Critique : Je vais bien ne t’en fais pas

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Je vais bien ne t'en fais pas

Je vais bien ne t'en fais pasJe vais bien ne t’en fais pas

France : 2006
Titre original : Je vais bien ne t’en fais pas
Réalisateur : Philippe Lioret
Scénario : Philippe Lioret et Olivier Adam
Acteurs : Mélanie Laurent, Kad Merad, Julien Boisselier, Isabelle Renault
Distribution : Mars Distribution
Durée : 1h40
Genre : Drame
Date de sortie : 6 septembre 2006

3,5/5

Je vais bien ne t’en fais pas, adapté du roman éponyme d’Olivier Adam, révèle Mélanie Laurent, jeune actrice française qui se fait remarquer grâce à ce premier rôle, lui valant une récompense aux César comme meilleure espoir féminin.

Synopsis : Élise, surnommée Lili, âgée de 19 ans, rentre d’un mois de rêve passé en colonie en Espagne, où elle rencontre d’ailleurs une personne formidable : Léa. Ses parents viennent la chercher à la gare mais son frère jumeau est absent. Ses parents, couple solide, lui expliquent que son frère, Loïc, a déserté le foyer familial pour partir à l’aventure suite à une altercation avec son père. C’est le début de la descente aux enfers pour la jeune femme qui vit très mal l’absence de son frère dont elle est très proche d’autant qu’elle ne comprend pas les raisons de son départ … . Un film sur l’absence qui pourrait cacher des secrets plus lourds ?

Je vais bien ne t'en fais pas

Une descente aux enfers

Face à l’absence de son frère, face à une incompréhension totale de la situation, face à une forme d’amorphisme de ses parents, Lili s’enfonce dans la dépression, persuadée que si son frère ne lui donne pas de nouvelles c’est qu’il est forcément mort. Endeuillée, elle rentre dans une phase de dépression que personne ne peut comprendre. Très éprouvée, ressentent un vide terrible, elle ne s’alimente plus. Son voisin, joué par le chanteur Simon Buret, également meilleur ami de Loïc, ne sait pas non plus où il est mais il a néanmoins quelque chose pour Lili : une chanson écrite et composée par son frère pour elle, dont les paroles montrent bien l’intensité de leur relation et semble être le seul remède aux maux dont souffre cette sœur abandonnée. Amaigrie, vidée, ses parents sont obligés de prendre des décisions drastiques : l’enfermer dans un hôpital pour l’aider à reprendre du poids. Mélanie Laurent (Beginners, Dikkenek), dans le rôle de Lili est extrêmement convaincante, sa transformation physique est simplement incroyable ! Dans ce film, on peut parler de l’éclosion d’une actrice très prometteuse.

Un film sur le deuil

Finalement, bien que son frère ne soit pas mort, mais seulement absent à ses yeux, on peut voir que ses réactions sont la conséquence d’une forme de deuil pour elle : la perte de son frère, ce qui inclut la perte de ses repères. D’abord choquée puis en colère contre son père qui ne semble pas plus ému ni très concerné que ça la conduit à se révolter face à ces parents indignes. Ensuite dépressive où même à l ‘hôpital elle se contraint à une souffrance physique continue. La rédemption, le nouvel espoir semble venir de l’arrivée de lettres de son frère que ses parents reçoivent au domicile. Dès lors, Lili reprend du poids et attend presque religieusement les nouvelles de Loïc. Des lettres dont il faut d’ailleurs dire que les propos sont très violents envers ce père. Néanmoins, Lili abandonne ses études et se refuse à vivre. Elle prend un travaille dans un supermarché et laisse de côté toutes ses ambitions passées. Les seuls liens qu’elle conserve sont avec Léa, l’amie rencontrée pendant la colonie, et son petit copain, plus âgé. Des amis qui font tout pour essayer de lui redonner le goût de vivre sa vie !

Des personnages ambigus

Les personnages qui gravitent autour de Lili sont très intéressants à tout point de vue. Sans révéler les secrets qui planent sur eux et qui sont éclaircis les 10 dernières minutes du film, on peut dire que Léa est un peu la figure type de la femme battante qui veut avancer dans la vie et qui ne soucie guère du passé. Son ami, Thomas, semble très attentionné et attaché à la jeune Lili. On peut parler d’une amitié-amoureuse. D’ailleurs on comprend bien vite que Thomas et Lili se ressemblent bien plus qu’on ne peut le croire au premier abord.

Je vais bien ne t'en fais pas

Le couple parental est aussi très énigmatique. Kad Mérad (La Fille du puisatier), qui interprète le père, refuse de parler de la fameuse dispute qu’il a eu avec son fils et qui est la cause de son départ. Il porte le poids entier de la culpabilité face à cette absence et dont les conséquences sont catastrophiques pour sa fille, mais refuse d’en faire l’acceptation par la parole. Toujours dans l’idée de métaphore du deuil on peut dire qu’il est dans le déni. À la fois léger, sympathique et comique il peut aussi être très sombre. Derrière ses attitudes se cachent des secrets. Sa relation avec sa femme pose question : dès lors que l’on part du principe qu’il est la cause du départ, comment sa femme, interprétée par Isabelle Renauld, peut-elle accepter ce fait, ne pas faire peser sa frustration sur son mari et ne pas lui demander des explications ni essayer de retrouver son fils. Elle semble très fragile et malheureuse. Une chape de plomb s’est abattue sur le couple sans qu’on n’en comprenne ni les causes ni les limites. Le rôle joué par le corps médical est également très ambigu voire même négatif. Ils sont là pour l’aider et la sauver mais refusent d’en comprendre et d’en accepter les causes. Ils lui refusent tout ce qui fait son bonheur et pourrait la sauver.

Ce film est à la fois une mise en exergue du deuil mais aussi une manière de voir, d’appréhender le passage à l’âge adulte : cette période charnière si intense qu’est la fin de l’adolescence au début de quelque chose d’autres !

Résumé :

Un film français, mené à la croisière d’un documentaire et d’un thriller, drôle parfois, émouvant souvent ! Des acteurs à la hauteur, pas de longueurs et surtout une fin d’anthologie, où tout est dit sans un mot prononcé ! Un film à voir donc !

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