Les sorties du 3 janvier 2018

0
160

L’année de cinéma 2018 commence fort bien ! Les cinq derniers jours des vacances de Noël n’y jouent pas forcément un rôle, puisque la programmation de ce mercredi n’est guère estampillée public familial, un os jeté aux adolescents férus de frissons mis à part. Toujours est-il que vous trouverez facilement votre bonheur parmi la douzaine de films à l’affiche cette semaine. Le choix est si abondant que nous peinons quelque peu à trouver un coup de cœur clair et net parmi le trio de sorties sortant du lot. Car comment se décider entre ces propositions de cinéma aussi exigeantes que passionnantes que sont le représentant d’une sorte de néo-réalisme chinois de Pema Tseden, le grand écart sous forme de documentaire entre l’esthétique des grattes-ciel et le sort nullement enviable des réfugiés syriens dans de Ziad Kalthoum, ainsi qu’un grand retour supplémentaire de l’immense Jean-Pierre Léaud dans le curieux de Nobuhiro Suwa ? La réponse évidente à ce casse-tête hypothétique, né d’un embarras de luxe, serait d’aller voir tous les trois, à condition bien sûr qu’ils soient montrés près de chez vous.


Et même parmi les autres sorties hebdomadaires, il y a largement de quoi s’en mettre intelligemment plein les yeux et la tête. Par exemple grâce à deux rescapés plutôt tardifs du dernier Festival de Cannes, tous les deux issus du cinéma latin au sens (très) large. Tandis que l’Argentin de Santiago Mitre, sélectionné à Un certain regard, côtoie les sommets de la politique internationale, dont le degré de corruption morale donne le tournis, l’Italien de Roberto De Paolis, sollicité, lui, par la Quinzaine des réalisateurs, traite un sujet infiniment plus intimiste à l’autre extrémité de l’échelle sociale. Du côté du cinéma à vocation plus commerciale, nous donnerions la préférence au premier film en tant que réalisateur du scénariste Aaron Sorkin, ou combien de femmes valeureuses Jessica Chastain devra-t-elle interpréter avant d’être à nouveau nommée aux Oscars, voire au film d’action bourrin de Yann Gozlan avec François Civil dans son premier rôle principal dans un film à gros budget, face à des œuvres beaucoup trop consensuelles à notre goût, comme L’Échappée belle de Paolo Virzi et de Joe Wright.


Enfin, du côté des reprises, ce début d’année est placé sous le signe du cinéaste de légende Samuel Fuller, avec le démarrage ce soir de la rétrospective que lui consacrera pendant six semaines la Cinémathèque Française, ainsi que la sortie d’un documentaire en son honneur, de Samantha Fuller de 2013, où ses héritiers plus ou moins dignes – il ne serait désormais plus question de faire participer un ostracisé comme James Toback à une telle relecture hagiographique – récitent ses textes les plus emblématiques. Les deux reprises officielles de la semaine sont, quant à elles, tout à fait représentatives du style de leurs réalisateurs respectifs : un message humaniste sur fond d’un savoir-faire technique des plus solides pour Robert Wise dans Le Jour où la Terre s’arrêta et un petit joyau de film de genre sous la direction du maître Stanley Kubrick dans L’Ultime razzia, le premier de ses chefs-d’œuvre dans une filmographie mythique qui allait en compter une dizaine.


A Fuller life de Samantha Fuller (États-Unis, Documentaire, 1h20, distribué sur 10 copies)

Burn out de Yann Gozlan (France, Action, 1h43) avec François Civil, Manon Azem et Olivier Rabourdin

Cœurs purs de Roberto De Paolis (Italie, Drame, 1h54, distribué sur 45 copies) avec Selene Caramazza, Simone Liberati et Barbora Bobulova

L’Échappée belle de Paolo Virzi (Italie, Drame de vieillesse, 1h52) avec Helen Mirren, Donald Sutherland et Kirsty Mitchell (critique)

de Nobuyuki Takeuchi et Akiyuki Shinbo (Japon, Animation, 2h00)

Le Grand jeu de Aaron Sorkin (États-Unis, Thriller, 2h20, distribué sur 325 copies) avec Jessica Chastain, Idris Elba et Kevin Costner

Les Heures sombres de Joe Wright (Royaume-Uni, Drame historique, 1h54) avec Gary Oldman, Lily James et Ben Mendelsohn

de Adam Robitel (États-Unis, Horreur, 1h44) avec Lin Shaye, Josh Stewart et Kirk Acevedo

de Jules Herrmann (Allemagne, Drame, 1h22, distribué sur 1 copie) avec Godehard Giese, Adeline Moreau et Fabien Ara

Le Lion est mort ce soir de Nobuhiro Suwa (France, Drame, 1h43, distribué sur 40 copies) avec Jean-Pierre Léaud, Pauline Etienne et Maud Wyler

El presidente de Santiago Mitre (Argentine, Drame, 1h54, distribué sur 77 copies) avec Ricardo Darin, Christian Slater et Elena Anaya

Taste of Cement de Ziad Kalthoum (Liban, Documentaire, 1h25)

Tharlo Le Berger tibétain de Pema Tseden (Chine, Drame, 2h03) avec Shide Nyima, Tsemdo Thar et Yangshik Tso

Reprises

Le Jour où la Terre s’arrêta (1951) de Robert Wise (États-Unis, Science-Fiction, 1h31) avec Michael Rennie, Patricia Neal et Hugh Marlowe

L’Ultime razzia (1956) de Stanley Kubrick (États-Unis, Gangster, 1h23) avec Sterling Hayden, Coleen Gray et Vince Edwards

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici