Let My People Go !

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Let My People Go ! Image du film

Let My People Go ! l'affiche du film

France : 2010
Titre original :
Réalisateur :
Scénario :
Acteurs : , ,
Distribution : Les Films du Losange
Durée : 1h28
Genre : Comédie
Date de sortie : 28 décembre 2011

Globale : [rating:3][five-star-rating]

Pour son premier long-métrage, s’est entouré de (Les chansons d’amour, Les bien-aimés) et d’une flopée d’acteurs de qualité pour nous offrir une comédie presque musicale qui va secouer vos habitudes, et vous prouvera que les tabous…ça se brise facilement quand on veut.

Synopsis : Tout le monde sait que Ruben est juif, homosexuel, facteur, mi-finlandais, mi-français, fils indigne, frère désobligeant, amant décevant, assassin douteux, voleur malgré lui… Pourtant Ruben, lui, est incapable de savoir qui il est. Au grand tournant de sa vie, alors que s’ouvrent devant lui les flots de la mer Rouge, Ruben hésite : doit-il suivre son peuple ou son cœur ?

Let My People Go ! Photo du film

Bizarre…vous avez dit bizarre ?

Sur le papier, Let My People Go est une comédie française. En réalité, il est bien plus dur de qualifier le premier film de qui est à l’image de son réalisateur : cosmopolite. Alternant le français, l’hébreu, l’anglais et le finlandais, le film bouscule nos habitudes à voir des films formatés en nous offrant une bulle de références cinématographiques à la morale Disneyenne, au comique bien français et aux tabous internationaux sur fond de (homo)sexualité et de religion.

Comédie burlesque, le film se construit presque aussi comme une comédie musicale…sans chanson, tant les personnages sont exagérés, colorés et tant les situations sont invraisemblables. De plus, l’histoire d’amour entre Ruben et Teemu est compromise suite à un vrai comique de situation et ne fait qu’empirer à cause des nombreux quiproquos qui viendront s’ajouter au fur et à mesure de l’histoire. En fin de compte, le long-métrage ressemblerait presque à une pièce de théâtre filmée, mais une pièce travaillée.

En effet, grâce à ses décors soignés au détail près, le film nous apparaît comme étant complètement antidaté. La modernité de certains appareils type smartphones côtoie la vétusté des tapisseries kitchissimes et jaunies, des moquettes oranges datant des années 50 ou 60, des chemises à fleurs des années 80 et des voitures qui n’existent presque plus…Impossible donc, de savoir quand se déroule exactement l’histoire, ni où, donnant une dimension universelle et intemporelle au film.

En plus, s’amuse à contraster les couleurs claires, variées et proprettes lors des séquences  en Norvège (dont un pavillon au début du film qui rappelle l’ouverture d’ Edward aux mains d’argent de Burton et son monde parfait) avec les couleurs plus chaudes mais vieillottes et étouffantes de l’appartement français de Ruben. Le décor fait donc partie intégrante de l’histoire et ajoute à l’humour burlesque de cette farce enfantine qui aborde pourtant bon nombres de sujets sensibles…

Let My People Go ! Image du film

Un film anormal, sur la normalité.

En moins d’une heure et demi, parvient à réaliser le film le plus provocateur de l’année, en touchant en même temps au racisme, au communautarisme juif ou encore à l’homosexualité masculine. Belle performance… Le pire, c’est que le but du long métrage n’est pas de provoquer ou de faire un film revendicateur. Le pire (bis), c’est que c’est un peu l’histoire de la vie du réalisateur qui ne peut qu’être bien placé pour parler de tout ça.

Ruben a déjà fait son coming out depuis longtemps et sa famille traditionnelle juive l’accepte. Le sujet n’est pas là. Au final, Let My People Go est simplement une histoire d’amour entre deux grands enfants qui tentent d’exister au milieu de leurs familles anormales, comme le sont presque toutes les familles du monde en fin de compte. Présenté comme étant LE personnage ayant tout d’anormal au début : juif non pratiquant, gay amoureux d’un étranger non juif, exilé à l’étranger loin de sa famille…Ruben finit par être le seul personnage sensé et bien dans sa tête parmi tous les autres, qui deviennent de plus en plus fous au fur et à mesure du film, malgré leurs habitudes et leur apparence de familles modèles.

Ces personnages qui perdent pied se retrouvent mêlés à des séquences de purs délires visuels (le télé achat) et à de l’humour ultra provoc’, le tout allié à des scènes d’amour homosexuelles qui risquent de choquer les plus conservateurs qui se fichent pas mal de voir 2 hommes s’aimer. On aimera ou on détestera ce film, mais on reconnaît surtout le courage de d’avoir osé le faire.

On apprécie également la galerie de personnages loufoques qu’on aime regarder avec avant tout un et son physique improbable, une Amira Casa méconnaissable, une en mère juive qui n’a rien à envier à Marthe Villalonga (qu’on s’attend presque à voir débarquer lors d’une scène en cours de tennis façon ), et surtout un Jean-Luc Bideau drôlissime dans un personnage haut en couleur d’homme religieux homosexuel et désespéré.

Au final, le vrai défaut de « let my people go » réside uniquement dans le fait que pendant une grande partie du film, on ne sait pas où on va, on se demande ce que Buch veut montrer, sans pour autant nous offrir des séquences entières de fou rire. Du coup, le long métrage semble parfois manquer de rythme en nous montrant des images qui peuvent paraître inutiles au détriment de l’histoire. Néanmoins, pour un premier essai, on peut dire qu’il est plutôt réussi et on espère revoir bientôt réaliser d’autres comédies intelligentes à son image.

Résumé

Pour un premier film, Buch met à mal de nombreux tabous et bénéficie d’un bon scénario signé , d’acteurs talentueux et de décors soignés qui font de Let My People Go une bizarrerie cinématographique rafraîchissante, touchante et drôle en cette fin d’année.

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