Les sorties du 29 novembre 2017

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Il faudra chercher un peu avant de trouver dans le programme cinéma de cette semaine des films qui valent le détour dans vos salles obscures préférées. Le plus poignant d’entre eux nous paraît être le nouveau documentaire de Raymond Depardon, qui évoque avec la poésie crue d’une réalité pas toujours plaisante la problématique du traitement en France des troubles psychiques. Le thème du film japonais The Long Excuse de Miwa Nishikawa n’est guère plus joyeux, puisqu’il traite d’une façon doucement édifiante du deuil. Ce dernier est également au cœur du Pixar de Noël, Coco, qui déferlera enfin sur les écrans français et devrait ravir petits et grands grâce à son traitement respectueux des traditions mexicaines. Enfin, Robert Guédiguian nous revient en forme avec son vingtième long-métrage La Villa, dans lequel sa bande d’acteurs habituels fait rimer l’actualité de la crise de migrants avec l’éternel casse-tête des réunions familiales.

Le cinéma latino-américain est plutôt bien représenté parmi les sorties hebdomadaires. Le film le plus aventureux de la semaine, d’un point de vue formel, nous paraît ainsi être le chilien de Niles Atallah et son évocation vaguement expérimentale du destin rocambolesque d’un avocat français en Patagonie au milieu du XIXème siècle. Dans l’équatorien de Ana Christina Barragan, il est question d’une histoire beaucoup plus banale, sous forme de drame d’adolescents intimiste. Comparées à ces deux films atypiques venus de pays lointains, les grosses sorties de la semaine, telles que Bad moms 2 de Jon Lucas et Scott Moore et C’est tout pour moi de Nawell Madani et Ludovic Colbeau-Justin, nous inspirent principalement de l’indifférence. Notre confrère Jean-Jacques paraît partager cet abattement passager, puisqu’il ne semble pas trop avoir aimé ni La Promesse de Terry George, ni de Edoardo Maria Falcone, tandis que nous avons carrément détesté de Mélanie Laurent. Nous serions prêts à donner le bénéfice du doute au nouveau thriller de Tomas Alfredson , si ses résultats au box-office américain et son retour critique ne laissaient pas présager un naufrage filmique assez conséquent.

Du côté des reprises, la sélection de ce mercredi ne se démarque certes pas par son originalité. Mais cela fait toujours plaisir de revoir des classiques dans des copies restaurées sur grand écran, surtout lorsqu’ils appartiennent aux filmographies de réalisateurs prestigieux comme Fritz Lang, Howard Hawks et Jane Campion. Pendant que le pamphlet de propagande américaine en temps de guerre ressort à peu près tous les dix ans et que le loufoque Chérie je me sens rajeunir était invisible dans de bonnes conditions depuis le début du siècle, , Palme d’or en 1993 et César du Meilleur Film étranger l’année suivante, avait déjà ponctuellement fait le bonheur des séances de cinéma de patrimoine organisées par les grands circuits d’exploitation ces dernières années. Il n’empêche que tous les trois sont entièrement représentatifs des préoccupations stylistiques et narratifs de leurs créateurs respectifs et vous sont donc chaudement conseillés !


12 jours de Raymond Depardon (France, Documentaire, 1h27, distribué sur 71 copies)

de Ana Christina Barragan (Équateur, Drame, 1h34) avec Macarena Arias, Pablo Aguirre Andrade et Amaya Merino

Bad moms 2 de Jon Lucas et Scott Moore (États-Unis, Comédie, 1h44, distribué sur 197 copies) avec Mila Kunis, Kristen Bell et Kathryn Hahn

de Tomas Alfredson (États-Unis, Thriller, 2h05) avec Michael Fassbender, Rebecca Ferguson et J.K. Simmons

C’est tout pour moi de Nawell Madani et Ludovic Colbeau-Justin (France, Comédie, 1h43, distribué sur 291 copies) avec Nawell Madani, François Berléand et Mimoun Benabderahmane

Coco de Lee Unkrich et Adrian Molina (États-Unis, Animation, 1h49)

Éditeur de Paul Otchakovsky-Laurens (France, Documentaire, 1h23)

The Long Excuse de Miwa Nishikawa (Japon, Comédie dramatique, 2h04, distribué sur 10 copies) avec Masahiro Motoki, Pistol Takehara et Eri Fukatsu

de Jakub Wronski et Ira Carpelan (Finlande, Animation, 1h19)

Muse de Jaume Balaguero (Espagne, Horreur, 1h47, distribué sur 3 copies) avec Elliot Cowan, Franka Potente et Ana Ularu

de Mélanie Laurent (France, Drame, 1h42, distribué sur 118 copies) avec Gilles Lellouche, Maria Valverde et Marie Denarnaud (critique)

de Manu Riche (Belgique, Drame, 1h51) avec Tarek Halaby, Gokhan Girginol et Evgenia Brenders (critique)

La Promesse de Terry George (États-Unis, Drame historique, 2h13) avec Oscar Isaac, Charlotte Le Bon et Christian Bale (critique)

de Jorge Amat (France, Documentaire, 1h24, distribué sur 1 copie)

de Niles Atallah (Chili, Drame, 1h30) avec Rodrigo Lisboa et Claudio Riveros

de Edoardo Maria Falcone (Italie, Comédie, 1h27) avec Alessandro Gassman, Marco Giallini et Laura Morante (critique)

La Villa de Robert Guédiguian (France, Drame, 1h47, distribué sur 195 copies) avec Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin et Gérard Meylan

Reprises

(1943) de Fritz Lang (États-Unis, Drame, 2h15) avec Brian Donlevy, Walter Brennan et Anna Lee

Chérie je me sens rajeunir (1952) de Howard Hawks (États-Unis, Comédie, 1h37) avec Cary Grant, Ginger Rogers et Charles Coburn

(1992) de Jane Campion (Australie, Drame, 2h01) avec Holly Hunter, Harvey Keitel et Sam Neill

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