Le zoom de la semaine : Quand le cinéma manque d’imagination

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Le zoom de la semaine : Quand le cinéma manque d’imagination

Le zoom de la semaine : Quand le cinéma manque d’imagination

Aujourd’hui, nous assistons à un phénomène inquiétant : le cinéma est fatigué et a de moins en moins d’idées créatives susceptibles d’émerveiller nos yeux de cinéphiles dans les salles obscures. Le cinéma va t-il perdre cette capacité à surprendre ? Zoom sur cette impression de déjà vu qui fait trop souvent mouche.

Adaptation de romans au cinéma, suites, conversion de films déjà existant en 3D, le cinéma ne semble plus réussir à innover mais plutôt à exploiter de manière optimale tout ce qui a déjà été fait. Que se passe t-il ? Le cinéma n’a t-il tout simplement plus d’idées ou est ce plutôt de la fainéantise et une manière se s’appuyer sur des valeurs sures et très rentables ?

Les films à gros budgets ont bouleversés les codes du cinéma, l’argent est devenu central et les spectateurs ne sont plus toujours vu comme des amateurs de cinéma à qui on voudrait faire passer un message mais plutôt comme de simples « entrée au cinéma ». Certes, un des buts du cinéma est aussi de passer un bon moment, de se détendre ou de s’évader mais se détendre ne veut pas pour autant dire perdre des neurones.

Les sujets et le contenu des films d’aujourd’hui sont parfois tellement vides de sens, voire vulgaires, qu’ils constituent une offense à ceux qui se battent pour la création de films subtils, réfléchis et significatifs. Cela dit, le talent ne se perd pas pour autant, bien au contraire, on voit d’ailleurs émerger des scenarios et réalisations somptueuses, mais celles-ci ont moins d’espace pour s’exprimer que d’autres choses plus… légères.

Cela dit, l’avantage est que la qualité d‘un film se ressent encore plus aujourd’hui, noyée dans cette période un peu chaotique où les histoires de fausses blondes hollywoodienne côtoient les mêmes écran que les films d’Almodovar. Il suffit de lever les yeux sur les affiches, côte à côte au cinéma, pour se demander si nous sommes bien en 2012. Certes le coté « retro » est très à la mode mais le cinéma ne peut pas sans cesse puiser dans des ressources qui ont déjà fait leur preuve.

Le cinéma est censé apporter quelque chose aux spectateurs, faire ressentir des émotions, ou tout simplement délivrer un message, or ce n’est pas le cas de tous les films du moment. Mais après tout, pour reprendre le titre d’un des récents films de Woody Allen, du moment que ca fonctionne ! (Whatever works), en terme d’entrées du moins. Certes les entrées au cinéma sont au rendez vous, mais la qualité ? Il est fondamental d’être en phase avec son époque, de s’en inspirer et de se l’approprier et non pas de toujours jouer la facilité avec des suites de films ou des adaptations. Dans Whatever works, le personnage est un sexagénaire misanthrope, cynique et désabusé.

Apres tout le cinéma, n’est-il pas tout simplement lui aussi un peu désabusé ? Godard parlait de la nouvelle vague en expliquant que le cinéma devait être le reflet de la société, peut-être alors que la crise généralisée se ressent au cinéma. Le cinéma est nostalgique et ne il ne dit plus mot, The Artist film en noir et blanc et muet représente bien cette tendance à se retourner vers le passé.

Tout comme la mode qui est un éternel recommencement, le cinéma revisite encore et encore, et dans tous les pays, des choses qui ont déjà été vus. Il n’est cela dit pas inimaginable que la vague de nouveaux réalisateurs qui arrivent casse cette tendance avec toujours plus d’idées nouvelles. Une mini révolution entre ceux prônant un cinéma qui surprend et ceux qui voit dans le cinéma une industrie n’est pas impossible à imaginer.

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