Kirk Douglas : Happy 100ème anniversaire !

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Garde a vous ! Repos ! Tas de bande à riens ! Vous n’êtes qu’une bande de dégénérés incultes ! Je vous ai tous demandé par écrit quel est l’événement le plus important de ce vendredi, et qu’est-ce que vous m’avez tous répondu ?… Double ration de frites au self-service ! Bande d’idiots !!! Vous avez tous été finis au lait de chèvre ou quoi ? Non, aujourd’hui, c’est l’anniversaire de , et il a 100 ans !… Vous vous rendez compte ? Qui ici, bande de guignols, prétendrait qu’il vivra centenaire ? Hein, je vous le demande !?

Alors, puisque c’est ça, demain, ciné-club, comme tous les vendredi soir, mais le programme sera imposé ! par ma pomme ! Ras-le-bol de vos Transformers, de vos conneries de Mavel avec des mecs en costumes et en collants et de vos tapettes de Rapides & Furieux avec leurs bagnoles à la con ! Non, ce sera film de guerre… ah bin oui, quand même… Donc, nous regardons un film de 1957 en noir et blanc de…

Qui a soupiré ? Bordel de dieu, qui a soupiré quand j’ai dit que ce serait en noir et blanc ? oui, c’est en noir et blanc ! Et c’est sur la Première Guerre Mondiale, les tranchées sont magnifiquement filmées par Kubrick tout jeune réalisateur… Oui, le mec qui a fait Full Metal Jacket… Ah, un peu d’enthousiasme, enfin, j’aurai du dire ça plus tôt. Oui, vous aviez tous adoré Full Metal Jacket. C’est pas le même conflit, attention ! Mais vous avez intérêt à chialer à la fin, et croyez-moi, je vous en donne l’ordre !

Ah, le titre ? Les Sentiers de la Gloire ! Oui, c’est un beau titre… Allez, rompez ! »

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C’est avec cette ouverture imagée et toujours personnelle de David Huriot, notre rédacteur de la rubrique Back to the past, que nous ouvrons cet hommage à celui qui est né Issur Danielovitch Demsky le 9 décembre 1916 dans l’état de New York. D’origine russe, Kirk Douglas célèbre donc – c’est un événement suffisamment rare pour être souligné – son centième anniversaire. Le père de Michael a l’une des plus belles filmographies du cinéma américain, entamée dès le milieu des années 40 et s’est achevée à la fin des années 80, si l’on excepte quelques modestes apparitions ensuite.

Lors d’un texte sur les centenaires de l’année 2016, l’un de nos autres rédacteurs brillants, Tobias Dunschen, évoquait ainsi son parcours exemplaire :

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«Après avoir tenu dès le milieu des années 40 des seconds rôles dans des films mémorables comme La Griffe du passé de Jacques Tourneur et Chaînes conjugales de Joseph L. Mankiewicz, Kirk Douglas devient une star grâce au drame sportif Le Champion de Mark Robson en 1949. Il enrichit sa filmographie tout au long des années 50 à travers des classiques comme Le Gouffre aux chimères de Billy Wilder, Les Ensorcelés et La Vie passionnée de Vincent Van Gogh de Vincente Minnelli, 20 000 lieues sous les mers et Les Vikings de Richard Fleischer, ainsi que Règlement de comptes à l’O.K. Corral de John Sturges. Avec le chef-d’œuvre Les Sentiers de la gloire de Stanley Kubrick, qu’il produit également, il prend davantage en mains sa carrière à partir de 1957. Sa participation à l’abolition de la liste noire anticommuniste à travers Spartacus de Kubrick n’est guère contestée. Parmi ses interprétations suivantes, les films majeurs se font pourtant rares : Quinze jours ailleurs de Vincente Minnelli, Sept jours en mai de John Frankenheimer, Furie de Brian De Palma. Douglas œuvre inlassablement au maintien de sa légende, ayant écrit plusieurs autobiographies sans fausse pudeur. En dépit de trois nominations à l’Oscar du Meilleur acteur, il n’a reçu qu’un Oscar d’honneur en 1996. Il est également lauréat du Life Achievement Award de l’American Film Institute cinq ans plus tôt».

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Parmi les quelques hommages qui ont lieu aujourd’hui, citons la trop brève journée accordée par la Cinémathèque Française, avec la programmation suivante :

14h30 La Captive aux yeux clairs de Howard Hawks
16h00 El Perdido de Robert Aldrich
17h15 L’Homme qui n’a pas d’étoile de King Vidor
19h00 Les Sentiers de la gloire de Stanley Kubrick
19h30 Les Ensorcelés de Vincente Minnelli
21h00 L’Arrangement d’Elia Kazan
22h00 Chaînes conjugales de Joseph L. Mankiewicz

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Plusieurs westerns aux styles différents, un drame psychologique sur un homme à l’automne de sa vie, un pamphlet sur la Première Guerre Mondiale, un conte cruel d’Hollywood avec l’acteur en producteur passionné et cynique et un film à suspense sur une femme victime de l’infidélité de son mari, dont l’identité ne sera révélée qu’à la toute fin. En plus de cette sélection et de ceux cités dans le portrait ci-dessus, il fut aussi le policier au bout du rouleau, hanté par ses démons, dans Histoire de détective de William Wyler, l’un des protagonistes beaucoup trop maquillés dans Le Dernier de la liste de John Huston et, plus intéressant, il partage l’affiche avec Henry Fonda dans l’un des westerns les plus «à part» du cinéma hollywoodien, Le Reptile, encore signé Mankiewicz. Il apparaît aussi dans le film d’horreur Holocauste 2000, certes inégal mais parfois assez angoissant dans certaines séquences et dans le pas très convaincant Saturn 3 qui ne restera pas dans les mémoires comme l’un des sommets de la filmographie de Stanley Donen. Nimitz, retour vers l’enfer de Don Taylor et L’Homme de la rivière d’argent de George Miller rappellent encore son talent, comme quelques téléfilms des années 80, dont Amos où il est le patient d’une résidence pour personnes âgées, malmené par la sorcière bien-aimée Elizabeth Montgomery aux faux airs de Louise Fletcher dans Vol au-dessus d’un nid de coucous. Il affronte Jason Robards dans le téléfilm de procès édifiant Tu récolteras la tempête (Inherit the Wind), autour du droit à enseigner le darwinisme.

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Ma première vision de Kirk Douglas reste l’étrange comédie nostalgique Coup double de Jeff Kanew en 1986, sa dernière collaboration drôle mais un brin déprimante avec son vieil ami Burt Lancaster. Il y croise aussi Eli Wallach chasseur de primes qui continue, de façon comique, à traquer ces ex truands vieillissants après leur sortie de prison. Étrange chant du cygne où on le voit porte un justaucorps pour une séquence de gym un brin embarrassante. Veraz de Xavier Castano lui permet de jouer en France et en français, une rareté dans son parcours. Sa toute dernière apparition, muette après ses problèmes de santé qui le privent de la parole, est en 2008 dans le film de montage de William Karel, Meurtres à l’Empire State Building, qui mêle scènes de films noir et de nouvelles séquences avec les survivants de l’âge d’or du cinéma, dont Ben Gazzara, Mickey Rooney et Gena Rowlands.

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