subtile l’attirance de Douzi pour son partenaire de théâtre, mais de son côté, Shitou n’aura d’yeux que pour Juxian (Gong Li), une prostituée qu’il finira par épouser. Désespéré, Dieyi se jette dans les bras d’un mécène, maître Yuan, et sombre dans la drogue. Mais l’amitié et la scène réunissent malgré tout Dieyi et Xiaolou, en dépit des aléas de l’histoire : l’invasion japonaise de la Mandchourie, la fin de la Seconde Guerre mondiale, la chute du gouvernement nationaliste et, enfin, la révolution culturelle menée par Mao Zedong, qui les mènera à s’entre-déchirer.

Cela ne vous aura pas échappé : Adieu ma concubine est un film assez long (presque trois heures), qui couvre une large partie de l’Histoire de la Chine en faisant référence à de nombreux noms et dates. Cependant, il n’est pas forcément nécessaire d’être familier avec l’histoire du Céleste Empire pour l’apprécier : le film de Chen Kaige s’impose en effet avant tout comme un film romantique assez déchirant, qui suivra l’évolution d’un triangle amoureux à la Jules et Jim en l’intégrant dans un contexte historique, social et politique qui forcera Douzi, Shitou et Juxian à régulièrement réévaluer leurs relations et leurs vies.

Indéniablement, le personnage incarné à l’écran par le regretté Leslie Cheung est celui qui souffrira le plus, sans doute à cause de son attirance pour les hommes. Au fond de lui, il est déchiré entre le désir de préserver son amitié avec Xiaolou et celui de voir son ami heureux, même si cela signifie qu’il passera le reste de sa vie avec Juxian et non à ses côtés. Et au fil des événements narrés par Adieu ma concubine, Juxian réalisera également que son amour pour Dieyi éloigne peu à peu ces deux artistes magnifiques et complémentaires, qui ont toujours eu besoin du soutien de l’autre.

Et si Adieu ma concubine est riche en émotions, Chen Kaige évite assez brillamment de sombrer dans le mélo chargé de pathos. Au contraire, le film s’impose comme assez remarquablement subtil et équilibré, en plus d’être assez juste dans sa représentation historique (ce qui explique probablement que le film ait été interdit par le gouvernement chinois à l’époque de sa sortie). Cette justesse est d’ailleurs encore renforcée par le talent des acteurs principaux, tous formidables, ainsi que par le soin apporté aux décors et aux costumes du film, qui contribuent à lui conférer une atmosphère d’époque vraiment unique.

Le Blu-ray 4K Ultra HD – Édition Prestige limitée

[5/5]

Éditeur indépendant faisant indéniablement partie des plus intéressants en France en termes de qualité et d’audace éditoriale, Carlotta Films a lancé au fil des années plusieurs collections au sein de son catalogue. Ainsi, parallèlement aux Éditions « Ultra Collector » consacrées à des films majeurs présentés dans des éditions luxueuses incluant le plus souvent un bouquin inédit, Carlotta a également développé la collection « Édition Prestige limitée », qui prend la forme de gros coffrets contenant les films ainsi qu’une sélection de Goodies propres à fasciner les collectionneurs.

Adieu ma concubine vient donc d’intégrer la collection « Édition Prestige limitée » (n° 27), et s’impose de fait dans un gros coffret de type « luxe ». Proposé dans un tirage limité, le coffret contient donc non seulement le Blu-ray 4K Ultra HD + le Blu-ray du film dans un sublime Digipack mais également tout un tas de « goodies » réunis pour l’occasion : un jeu de 10 photos du film (format 13x18cm), un livret inspiré du dossier de presse international édité lors de la diffusion du film au Festival de Cannes 1993 (40 pages), un marque-page et l’affiche du film en 53×38cm. On a donc entre les mains un véritable et bel objet de collection, auquel l’éditeur ajoute, bien sûr, quelques suppléments sur la galette du film à proprement parler.

Et côté transfert, Carlotta Films nous propose de redécouvrir le chef d’œuvre de Chen Kaige Adieu ma concubine au format Blu-ray 4K Ultra HD dans toute nouvelle restauration 4K, alliée bien sûr à l’amélioration des couleurs et des contrastes que nous offrent les technologies HDR / Dolby Vision. Et le résultat est tout simplement magnifique. Dès les premiers plans du film, on retrouve le grain organique du 35MM, un piqué d’une précision remarquable et des couleurs resplendissantes, équilibrées, denses, qui donnent du relief à l’ensemble. Le niveau de détail est excellent, et l’étalonnage HDR10 – tout comme le Dolby Vision – révèle des détails insoupçonnés jusqu’ici, saupoudrant le tout de reflets et d’éclats totalement inédits. Du très beau travail pour un film incontournable !

Côté son, Adieu ma concubine s’offre, en version originale ET version française, un mixage DTS-HD Master Audio 5.1 qui s’avère foutrement efficace, notamment durant les scènes de représentations théâtrales. On pourra également choisir de revoir le film, toujours en VO ou VF, mais en DTS-HD Master Audio 2.0, dans des mixages peut-être plus conformes à nos souvenirs et, dans les deux cas, remarquablement stables et équilibrés.

Du côté des suppléments, on trouvera tout d’abord une présentation du film par Hubert Niogret (24 minutes), qui s’efforcera de remettre le film dans son contexte de tournage, en élargissant son propos à la fameuse « cinquième génération » de cinéastes chinois (avec d’autres réalisateurs comme Zhang Yimou et Tian Zhuangzhuang), qui se permettaient de traiter de l’héritage communiste de manière critique tout en revendiquant une certaine liberté dans leur création. Il reviendra également sur la carrière de Chen Kaige et les aspects autobiographiques du scénario d’Adieu ma concubine.

On continuera ensuite avec un riche making of rétrospectif (24 minutes), qui permettra à Leslie Cheung, Zhang Fengyi, Gong Li et Chen Kaige de se remémorer le tournage, le tout étant entrecoupé d’images d’archives enregistrées sur le plateau. On terminera enfin avec la traditionnelle bande-annonce, accompagnée d’un court teaser.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici