News — 14 décembre 2016
National Film Registry 2016 : 25 films pour l’éternité

Le Film Preservation Board a annoncé ce jour la liste des vingt-cinq films qui seront inscrits cette année au . Les œuvres reconnues de la sorte bénéficieront d’un soin particulier de sauvegarde à la Bibliothèque du Congrès américain, afin de les tenir disponibles et accessibles pour les générations futures. La sélection de l’année 2016 a été effectuée à partir de milliers de suggestions soumises par le public sur le site de la Bibliothèque du Congrès.

 

Depuis l’instauration de cette liste du patrimoine cinématographique américain en 1989, 700 films y ont été inscrits. Chaque film doit avoir au moins dix ans et jouir d’une « importance culturelle, historique ou esthétique ». Cette année, l’institution a expressément insisté sur l’importance de la sauvegarde sur support filmique.

 

Les longs-métrages de fiction

 

20000 Leagues under the Sea (1916) de Stuart Paton, avec Dan Hanlon, Edna Pendelton et Curtis Benton

20000leagues

Cette première adaptation filmique du célèbre roman de Jules Verne est restée dans les annales du cinéma, grâce à ses prises de vue sous-marines et ses effets spéciaux, révolutionnaires pour l’époque.

 

(1955) de Elia Kazan, avec James Dean, Julie Harris et Raymond Massey

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James Dean allait recevoir sa première nomination posthume à l’Oscar du Meilleur acteur dans cette adaptation de John Steinbeck. Il allait mourir dans un accident de voiture moins de six mois après sa sortie américaine. Ses deux autres films mythiques, La Fureur de vivre de Nicholas Ray et Géant de George Stevens, figurent déjà au National Film Registry depuis respectivement seize et onze ans. Jo Van Fleet avait gagné l’Oscar de la Meilleure actrice dans un second rôle pour sa première apparition au cinéma.

 

(1941) de Howard Hawks, avec Gary Cooper, Barbara Stanwyck et Oskar Homolka

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Comédie loufoque typique de l’immédiat avant-guerre, sur un scénario signé Billy Wilder, librement inspiré du conte de Blanche Neige et les sept nains.

 

(1985) de John Hughes, avec Emilio Estevez, Paul Gleason et Anthony Michael Hall

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Une comédie dramatique qui a marqué toute une génération, le deuxième film de John Hughes explore les différents aspects du malaise d’être adolescent au fil d’une journée de colle.

 

(1928) de Charles Reisner, avec Buster Keaton, Ernest Torrence et Tom McGuire

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La dernière grande comédie de Buster Keaton, le contemporain de Charles Chaplin et de Harold Lloyd, avant que la carrière de ce comique de génie n’échoue suite à sa décision de signer un contrat chez la MGM.

 

(1945) de Lewis Milestone, avec Dana Andrews, Richard Conte et George Tyne

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Un film de guerre, qui remplace la propagande édifiante des années de guerre par un regard plus introspectif sur la vie d’un groupe de soldats qui débarquent en Italie.

 

(1968) de William Wyler, avec Barbra Streisand, Omar Sharif et Walter Pidgeon

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Cette adaptation de la célèbre comédie musicale de Broadway avait valu à Barbra Streisand l’Oscar de la Meilleure actrice, ex aequo avec Katharine Hepburn dans Le Lion en hiver. Cette production somptueuse de la Columbia, nommée en tout pour huit Oscars, dont celui du Meilleur Film, avait connu une suite moins brillante sept ans plus tard : Funny lady de Herbert Ross.

 

Graine de violence (1955) de Richard Brooks, avec Glenn Ford, Anne Francis et Sidney Poitier

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Drame social autour d’un prof engagé dans un lycée peuplé d’élèves rebelles. La référence pour des dizaines de drames sur le monde éducatif qui l’ont suivi depuis et l’une des premières confrontations du public américain au rock’n’roll, à travers la chanson de Bill Haley and the Comets « Rock around the clock » sur laquelle s’ouvre le film.

 

(1937) de Frank Capra, avec Ronald Colman, Jane Wyatt et Edward Everett Horton

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Une grande épopée d’évasion, ciblée pour le public américain qui sortait alors tout juste de la Grande Dépression. La copie restaurée du film sera projetée en janvier et février 2017 à la Cinémathèque Française, dans le cadre d’une rétrospective Frank Capra. Oscars du Meilleur montage et des Meilleurs décors.

 

(1963) de Alfred Hitchcock, avec Tippi Hedren, Rod Taylor et Jessica Tandy

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Le dernier chef-d’œuvre absolu du maître du suspense, l’un des thrillers les plus magistraux de l’Histoire du cinéma. Il rejoint les six autres films de Hitchcock déjà préservés que sont L’Ombre d’un doute, Les Enchaînés, Fenêtre sur cour, Sueurs froides, La Mort aux trousses et Psychose.

