Le festival télé de Monte-Carlo, 2e jour, interview de Howard Gordon

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est un producteur qui a travaillé sur de nombreuses séries à succès : X-Files, 24h chrono, Buffy, Angel. Sa dernière production, , a crée l’évènement. Brillante et maîtrisée, la série se focalise sur le retour d’un soldat emprisonné pendant 8 ans en Iraq qu’un agent de la CIA soupçonne d’être un terroriste en sommeil. Lors d’une table ronde* au Festival de Monte-Carlo, Howard Gordon s’est penché sur les secrets de fabrication de la série.

Qu’est-ce qui vous a poussé à adapter Homeland ?

Ça été un cheminement. Généralement les scénaristes développent des idées qu’ils trouvent formidables puis en les testant réalisent qu’elles le sont beaucoup moins et finissent par les abandonner. Mais quand vous avez une idée qui ne vous quitte pas, c’est que vous tenez quelque chose. Ici cette histoire de soldat qui revient dans son pays m’obsédait.

Homeland est adapté d’une série israélienne, Hatufim, comment l’avez-vous découverte et à quelle point vous en êtes-vous inspiré ?

Elles ont une base commune : un soldat emprisonné qui revient dans son pays. Mais dans la version originale, ce sont deux soldats qui reviennent et qui négocient leur retour pendant de nombreuses années. Alors que dans Homeland, Brody ne négocie pas. Tout le monde pensait qu’il était mort et nous voulions nous focaliser sur les conséquences de ce retour. Depuis le 11 Septembre 2001, les Etats-Unis ont pris part à deux conflits qui ont coûté de nombreuses vies et nous trouvions incroyable qu’il n’y ait pas de séries consacrées à des soldats qui reviennent dans leur pays.

Homeland est sorti 10 ans après les attentats du 9 septembre.

Tout à fait, et c’est une pure coïncidence. Ce que nous voulions dépeindre ce sont les questions que peuvent se poser les Etats-Unis et le monde occidental en général : que se passe t-il actuellement ? Doit-on avoir peur ? Comment peut-on se protéger contre une éventuelle menace ? Car dire qu’il n’y pas de menace serait naïf et faux. Tout le monde sait que la menace est réelle, le 11 septembre est là pour nous le rappeler.

Parlons un peu du personnage de qui est absolument formidable dans la série.

C’est un personnage qui ne recule devant rien. Dans le pilote, nous avions un peu évoqué les raisons de son obstination ; elle se sent coupable d’avoir manqué un élément qui aurait pu arrêter les attentas. Ce qui est d’ailleurs un peu fou de penser ça. Mais c’est en ça qu’elle est paranoïaque et obsessionnelle. C’est un cadeau de l’avoir dans la série. Elle transcende les textes et les rend bien meilleurs qu’ils ne le sont en réalité !

Damian Lewis était-il votre premier choix pour incarner le Sergent Nicholas Brody ?

Pas du tout. Claire l’était. D’ailleurs lorsque nous écrivions le pilote, son personnage s’appelait Claire et nous ne voulions qu’elle pour incarner Carrie. Pour Damian, c’était un peu plus difficile, c’est après l’avoir vu dans un film que personne ne connaît, Keane, dans lequel il est formidable, que nous nous sommes dit que c’était lui. On ne sait jamais ce que la combinaison de deux acteurs va donner. Ici lorsque nous avons mis Claire et Damian ensemble, ils étaient absolument brillants.

*Un remerciement à 8 art city de m’avoir laissée participer à leur table ronde.


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