Manga : Odin Sphere, Tome 1

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, Tome 1
Japon : 2016
Titre original :
Auteur :
Genre : , ,
Éditeur :
Traduction : Sarah Boivineau
Date de sortie : 9 juillet 2020
Nombre de pages : 208

Note : 3,5/5

A la lecture des premières pages du premier volume d’Odin Sphere, l’univers ainsi que la terminologie développés par pourront peut-être vous paraître au mieux obscurs, au pire vaguement confus – rassurez-vous, c’est normal. Cette histoire en trois volumes est en effet dérivée d’un jeu vidéo culte chez les amateurs de RPG, développé par Vanillaware et sorti sur PlayStation 2 en 2007. Prenant place dans le monde fantastique d’Erion, il s’agit d’un récit de « fantasy » dans la plus pure tradition du genre, avec tout ce que cela peut impliquer de fées, d’elfes, de malédictions, de pouvoirs magiques, de royaumes en danger et des princesses guerrières.

La jeune princesse Mercedes vit une vie paisible au Royaume des fées. Mais tout bascule lorsque sa mère la Reine Fée se fait tuer et que Mercedes doit la remplacer dans ses obligations royales. Elle devra alors faire de son mieux pour sauver son royaume de la guerre qui gronde, tout en prouvant à son peuple qu’elle est la digne héritière du trône de Ringford. Mais rien de plus difficile lorsque des personnes mal intentionnées tentent de l’en empêcher…

 

© 2016 Mana Books / Tomoyuki Hino. Traduction Sarah Boivineau

 

A destination des lecteurs les moins familiers avec le jeu d’origine, certains concepts (le « chaudron », les « phozons », les « psyphères ») seront l’objet de définitions plus ou moins détaillées disséminées au fil de ce premier volume, le plus souvent de nombreuses pages après leur apparition dans l’histoire, sans que cela s’avère pour autant particulièrement gênant. Il s’agit en effet d’une des conventions du genre « fantasy » de parfois jongler avec des idées qui pourront nous paraître étrangères – voire étranges, du moins dans un premier temps. Aucun de ces termes barbares ne nous empêchera néanmoins de suivre la destinée contrariée de Mercedes, princesse du Pays des Fées, qu’un malheureux concours de circonstances amènera à devoir régner sur son peuple de façon anticipée. Chassée du trône par un jeu d’intrigues et de manigances orchestrées par le prince Melvin et Oswald, le chevalier ténébreux – personnage qui faisait tout comme Mercedes l’objet d’un « livre » dans le jeu d’origine – elle devra prendre en main son destin afin de retrouver sa couronne…

Fonctionnant beaucoup sur certains mécanismes du conte traditionnel (au point que l’on parvienne sans trop de peine à deviner quelques rebondissements à venir, comme le secret que peut dissimuler ce mystérieux personnage de crapaud), le manga de Tomoyuki Hino se laisse lire sans aucune difficulté, grâce notamment à ses nombreux rebondissements, même si la narration essentiellement concentrée sur l’action fera que le lecteur aura probablement des difficultés à se rendre compte de la « temporalité » du récit, dont on ne parvient à déterminer s’il se déroule sur quelques heures, quelques jours ou même quelques semaines. Cela dit, les scènes d’action se suivent et le trait de Tomoyuki Hino, très dynamique et expressif (très porté également sur les formes féminines très voluptueuses !), donne toujours réellement au lecteur l’envie de tourner les pages afin de suivre l’évolution du personnage de Mercedes, et les étranges pouvoirs magiques qui l’entourent.

 

© 2016 Mana Books / Tomoyuki Hino. Traduction Sarah Boivineau

 

Cependant, le fait de se concentrer sur l’action en multipliant les ellipses afin de ne jamais ennuyer le lecteur peut aussi avoir ses inconvénients : ainsi, si l’univers développé au cœur d’Odin Sphere semble vaste et d’une belle richesse thématique, Tomoyuki Hino ne paraît en revanche pas spécialement intéressé par l’opportunité d’en illustrer les paysages et les décors, qui pour le coup sont réduits à leur plus simple expression. C’est le revers de la médaille quand on choisit d’aborder un univers aux possibilités étendues dans un format « de poche » – entendons par là en seulement trois volumes de 200 pages : néanmoins, le récit qui nous est ici mis en images est déjà suffisamment prometteur ; on a ainsi hâte de connaître l’identité et les motivations de la voleuse de l’Anneau de Titrel, ou d’en apprendre plus sur la relation qui lie Melvin, Oswald et le Belderiver, ou encore sur l’étrange frayeur du sorcier Beldor à l’approche de Mercedes. Autant d’éléments qui nous seront probablement révélés dans les deux volumes suivants d’Odin Sphere

Vous l’aurez compris : étant donné qu’Odin Sphere s’avère un manga dérivé (plutôt qu’adapté) d’un jeu vidéo, il était évident que son édition française se ferait sous les couleurs de Mana Books, éditeur s’étant spécialisé depuis 2017 dans les publications liées au jeu vidéo sous toutes ses formes : beaux livres, bandes dessinées, romans, essais, guides… En partenariat avec des acteurs incontournables du marché tels que Square Enix, Konami ou Blizzard Entertainment, Mana Books propose un catalogue éclectique dédié à des univers vidéoludiques salués par la critique et plébiscités par les fans (Final Fantasy, Sonic, Metal Gear Solid…).

Initialement prévu pour une sortie début mai, Odin Sphere – Tome 1 est devenu une victime collatérale des mesures de confinement liées à la crise du COVID-19 en France. Mana Books a donc dû s’adapter et reporter sa sortie, dorénavant prévue le 2 juillet 2020.

 

© 2016 Mana Books / Tomoyuki Hino. Traduction Sarah Boivineau

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