 

(1967) de John Boorman, avec Lee Marvin, Angie Dickinson et John Vernon

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Le deuxième film de John Boorman est un magistral film de genre, au croisement du film noir et des explorations esthétiques propres au cinéma européen des années ’60.

 

(1987) de Rob Reiner, avec Cary Elwes, Mandy Patinkin et Chris Sarandon

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Un film culte pour toutes les générations et à travers le monde, ce conte comique est basé sur le roman du scénariste William Goldman, qu’il a lui-même adapté.

 

Putney Swope (1969) de Robert Downey Sr., avec Stanley Gottlieb, Allen Garfield et Archie Russell

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Une satire iconoclaste sur une prise de pouvoir imaginaire et déchaînée par les Afro-américains.

 

Qui veut la peau de Roger Rabbit ? (1988) de Robert Zemeckis, avec Bob Hoskins, Christopher Lloyd et Joanna Cassidy

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Le mélange astucieux entre film d’animation et prises de vue réelles fait de cette comédie policière un divertissement de haut vol. Oscars du Meilleur montage, des Meilleurs Effets visuels et du Meilleur montage sonore.

 

Le Roi lion (1994) de Roger Allers et Rob Minkoff, avec les voix de Matthew Broderick, James Earl Jones et Jeremy Irons

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L’un des plus gros succès commerciaux de la renaissance Disney entamée à la fin des années 1980, ce film d’animation est désormais considéré comme un classique par un public de tout âge et ressort régulièrement au cinéma, la dernière fois en 3D en avril 2012. Oscars de la Meilleure musique pour Hans Zimmer et de la Meilleure chanson pour « Can you feel the love tonight » de Elton John et Tim Rice.

 

(1998) de Wes Anderson, avec Jason Schwartzman, Bill Murray et Olivia Williams

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Le deuxième film de Wes Anderson, co-écrit par Owen Wilson, était son premier succès critique et le premier film culte d’une filmographie qui en compte à présent plusieurs.

 

(1991) de Ridley Scott, avec Susan Sarandon, Geena Davis et Harvey Keitel

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Ce manifeste féministe est l’un des films les plus appréciés de la carrière prestigieuse de Ridley Scott, à tel point que ses deux vedettes s’étaient réunies l’année dernière pour célébrer ensemble en photo le 25ème anniversaire de cette odyssée mémorable de deux femmes que plus rien n’arrête. Oscar du Meilleur scénario original.

 

Les documentaires

 

Atomic Café (1982) de Kevin Rafferty, Jayne Loader et Pierce Rafferty

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Documentaire de compilation sur le traitement à des fins de propagande de la menace atomique qui pesait sur les Etats-Unis entre les années 1940 et ’60.

 

The Decline of Western Civilization (1981) de Penelope Spheeris

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Documentaire sur la scène hard-rock et punk de Los Angeles au début des années 1980. Le film avait causé des émeutes, à tel point que le chef de police de Los Angeles avait exigé son interdiction.

 

Paris is burning (1990) de Jennie Livingston

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Documentaire sur le microcosme à New York de jeunes homosexuels, qui appartiennent à différentes maisons, candidats à des compétitions de mode et de danse. Teddy du Meilleur documentaire au Festival de Berlin et prix du Meilleur documentaire des critiques de Los Angeles, New York et de la National Society of Film Critics.

 

Les courts-métrages

 

The Beau Brummels (1928) avec Al Shaw et Sam Lee

Sketch de neuf minutes des comiques de vaudeville Shaw et Lee, très populaires à l’époque.

 

Life of an American Fireman (1903) de Edwin S. Potter

L’un des films pionniers des premières années de l’Histoire du cinéma, sorti quelques mois seulement avant le classique The Great Train Robbery. Le montage original du court-métrage a pu être rétabli, grâce au cahier des droits d’auteur déposé à la Bibliothèque du Congrès américain.

 

Musketeers of Pig Alley (1912) de D.W. Griffith, avec Lillian Gish, Dorothy Gish et Lionel Barrymore

musketeersofpigalley

Le premier film de gangster de l’Histoire du cinéma se distingue par ses techniques de caméra, révolutionnaires pour l’époque et tout à fait ordinaires de nos jours. Ce court-métrage de dix-sept minutes peut être regardé sur le site du Museum of Modern Art : mo.ma/musketeers

 

Solomon Sir Jones Films (1924-28) de Solomon Sir Jones

Une collection de vingt-neuf courts-métrages amateurs, qui reflètent le quotidien de la communauté afro-américaine pendant les années 1920.

 

Suzanne Suzanne (1982) de Camille Billops et James Hatch

Court-métrage documentaire sur Suzanne Browning, une jeune femme afro-américaine, devenue toxicomane suite au mauvais traitement subi par son père.

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Tobias Dunschen

Cet article a été rédigé par Tobias Dunschen, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles